INTRODUCTION
Topographie et climatologie de la Suisse.
La Suisse est située au centre de l’Europe, à peu près à égale distance du pôle et de l’équateur. Au sud, à Chiasso, elle arrive non loin de 45° 45’ de latitude ; au nord, à Schalfhouse, elle dépasse légèrement 47® 45’. De l’ouest à l’est, elle s’étend de 3® 40’ à 8® 8’ de longitude est. D’une façon générale, la Suisse est un pays de montagnes dont le point le plus bas ne descend pas au-dessous de 200 mètres d’altitude. Il est bien arrosé, contient de nombreux lacs, sans avoir de grandes étendues marécageuses. Son climat tempéré représente la transition entre le climat océanien de l’ouest et le climat continental de l’est; il est d ailleurs profondément modifié par l’altitude dans toute la région des montagnes.
Un coup d’oeil jeté sur la carte fait saisir sans peine la division de la Suisse en trois régions principales: 1® Le Jura, à l’ouest, court obliquement du Rhône au Rhin, cest-à-dii’e du sud-ouest au nord-est. Sur territoire suisse sa surface est plus large au nord qu’au sud, où elle finit jiar constituer une étroite bande le long de la frontière française. 2® La yromle inaine, du lac Léman au lac de ^onstance, avec la même direction générale que le Jura. On la qualifie de plaine par comparaison aux Alpes et au Jura, car en maint endroit elle offre un relief important Lettezone comprend les grandes villesde la Suisse: Genève, Lausanne, Berne, Lucerne, Zurich, Winterthour, St-Gall ; le reseau des chemins de fer a pu y multiplier ses mailles (Jn y trouve de nombreux lacs : grands lacs comme les
lacs I^éman, de Neiichètel, de l’houne, de Zurirh, de Constance ; petits lacs tels que ceux de Morat, de Bietine, de Brienz, etc. Ces étenduesd’eau ont une grande influence sur le climat de leurs rives. 3“ Les/l/^îe.v couvrent tout le reste de la Suisse, à peu près ses trois quarts ; leurs nombreuses vallées ressortissent aux bassins du Rhône, du Rhin, du Danube, du Pô. Ce sont ces montagnes qui font la beauté du pays et qui le caractérisent au point de vue climatothérapique. En effet, tandis que la Suisse n’a que peu d’eaux minérales qui ne soient égalées ou surpassées même par des eaux analogues à l’étranger, et que certains types d’eaux lui manquent même, il n’est point encore en Flurope de pays qui offre à la fois une telle variété de stations climatériques d’altitudes diverses, de telles facilités d’accès, un tel confort dans des vallons perdus. I^es meilleures eaux minérales de la Suisse sont celles qui joignent aux vertus curatives de leurs ondes celles non moins efficaces du climat d'altitude.
Les fleuves et rivières de la Suisse coulent, nous l’avons vu, dans différentes directions. Le bassin du Rhin, le plus important de tous, est sillonné par un grand nombre de rivières dont la plupart se dirigent du sud-est au nord-ouest et se jettent dans VAm^e, qui les amène au fleuve; citons la Sarine^ VEmme, la Reuss, la Linth et sa continuation la Limmat, la Thicr. Plusieurs lacs se sont formés sur le cours de ces rivières ; ils ont aussi leur grand axe dirigé du sud-est au nord-ouest. Dans la partie supérieure de son cours, le Rhin reçoit les eaux de tout le canton des Grisons, excepté l’Engadine et quelques vallées du versant italien des Alpes. Le bassin du Rhône comprend les rives du lac Léman et le Valais. Le Pô reçoit par le Tessin et VAdda, les eaux du canton du Dessin, d’une fort petite surface de celui du Valais et de quelques vallées des Grisons. Le Danube, représenté par 1 Ina. draine la longue vallée de l’Engadine.
Ces grandes lignes géographicpies du pays ont servi, avec quelques subdivisions indispensables, à la classifications des stations étudiées dans ce Manuel. La classification géographique est préférable à 1 arrangement par canton, car il est de peu d’importance aujourd'hui de .savoir qu’une station balnéaire est sur le territoire de tel ou tel canton. Nous pi-ocèderons donc systématiquement de l’ouest à l'est, commençant par lé bassin (lu lac. Léman et le Valais, qui ne font qu'un tant au point de vue hydro-
«raphique qu’à celui des voies de communication ; en second lieu, nous aborderons la description du Jura et de la arande plaine suisse. Enfin, les stations des Alpes p^asse- ?ont sous nos veux, commençant par celles de Fribourg et finissant par les Grisons et le Tessin.
