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moins favorables que le véritable eczéma chronique avec Wjiiames. Ce dernier est souvent amélioré, môme dans ses formes les plus rebelles, par exemple à la paume de la main, forme qui, on le sait, plonge parfois les infortunés malades dans le désespoir. Autres formes qui bénéficient de la cure d’une façon souvent surprenante : l’eczéma acrofuleux, l’eczéma dex jevnes gens. B) Affections sèches de lapcaM, prurigo, xtilyviasis, ichthyose, etc. Les eaux ont en pareil cas une action plutôt symptomatique et palliative. Dans le psoriasis, on obtient le nettoyage de la peau et la disparition des efflorescences pour un temps plus ou moins long, môme dans des cas graves. Il n’est pas plus curable à Louèche que par aucune médication connue (réserve faite de l’iodure de potassium, traitement encore trop récent pour permettre un jugement définitif;. Mais l’amélioration réelle, et parfois persistant longtemps, que les psoriasiques trouvent à Louèche, les engagent à l'evenir .se baigner dans ces eaux en cas de récidive. C) Erysipèles récidivants (qui sont si souvent à la tête des pseudo-eczémas), éi'ythèines, iirticaire chronigue. D) Affections des glandes cutanées, acnéf couperose, f uroncles ; elles bénéficient aussi de la cure de Louèche, mais par ce fait qu'elle hâte la maturation des glandes prêtes à constituer la papule acnéique ou le furoncle, et qu’elle modifie la circulation cutanée. Je n’ai vu aucun résultat quelconque dans un cas à'acné ponctuée typique. E) Les bains courts peuvent être fort utiles contre le prurit de la peau, les démangeaisons consécutives à l’eczéma.
En résumé, Louèche est en premier lieu un bain d'eczémateux, en second lieu, de psoriasiques. Certains eczémas, rebelle.s à toute médication, s’y amendent ou s’y guérissent.
Autres indications des bains prolongés : i‘hu))iatismes. rhumatisme chronique avec déformations arthritiques ou goutteuses, contractures et raidetirs articulaires, paralysies, névralgies rhumatismales, paralrjsies du système ne>'veu.r périphérique, qui ne sont pas la suite d’hémorrhagie cérébrale. Les rhumatisants forment, après les malades de la peau, le plus important contingent de baigneurs à Louèche. Cette eaii chaude, ce bain prolongé leur vont admirablement, mais ils doivent choisir avec soin le meilleur moment de la saison, c’est-à-dire le mois de juillet, pour faire la cure. Catarrhes chroniques des m uqueuses ; affections chroniques des organes ào petit bassin chez la fe7ume, exsudais, periuieliites, congestion utérine, involution défectueuse. Ajoutons-y les nombreuses névi'algies des organes àwptetit bassin et de la région génitale chez la femme, suites d’alfections ])résentes ou disparues en laissant derrière elles des résidus ))lus ou moins considérables. If eau a. en juireilcas, une inlliience calmante, comim* celle de Néris. Cnlin, les modifications heureuses produites par les eaux de Louèche sur les catarriies de la muqueuse utérine expliq uent sans doute la réputation (.|u’elles ont de guérir la stérilité.
Comme beaucoup d’autres sources chaudes et notamment de sources sulfureuses, celles de Louéche servent de pierre de touche en cas de syphilis supposée guérie. Les manifestations cutanées de cette maladie doivent reparaître pendant la cure chez les malades blanchis mais non guéris, sous l’influence des bains chauds et longtemps prolongés. En revanche, ces eaux sont contre-indiquées en cas d’accidents spécifiques en pleine évolution.
Contre-Indications des bains prolongés : affections cardiaques ; elle se trouvent fort mal du climat et des bains ; tuberculose; tendance à l’ apoplexie ; congestion céphalique; débilité extrême ; faiblesse; anémie.
Il est bon de dire qu’à côté des bains prolongés, on prescrit à Louéche des bains de toute durée, de 20 min. à®/4 1^- ou 1 h., surtout pour obtenir un effet sédatif dans certaines affections nerveuses et chez des malades à qui le séjour à la montagne, désirable pour une raison quelconque, donne de l’insomnie, de l’excitation. On les a conseillés aussi en cas d’anémie et de faiblesse: mais j’estime que pour ces malades il est préférable de remplacer les bains par les pratiques de Vhydrothérapie, la station ayant des installations suffisantes poulies douches. L’attention des médecins devrait se portei siales bains de Louéche comme moyen de sédation du système nei-veux, le climat agissant d’autre part comme tonique et reconstituant : il y a là une combinaison qui peut être utile pour nombre de malades.
Emploi de l’eau de Louéche à l’intérieur. Elle est bue, soit seule, soit surtout concurremment avec le traitement balnéaire, par yerrées, à jeun, soit chaude, soit après l’avoir laissé refroidir, dans certains cas où elle est mal supportée chaude. Elle stimule les sécrétions urinaires et sudorales. En général bien tolérée par l’estomac, elle constipe quelquefois ;. dans d’autres cas, elle donne au début un peu de diarrhée. L’eau a beaucoup d’analogie avec celle de Weissenbourg (voir ce nom); elle est encore plus sulfatée (1.42 gr. de sulfate de chaux au lieu de 95 cgr. à Weissenbourg) et plus calcaire (9 cgr. de carbonate de chaux contre 3 cgr.). Schnyder a fait ressortir que les sulfates salins purgatifs représentent à Weissenbourg 36o/o des sels calcaires, tandis qirà Louéche ce chiff’re n est que 23 »/o ; ce serait la raison pour laquelle l’eau de Louéche ne peut pas être utilisée dans le même but thérapeutique que celle de Weissenhourg. .le crois qu’il faut chercher les ressemblances ou dissemblances thérapeutiques plutôt dans la différence des climats que dans l’analyse des eaux. Si c’est 1 eau qui est utile à Weissenbourg, on peut se servir éo^alement l)ien des eaux de Louéche. pour des maladies des voies {■®sP“’‘itoires auxquelles le climat serait favoralde (voir plus
On a conseillé l’eau dans les dyspepsies, les hémorrhoïdes. les diarrhées chroniques, .le la prescris surtout aux rhumati-
sants et aux rjoulteiix, pour augmenter la diurèse. Ses mialités diurétiques, sa composition, analogues à celles de l’eau de Contrexéville (source froidecontenant entre autres éléments 1.74gr. de sels calcaires), font comprendre son utilité dans les a/fections catarrhales des voies tirmaires.
Louéche, station d’altitude. Si Louèche est une station de bains, c’est aussi une station de haute montagne. Situé à 1415 m., en plein soleil, au milieu de prairies, à proximité de forêts de sapins et de mélèzes, le village présente de grands avantages comme facilité d’accès, logements, etc. Voici les éléments du climat de Louèche pour les 4 mois d’été, calculés d’après les observations faites à la station météorologique de 18S5 à 1888. Le baromètre est en moj'^enne à 646.5 ; ses variations sont peu étendues.
•Mois
Température moyenne
Humicl. relat. moyen.
Min.
absolu
Max.
absolu
moy.
.luiii
Juillet
.\oùt
Septembre ....
L’humidité relative est donc faible en général et surtout le matin et le soir. En comparant lés moyennes d’endroits encore plus élevés, par exemple Davos, St-Moritz, on pourra constater qu’à 7 h. et à 9 h. la difféi’ence est très sensible au bénéfice de Louèche; à 1 h., en revanche, 8t-Moritz a des chifl’res légèrement plus faibles.
Pluie. Moyennes ; juin 57, juillet 93, août 93, septembre 69, total 312 millim. La moyenne de l’année est de 765 millim., chitïre très faible pour l’altitude.
Etat du ciel. Sur 122 jours d’été, on a compté ;
Jours absolument clairs . . .
Jours couverts sans pluie . .
Jours où il a plu
L’année 1888 a donc été
à Louèclie, comme ailleurs,
absolu
ment désastreuse (il est tombé en été 419 millim. d’eau, alors que la movenne des 3 années précédentes ne dépassait pas 277).