La Suisse présente, sur un territoire très petit, une m-ande variété de climats, conséquence des différences de confmuration du sol. D’un côté, le Jura avec son atmosphère plutôt froide et âpre, et la plaine, très chaude en été. très froide en hiver, contrastent avec les climats qui s’échelonnent dans les Alpes, depuis leurs premiers contreforts jusqu’aux dernières altitudes où l’honime peut résider d’une façon prolongée. En hiver, tandis que la plaine est couverte de brouillards ou balayée par un vent du nord-est redoutable, la montagne, éclairée par le soleil, est chaude en comparaison de la plaine, dans les endroits du moins où le vent du nord-est n’a pas accès. Enfin, le Tessin constitue en Suisse une zone spéciale, dont le climat, des plus intéressants, réunit les caractères des Alpes à ceux du Midi.
Cette diversité de climats, jointe à un grand nombre de sites pittoresques, dont le spectacle agit favorablement sur les malades, devait nécessairement faire de la Suisse un sanatorium international dans la mesure où les voies de communication se développeraient et mettraient à la portée de tous ses ressources climatériques et balnéaires. Si l’amateur du pittoresque et des vieilles coutumes et l’artiste peuvent déplorer renvabissement du monde alpin par la foule, le médecin doit s’en réjouir : on trouve de. l’air, du soleil, des forêts, de la santé, en iin mot, pour tous sur les hauteurs, et perdu dans les sapins, ou arrivé au sommet d'une cime, le touriste ou le malade entend avec reconnaissance la locomotive siffler dans la vallée.
La proximité de stations de diverses altitudes et de température différente permet aux malades de passer aisément de l’une à l’autre, suivant les indications médicales on suivant les saisons. Sous ce rapport, un fait important .s’est accompli récemment : l’ouverture du chemin de fer du St-Gothard a mis la région des lacs du Tessin aux portes de laicerne et du lac des Qnatre-Gantons. Le percement du Simplon assurera de même une communication rapide et facile entre la région du lac Léman et celle du lac Majeur.
On trouvera au cours de cet ouvi-age des indications
détaillées sur la tern])ératiire, l’hniuidilé, les vents, l’état de l'atmosphère des stations décrites. Nous grouperons ici quelques considérations généivales dont la connaissance est utile pour avoir une idée exacte de l’action cliuiatothérapique du climat suisse.
Nature du sol. Forêts. Pâturages. Marais. — La nature du sol suisse se compose de la façon suivante : 31 ” o du territoire sont improductifs, couverts de rochers, de neige, de glaciers ou de cours d’eau ; 33 “ o sont couverts de pâturages; 20 °/o de terres cultivées et 15 ° 3, de forêts. En faisant abstraction des territoires improductifs, on trouve, dit Christ, que les forêts couvrent 22 °/o ou un peu plus d’un cinquième de la surface du sol (c’est-à-dire moins qu’en Autriche, 30 ° o, en Allemagne 25 à 33 o). La ré-
gion la mieux boisée est le -Jura avec;30° o, la moins boisée, le canton d’Uri, avec 6 «/o de forêts. Elles sont rares aussi dans certaines régions du centre des Grisons (par exemple, le val d’Avers). Ailleurs, en Engadine, dans le Haut- Valais, les forêts sont peu denses, étant constituées par le mélèze dont le gracieux et léger feuillage ne donne jamais une ombre épaisse. Certaines stations sont placées au milieu des forêts, ainsi le Gurnigel, Tenigerbad, Flderis, etc. Les forêts exercent sur le sol une influence réfrigérante. Fanhhauser (cité par Christ) a constaté que l’humidité de l’air dans les forêts est de 8 à 13 ° o plus considérable qu’en rase campagne ; l’évaporation n’y est que le 30 0 0 (forêt d’épicéas) ou le 50 “, o (forêt de hêtres) de ce qu’elle est sur le sol nu. Les forêts sont donc plus humides et conservent plus d’eau dans le sol que les prairies; mais elles sont aussi plus froides (eu moyenne de 0«5 à 0°6). Les minima thermométriques y sont de 1 1 à 14^o plus bas, en revanche les maxima de 3 à 11 ^ ^plus élevés. Les forêts agissent aussi sur l’atmosphère ambiante par la respiration de leurs arbres, par la production d ozone et d’émanations résineuses. Elles ont sur leurs environs une influence régulatrice en ce sens que leur sol est moins échauffé de jour et rayonne moins la nuit.