Vents. Encaissé de toutes parts par des montagnes qui dépassent la vallée de plus de 1000 m., Louèche a un régime de vents tout spécial, et les indications de la girouette ont peu de valeur ; seuls, les nuages peuvent être utiles pour juger des courants aériens. Le seul vent qui ait normalement accès dans la vallée est celui du nord-est, qui y souflle très souvent et amène le beau temps. Le vent dn nord-ouest, fréquennnent noté aussi, n’est qu’un renions du précédent qui se produit contre les hauts l'ochers de la vallée, du côté de l’ouest. Le vont du sud-ouost se l'ail sentir en remontant la vallée depuis celle du Rhône. Les
autres directions du vent sont absolument exceptionnelles, le fœhn notamment n'est pas perçu, alors qu’on voit les nuages poussés avec rapidité par ce vent vers le nord-ouest.
Toutefois, l’air iTest pas calme à Louèche; en général, par U' beau temps, s’il ne souffle pas un vent du nord-est pur ou modifié en nord-ouest, comme je viens de le dive, on constate l’existence d’un vent de la vallée, parfois très tort, remontant vers les rochers et semblant venir du sud-ouest. Aussi est-il rare que, même lors de la plus forte chaleur, l’air soit lourd. Dans la forêt, l’air est calme ; c'est un asile facile à trouver.
En résumé, les minima et maxima montrent bien les variations considérables de la température, comme on peut s y attendre dans une vallée à pareille altitude; le minimum tombe en Général sur le matin ; au milieu du jour, le soleil est'brûlant; les nuits sont fraîches. ÎS'ous avons vu que l’humidité est faible, même la nuit. Après la pluie et le brouillard, l’air sèche vite, dés que le soleil plonge dans la vallée. Le brouillard se présente avec la pluie, sous forme de nuages remontant depuis la vallée du Rhône; le brouillard sans pluie n'est pas fréquent. L’insolation est forte, les pentes s’échauffent aisément aux rayons du soleil, d’autant plus qu’à l’ouest et au nord-ouest elles sont constituées par des rochers dépourvus de végétation.
L’air est .sec, tonique, excitant. 11 convient aux natures lyni- 'phatiqneH, molles, pâteuses, aux scrofuleux qui ont besoin d’être fortement stimulés, aux anémiques', l’hydrothérapie, jointe au climat, fera beaucoup de bien en pareil cas. Les convalescents, les faliqtiés trouvent aussi dans ce climat un remède efficace, ainsi que les personnes souffrant de fatigue cérébrale et d’épuisement nerveux. La tranquillité de la vallée et de la vie contribuent aussi à leur amélioration. Une nombreuse catégorie de malades à qui l’altitude peut être souvent utile, ce sont ceux qui sont atteints ^affections chroniques des voies respiratoires, disposition à la phtisie, bronchite des sommets, lésions succédant à la pneumonie, phtisie au début, résidus pleurétiques. Les hémorragies pulmonaires ne sont pas. on le sait, plus fréquentes à la montagne qu’à la plaine (voir Davos). En revanche, on déconseillera Louèche aux emphysémateux, aux asthmatiques, aux sujets atteints de bronchieclasie et ^'affections cardiaques, soit organiques, soit nerveuses.
La saison est fort courte à Louèche, tout au plus juin, juillet, août; septembre, qui est en général beau, est déjà froid et ses journées sont courtes. Le soleil, qui se lève aux plus longs jours à 7 h. environ etse couche à 5 h., ne se lève plus au commencement de septembre qu’à 8 V4 1^- et se couche déjà à 4 Vî h. l,a période la plus favorable pour un séjour ou une cure de bains s’étend de la fin de juin au milieu d’août, alors que les jours augmentent ou tout au moins diminuent peu encore. L’est aussi pendant le mois de juillet que Louèche est le
plus l'ré(juent<^ par les baigneurs : ou y rencontre beaucoup de Français et de Suisses français, des' Italiens, quelques Allemands et Anglais; le nombre de ceux-ci tend à augmenter.
Avec les excellentes conditions que Louéche présente sans contredit, réunissant deux facteurs thérapeutiques efficaces, thermes très chauds et altitude, il devrait avoir une place de premier ordre parmi les stations balnéaires. 11 est évident que l’on a trop compté sur la cure classique, et que l’on n’a pas su jusqu’ici profiter comme on le pourrait des torrents d’eau chaude qui jaillissent en ce beau pays. Sans abandonner la cure traditionnelle, il faudrait créer une division de bains en baignoires pour les nombreuses personnes que la promiscuité des «carrés» éloigne de ces bains, et surtout installer des douches chaudes avec massage, comme celles d’Aix-les-Bains. On pourrait aussi, sans difficultés, organiser des bains de vapeur à l’instar de cette dernière localité et de Baden. Quant aux piscines elles-mêmes, elles réclament une amélioration indispensable de nos jours pour un bain en commun, savoir la circulation incessante de l’eau thermale refroidie à un degré convenable. Ce desideratum peut être réalisé ; on peut aussi, imitant Ragatz, créer avec l’eau de la Roosquelle une vaste piscine de natation.
Bibuographie. — E. de La Harpe, Louèclie-les.-Bains et ses eau.x thermales, 1888. Grillel, Loèche-baiiis, 1866. On trouvera la liste des nombreux -travaux écrits sur Louèche dans la brochure SlalüUqae du Bain des Pauvres, Sion, 1883.
En remontant la vallée du Rhône, nous trouvons sur la rive gauche du fleuve l’ouverture de la vallée de Tourlemof/ne, longue d'une vingtaine de kilomètres. Gruben, 1847 m., à 4 h. de marche de Tourlemagne (T. et station de chemin de fer, à 5 km. (le Louèche-la Souslé), est un séjoui- d’altitude considérable, ti’és heureusement situé. On n’y parvient qu’à pied ou à cheval.
La vallée de Lœlscheii s’ouvre sur la rive droite du Rhône, à peu de distance de Tourtemagne. On y pénétre depuis la station de chemin de fer de Gampel (à 4 km. de Tourtemagne), par un mauvais chemin praticable d’abord poiy petites voitures, plus loin pour chevaux seulement. Ried, l;k)9 m., à 4 h. de Gampel, est admirablement situé au sein d’une nature grandiose, au pied du Bietschhorn. On peut y séjourner en été dans des conditions simples, mais suffisantes.
La vallée de la Viège s’ouvre sur la rive gauche du Rliône, à Viège, (T., station de chemin de fer à 11 km. de Gampel etSde Brigue, et tête de la nouvelle ligne de chemin de fer aboutissant à Zermatt). Cette vallée se dirige vers le sud; elle .se bifurque à iüalden. Son embranchement occidental, le val de Sl-Nicolas, renferme entre autres villages Graechen, l’endroit de la Suisse où il pleut le moins, St-Nicolas (1104 m. T.), Randa (1444 m. T.), ces deux derniers sdjoicm d’éte. et stations de la ligne Viêge- Zermatt.
Zermatt, 10;3() m., (T.) Slalion d'altitude. Zermatt est un village assurément plus connu des touristes que des malades, ce
(lui provient des dinieiiltés qu’on a eues jus(iu'à présent pour v arriver. Une li^me de (dieinin de fer, ouverte déjà jusqu à Sl-Xicolas, atteindra Zermatt en été 1891.
("est un village de chalets au-dessus duquel plane la gigantesque silhouette du Cervin. La vallée est couverte de pâturages, les forêts sont peu éloignées. La vue de Zermatt compte parmi les plus grandioses de la Suisse. Zermatt a^ un air toni- <]ue et vivitiant, mais variable, à cause de l’altitude et de la pro.vimité d’un grand nombre de glaciers. Une station météo-
que
rologiciue fonctionne à Zermatt depuis peu. \oici le résumé des températures moyennes de 1888 et 1889, poiii’ 1 été seulement. Température moyenne de l’année, 2.3.
Mois
Juin . . .
Juillet . .
,\otU . . .
.sc|)tcml)re - —
La chute d’eau est remarquablement faible (679 rnillim., année entière) ; pour les 4 mois d’été, 269 rnillim. Zermatt participe donc encore à la zone de sécheresse valaisanne. L atmosphère est tramiuille, 83 o/o 'les observations notant le calme; les vents les plus fréquents sont ceux du sud-ouest ô °/o; et Çli} nord-est 4 <^/o. Knlin, l’état général du temps est caractérisé comme suit, pour les mois de juin à septembre ;
Jours
Mois
Min.
Max. Néli. inoy.