I^e sol, bien recouvert de prairies et de pâturages dans la majeure partie de la Suisse, ne peut s’échautler outi’e mesure aux rayons du soleil, li’api'ès \] ebcr, 1 air audessus d’un sol recouvert d herbe a jusqu a 20 degrés de moins qu’au-dessus d’un sol voisin sablonneux: c est un fait irnjau’tant pour les stations d altitude, car le soleil y étant, comme nous le verrons plus loin, dune giande
intensité, le séjour en serait intolérable
dénudé. Le sol gazonne emmagasine ansbi moins de cna
^^Oiitre^ les ^forêts, les prairies et les cultures, il existe en Suisse quelques surfaces marécageuses, dont 1 «tendue va «lans cesse en diminuant, grâce aux travaux considérables eScutS rtaiîs ” siècle F>our la correction des nvieres. Sauf au Tessin, ces marais n’ont pas d irnportance poui nous, car il n’y a pas de stations climatériques dans leur
'^^InHuence de l’altitude sur la température moyenne —
Elle s’exprime dans les termes suivants : la temperatui e moven3é”oit de 0.38» pour 100 m d’altitude, pour es Alpes ( Hann) ; d’après Hirsch, cette décroissance est plus prononcée sur le flanc sud des Alpes, 0.69°, que sur le flanc Wd 0 55“ . On l’exprime aussi d une autre façon par la différence d’altitude qui correspond à un abaissement d un deo'i’é
Tfroupe du Saint-Cfothard tbr»
» Simplon 1d5.<
» Jiilier 171.5
» Saint-Bernard 181. H
)) Bernardin 184
). Bigi ' • • • • ,
» Chaumont 209.4
» Uetliberg 227.9
Moyenne générale 189.2 m.
' » » d’après Hann . . 170
Certaines localités ont donc par le tait seul de 1 altitude, toutes choses égales d’ailleurs, une moyenne plus basse que d’autres. Hann fait remarquer que la diminution se produit 1.5 fois plus vite en été qu’en hiver. Pour 100 m. on a, suivant les saisons, les diminutions suivantes :
Hiver l’iMiilciuiis Eté Automne
Influence des lacs sur la température. — Les nombreux lacs de la Suisse ont une influence importante sur le climat de leurs rives, action à double face, comme nous allons le voir. D’une [lart, en été, la température de l’eau restant au-dessous des rivages réchauffés par le soleil, il souffle du lac sur la terre une brise qui rafraîchit et renouvelle l’air. D’autre part, en hiver, les lacs, ayant une température supérieure à celle de l’air et des rives, émettent une
grande quantité de chaleur qui tempère le froid. .V cesphénomènes s ajoute celui de la chaleur rétléchie. qui agit favorablement en hivei*, mais contribue malhenrensement à récbanlfer encore pins le climat d’été. Ditfour a montré que la chaleur rétléchiepar l’ean du lac Léman variait avecla hauteur du soleil au-dessus de l’horizon :
Soleil à 4° 1» l()o
Chaleur rétléchie 88 ° „ iO-ÔO ° „ 20-80 «
de la chaleur totale. La chaleur rétléchie augmente donc à mesure que le soleil est plus près de l’horizon, (•■est-à-(lire le matin et le wir, et en hiver. On voit que cette quantité peut être considérable; elle contribue à créer la douceur du climat des rives de certains lacs en hiver, quand les conditions topographiques sont favorables, offrant comme à Montreux, Oersau, etc., un abri contre les vents du nord et des pentes recevant beaucoup plus de soleil que les surfaces horizontales. Il est vrai qu’en été ces mêmes endroits cessent, pour les mêmes raisons, d’être un séjour agréable .
Influence de l’altitude sur l’excursion de la température. — La température des montagnes a une moins grande excursion totale annuelle que celle des lieux de plaine. D’une part, la température moyenne s’abaisse moins vite en hiver qu’en été pour la même différence de niveau, comme nous l’avons vu. D’autre part, le fort rayonnement nocturne en été contrebalance l’ardeur du soleil pendant le jour. Ainsi Hann indique comme excursion totale de
température :
.Altitude
DegiM-s
Col du Théodule . . .