.Minée
clairs
couverts
avec.
brouillard
avec
|)luie
Dans ces deux années il est tombé de la neige 2 fois en juin et 3 fois en septembre. En l'ésumé, Zermatt a une température plutôt basse; d’ailleurs, de plus longues ol)servations sont nécessaires, l’année 1888 ayant été exceptionnellement mauvaise. Ij’air est calme, la nébulosité est faible, mais les brouillards sont plus fréquents eu été qu’en hiver. Zermatt paraît être en délinitive un séjour favorable aux malades qui peuvent supporter l’air sec, tonique, mais variable, de cette altitude. Zermatt sera, grâce au chemin de fer, l’une des stations élevées de la Suisse occidentale les plus faciles à atteindre. Un nouvel avenir l’attend peut-être comme sanatorium. Lombard constdlle Zermatt aux cachectiques et aux personnes débilitées par une longue réclusion.
Plus haut <iue Zermatt .se trouvent l’hôtel Riffelalp, 2227 m. (T.), et le Riffelhaus, :i369 m. (T.), deux établissements où des personnes en bonne santé, mais temporairement fatiguées et ne ci’aignant pas le bruit des touristes, pourront séjourner avec avantage.
L’endu-anchement oriental de la vallée de la Viège (voir |)age 118) conduit ]>ar un chemin à mulets à Saas-Grund. 1562 m. (T.), à 5 11. de Viège, puis à Saas-Fee, 1778 m. (T.), à 45 min. au-dessus de Saas-(Trund, deux localités de haute altitude, avec
un air sec, vii el tonique. lai vue de Saas-l-’ee. sur le Dôme et ses j,daciers, est inconiparalde. A Saas-(irund jaillit um* .soni-ie (température I9o) fortement chargée de mUfaü dachaux et contenant en outre des sulfates de magnésie et de sonde, des hicarl)onates de chaux et de magnésie, du chlorure de sodium, de l’oxyde de ter. Il ne paraît pas que cette eau. en grand hoimecr autrefois, soit utilisée de nos jours.
Brigue, 684 m. (T.), est actuellement le terminus de la voie ferrée en Valais et le point de départ des diligences duSimplon. C’est un gros bourg dont le climat est fort doux : la végétation méridionale des environs en est la preuve. A (iamsen. prés de Brigue, existe une eau Iherviale (30o) sulfalée calcique ïüWAe, anciennement connue, puisqu’on la voit déjà mentionnée en 1471, puis abandonnée à la suite d’un tremblement de terre, et de nouveau captée et utili.sée de nos jours. I.a source jaillit sur la rive droite du Rhône, à quelques naétres au-dessus du niveau du fleuve. C’est une eau faiblement minéralisée, 0.67 par litre, contenant surtout du sulfate de chaux (27 cgr.), du sulfate rlc soude (19 cgr.), du chlorure de sodium (17 cgr.).
Bérisal, 1526 m. (T.), sur la route du Simplon, à 14 km. de Brigue (diligence 2 V4 l'-- 3 h’- 55). Agréable séjour d'été, station d’altitude. Le climat de Bérisal tient encore de celui de la zone sèche qui s’étend de Martigny à Brigue. Le village est situé à mi-chemin entre Brigue et l’hospice du Simplon; on trouve de belles jjromenades dans les environs. La grande route est ombragée de bouleaux et de mélèzes; dans les forêts voisines du village existent des sentiers de faible pente, avec des bancs. Le massif du Simplon offre de nombreux buts d’excursion aux amateurs de courses alpestres. Malgré l'altitude, on est à Bérisal à proximité immédiate du railway, car en 1 h. on descend à Brigue en voiture.
Belalp, 2137 m. (T.), à 4 Va 3e Brigue (chemin à
mulets). Station très élevée dans une position admirable; belle vue, à proximité du glacier d’Aletsch. Séjour favori de nombreux Anglais.
La vallée du Rhône prend à partir de Brigue tous les caractères d’une haute vallée alpestre, en même temps que le nom de vallée de Conches. Elle offre une assez forte pente moyenne, puisque de Brigue, 684 m., à la Farka, 2^i36 m., on ne comide que 40 km. (üette pente est d’ailleurs inégalement répartie en terrasses peu inclinées, séparées par des pentes plus raides que la route traverse en lacets, par exemple à Grengiols. à Fiesch, à Oberwald.
Riederalp, 1933 m. (T.), station d’altitade, située au nordouest de Brigue, au-dessus du village de Mœrel (780 m.) Un s’y rend en 3 h. depuis ce village (chemin à mulets), en passant pâri^mrf. Situation .splendide, protégée contre les vents du nord j)ar une colline. If air est viviüant, il y a de belles promenades dans les prairies, au milieu de la grande nature alpestre.
La Riederfurka, 2000 m. ('réléphone). est à 20 min. au-dessus de
Kiederaln. sur le sentier qui conduit à Belalp. Saisoii à partir du 10 juin pour Riederalp, 15 juillet pour la Riederfurka.
La route qui remonte la vallée de Couches passe par Lax {1048 m.) et arrive à Fiesch. 1071 in. (T.). De là, un sentier à mulets conduit dans la direction du nord, en 3 Va h., à l’Hôtel Jungfrau sur l’Eggishorn, 2193 m. (T.), dans une situation abritée contre les vents du nord; belle vue. Soir altitude est considérable. Aussi Lombard estime-t-il que c’est un des séjours alpins les plus pittoresques, mais aussi les plus éprouvants pour les constitutions délicates et impressionnables. De l’hôtel au sommet de l’Eggishorn, 2 h. de marche; on y jouit d’un des plus beaux panoramas de la Suisse entière, notamment de la vue du glacier d’Aletsch et du lac de Merjelen.
Sur le liane oriental de la vallée du Rhône, entre Mœrel et Lax, se trouve l’ouverture de la vallée de Binn, qui s’étend dans la direction de l’ouest jusqu’au pied de hauts glaciers. On compte 3 Va h. (à pied ou à cheval) deimis Fiesch à Binn. 1389 m. (téléphone/), village au centre de la vallée avec une belle vue. Simple séjour d’été.
Au delà de Fiesch, en remontant la vallée, on traverse il/ims- /eî*. 1390m. (T.), Vlrichen, 1349 m. (jï.),Obericald, 1370 m. (T.), et l’on arrive tout près de la source du Rhône, à l’hôtel du Glacier du Rhône, 1761 ni. (T.), plus fréquenté par les touristes que par des personnes désireuses d’y faire un séjour prolongé.
Tous ces villages du Haut-Valais peuvent être utilisés pour séjour d’été, dans des conditions simples. Ulrichen possède une source sulfureuse.
Enfin, à de marche dans la directioii du nord-est à
partir de l’hôtel du Glacier du Rhône, on arrive au col de la Furka, avec l’hôtel du même nom, à 2436 m. d’altitude (T.). La belle route qui y conduit, et qui a sur la « cascade » du glacier du Rhône une vue splendide, descend sur le versant oriental ou uranais pour aboutir à AndermaU (voir ce nom).
Il existe un service rie diligence depuis Brigue au Glacier du Hliôiie en 7 il. t.5 min., (10 fr. 80 c.), desservant les localités mentionnées plus haut; un autif, du Glacier à Andermatt, par la f’urka (5 h. 15 min., 9 fr. 45 c.).
(JHAPITRK J] J
La région dn Jura, dn lac Léman au RMn.
La chaîne du Jura, qui couvre tout l’ouest de la Suisse, n’a assurément ni les altitudes des Alpes (son sommet le plus élevé a 1723 m.), ni leurs glaciers, nil’abondance de leurs eaux ; mais elle possède des vues pittoresques, de hardis rochers, de vastes forêts (le Jura a 30 o/o de sa surface couverts de forêts, proportion qui n’est atteinte par aucune autre région de la Suisse). D’une façon générale, le Jura se compose d’une série de vallées à peu prés parallèles, séparées par des arêtes montagneuses plus ou moins boisées. Ces vallées courent du nord-est au sud-ouest, surtout dans la région .située au sud de Soleure. Plus au nord, les vallées prennent sensiblement la direction est-ouest; enfin dans la région du nord, près de Bâle, de nombreuses vallées traversent du sud au nord, en convergeant vers la plaine, les chaînons parallèles du Jura ; ces vallées sont arrosées par les belles eaux de la Birse, de l’Ergolz et de leurs affluents. Dans cette région plus basse, couverte de forêts et de belles prairies, se trouvent de nombreuses stations d’été.
Le climat du Jura n’est pas connu d’une façon aussi complète ({ue celui des Alpes. Tandis que le réseau des stations météorologiques .s’étend de tous côtés dans les Alpes, à diverses altitutudes, il ne touche le Jura qu’à son pied ou sur deux sommités tout à fait orientales (Weissenstein, Chaumont). Seule la shition de Langenbruck est en plein dans le Jura. 11 serait utile de créer des stations dans les hautes vallées, telles que celles de Joux, du Locle ou de la Chaux-de-Fonds, de St-lmier, etc. Les observations pluviométriques, qui se font en revanche en un grand nombre de points, ont démontré ([ue la chute d’eau est considérable dans le Jura méridional (1750 niillim.. et même, davantage, dans la vallée du Lac de Joux), moins forte dans le .Tura neuchâtelois, et encore moindre dans le Jura bernois et bâlois (1000 millim.) A Bâle elle ne dépasse pas.020 milim.^
Le Jura présente un grand nombre, de hautes vallées, d’une altitude voisine de 1000 m.; par exem})le les vallées de Joux (1000 m.), de Ste-Croix (1103). des Ponts (1020). du Locle et de la Chaux-de-Fonds (080). de St-Imier (833), <le Langenbruck
(717). Voici, d’iiprès Christ, les températures moyennes observées aux Ponts, à 1023 m., en plein Jura : année 5.0G, janvier —3 2. février —0.3. mars 0.0. avril 0.1, mai 10.9, juin 12.0, juillet io.O, août 13.9, sei)tembre 12, 'i, octobre 5.5, novembre— 0.1, décembre —2.3. ...
Plusau nord, les vallées s’abaissentgradnellement jusqu au niveau du Pdiin. Il BîUe. niveau qui est un des plus bas de la Suisse. Vu leur orientation, ces vallées sont parcourues sans obstacles par le vent du nord-est, ce qui les rend très froides en hiver. En été. le réchauffement des pentes par le soleil amène au contraire des températures élevées. Ainsi, on a noté à la vallée de Joux jusqu’cà —41 (hiver 1888 à 1889), et aussi 28 degrés en été. Les hivers sont longs et la neige, abondante, couvre longtemps la terre. L’atmosphère du Jura, dit Lombard, est à hauteur égale plus froide, plus humide et plus variable que celle des Alpes, d’où il résulte que bon nombre de stations jurassiques ne conviennent pas aux malades qui ont besoin d’un climat doux et tempéré, et sont à conseiller au contraire à ceux qui désirent trouver une atmosphère fortifiante, vive, excitante. Le climat plus froid est sans doute dû pour une partie A l’abondance des forêts et l’humidité de l’air doit varier dans une large mesure suivant l’étendue et la densité de celles-ci. Dans certaines vallées, si l’hiver est rude, il compte en revanche de nombreux jours de soleil.
Les malades trouvent dans le Jura, en été, avec une température modérée, la légèreté et l’élasticité de l’atmosphère des montagnes, à des hauteurs moins considérables que les stations correspondantes sur les Alpes {Lombard). La région du pied du Jura, du côté de l’est, à l’abri des vents du nord-ouest, est une des parties les plus chaudes de la Suisse en été. Il en est de même des vallées qui aboutissent à Bille, dans leur région inférieure.
Les eaux, qui tombent en si grande abondance sur une partie du Jura, y forment en certains points des lacs (vallée de .loux), ailleurs des marais (canton de NeuchiUel). Ces marais doivent leur existence au fait que les dépressions du sol calcaire sont couvertes d’une couche de boue glacière (restes du grand glacier du Rhône), qui s’oppose à la filtration des eaux. D’une façon générale, en effet, l’eau filtre à travers le sol calcaire jurassique, recouvert d’une couche fort mince de terre végétale, et vient sortir au pied du .lura en ruisseaux ou en sources nombreuses, tandis «jiie les régions élevées, sans eaux jaillissantes, sont obligées d’avoir recours à des citernes. Les vallées du Jura bernois, et du Jura billois surtout, sont mieux partagées sous ce rapport; elles sont arrosées par des eaux vives et abondantes. Plusieurs sources d’eau minérale jaillissent dans le voisinage immédiat du pied du Jura : Yverdon, lA)Slorf, Lauremenbad. et surtout le groupe important de Schinznach et Baden\ à l’extrémité nord de la chaîne, les salines de SctuoeizerhaUe, de Rheinfelden fournissent des eaux salées et ^Vildegfj, plus au
sud, uiio eau salée iodarée: enfin les caiTiéres des collines de Birmeyislorf Qt de MüUùjen donnent des eaux purgatives.
Les pentes orientales du.lura, du côté du grand nlateau suisse, otï'rent une série de stations climatériques d’été; le climat y est agréable, les forêts sont voisines, la vue est splendide et l’accès en est facile depuis les gares de la plaine. Deux sommités surtout ont acquis une renommée bien méritée : Chaumont et Weissenslein.
Deux cantons seulement se trouvent tout entiers dans le Jura, savoir celui de Neuchdiel et celui de Bdle-Campagne (demi-canton). Le canton de Neuchâtel a prés de 110000 habitants, soit environ 134 au km. carré. Il se compose de hautes vallées jurassiques, sauf une étroite bande de terrain entre le lac de Neuchâtel et la montagne, plus ou moins plate, où la culture de la vigne se fait sur une grande échelle. Les habitants sont voués à l’agriculture et, dans les vallées élevées, à l’industrie horlogére. En partie, sans doute, à cause de ces occupations sédentaires, la phtisie pulmonaire compte 125 décès sur 1000. soit 17 au-dessus de la moyenne de la Suisse. On compte quelques cas dé affections paludéennes, surtout dans le val de Travers. Le canton possède quelques stations climatériques et une eau minérale utilisée, celle de la Brévine.
Le canton de Soleure est très irrégulièrement découpé ; la majeure partie de son territoire s’étend dans les vallées du Jura jusqu’à peu de distance de Bâle, ou le long de ses pentes orientales, sur la rive gauche de l’Aarc, jusqu’au delà d’Olten. Sur la rive droite de cette rivière, le canton comprend un district de plaine peu étendu, sur lequel nous reviendrons au chapitre suivant. Le canton de Soleure compte environ 85000 habitants, c’est-à-dii’e 108 au km. carré. Il contient quelques stations climatériques et une eau sulfureuse intéressante, Loslorf. La population est essentiellement agricole, ce qui ne l’empêche pas d’être, pour les décès par la phtisie, au-dessus de la moyenne de la Suisse, avec 129 décès sur 1000 décès totaux.
Le demi-canton de Bdle-Carnpaçjne comprend les nombreuses et fertiles vallées du Jura, au sud de Baie. Il compte 62000 habitants, soit 147 au km. carré; ils sont eu général voués à l’agriculture, mais dans certains endroits 1 horlogerie ou le tissage de la soie occupe de nombreux ouvriers. La phtisie pulmonaire amène 104 décès sur 1000. Ce canton renferme plusieurs stations climatériques, d’altitude faible en général, et une saline dont les eaux sont utilisées pour des bains chlorurés sodiques.
voies de pénétration dans le .lura. sont pour sa partie méridionale, d'excellentes routes sur les([uelles circulent des voitures postales (ainsi de Nyon à St-Cergaes, de Rolle à St-Georges, etc.) Un chemin de fer conduit de Lausanne à \allorbe ci de \i\ au Pont, dans la vallée de Joux. Dans le Jura neuchâtelois. la ligne Neuchâtel-Pontartier dessert \e^at de
Travers ; une autre ligue se dirige en zig-zag sur la Chaiix-cle- Fonds et le Locle. De Bienne, une ligne importante suit^ la vallée de la Suze, puis celle de la Birse, pour arriver à Baix, détachant vers l’ouest des embranchements secondaires. De BAle, quatre lignes se dirigent au sud et au sud-est : 1» sur WaZdenboxo'cj j 2® sur Ollen \ 3° sur Broiig()~/i iiricJi , 4^ sur
Thericyl. , ,
Dans les pages suivantes, nous considérerons le Jura comme limité du côté de l’est successivement par le Léman, l’Orbe, les lacs de Neuchâtel et de Bienne, et l’Aare jusqu’au Rhin; nous parcourrons cette région du sud au nord, du Léman au Rhin, traversant successivement le territoire des cantons de Yaud, Xeuchàlel, Berne, Soleitre, Bâle, Argovie.