ModO m.
St-Bernard
Graechen
Sion, Martigny ....
Rigi-Knlm
Zurich
Ceci a rapport aux pentes des montagnes et aux sommets; les hautes vallées ont an conti-aire un climat plus extrême qu’à la plaine, en été, à cause de l’intensité de l’insolation sur les pentes, et de l’abri que les montagnes assurent contre les vents; en hiver, à cause de la stagnation de l’air froid dans le fond de la vallée.
Température anormale des vallées en hiver. — Parfois, par un temps calme et pendant les très grands froids de
rhivpi- lesvalléf'^^ sont plus froides la nuit que les haii-
tèiirs environnantes. Hrpin donne
nle^ fort instructifs: ainsi Bererx, l^lo
Hante-Kngadine, a nue température
er ianviei" tandis que le col du Julier, a 2244 m a - «.8
et '!e Higikulm, 1800 m., montagne libre de toutes parts.
— .0. 1 . Les niiuima s’échelonnent de mmne — ’
— 18.9. (BvK’Chen, dans le Valais, [U'es /ermatt, a
situé sur le tlaiic d’une montagne a — a.4 comme
inovenne de janvier, et - 17.:1 comme
Daros, dans le creux d’une vallee bien abritée, a job) .,
:i nour températures correspondantes —^8 et —^1./. i.-es
anomalies se produisent pendant l’époque du plus grand froid de l’année. Le calme de 1 air est necessane poui loui- pr-odiirtion; il permet la stagnation des couches < ai. froid dans les parties basses de la valL'e. Les habitants de mainte vallée des Alpes l’ont bien compris: on voit souvent leurs habitations placées sur la hauteur, tandis (lu'il semblerait plus simple de se fixer dans les parties basses du vallon. Souvent aussi le brouillard se traîne au matin dans le fond de la vallée tandis (jue les régions plus élevées en sont déiionrvues : ce fait provient en partie du pins grand froid, en partie de la tranquillité des couches inférieures de l’atmosphère.
Echauffement des pentes. — Un fait iinportant, qui contribue à élever la température de certaines localités, c’est l’échautfement des jientes tournées au niidi. Le sol en pente reçoit, à surface égale, plus de soleil (lue le s(3i horizontal, le maximum ayant lieu quand la snrtace est jierpendiculaire aux rayons du soleil. Ainsi les plantes s’échautfent beaucoup pendant le jour et contribuent par leur ravonnement à adoucir la température de la nuit. Dans les .\lpes, les pentes rocheuses, sans herbe, arrivent a un degré de chaleur bien connu de tous les touristes.
Vents. Vent de la vallée, vent de la montagne. Fœhn.— I^e régime des vents de la Suissse est celui des vents océaniens, dépendant des dépressions barométriques qui traversent le nord de l’Kurope et autour desquelles les vents tourbillonnent suivant des lois connues. Les vents les [dus fréquents sont celui du sud-ouest et du nord-est. Le [irernier est humide et apporte la pluie ; le second qui a [tassé sur le centre de l’Europe est froid, sec, et amène le beau temps. Le vent du nord-est est un peu plus fréquent que celui du sud-ouest. Dans la plaine, le régime des
vents est essentieileiuenl dian<4e:int et anièiie un cliniHl variable; le vent du sud-ouest succède parfois brusquement à celui du nord-est, et, en hiver, fait naîli-e ainsi de subits et fâcheux changements de tempérahire.
Dans les montagnes ces courants atmosphériques sont profondément modifiés, d’abord i)ar le relief du sol, (jiii met obstacle aux courants aériens, ensuite par l’existence de courants périodiques bien différents, le vent de. Ut vallée et lèvent de la m.nntagve, enfin par celle d’un vent particulier, le fœhn.
Le vent de la vallée est un courant ascendant, soufflant le jour vers les sommets de la montagne, remontant donc la vallée; c’est la conséquence de réchauffement de l'air dés régions basses. En réalité, l’air ne monte pas directement vers les cimes, mais suit la direction de la vallée, de sorte qu’il est perçu comme un vent plus ou moins horizontal ; il existe toutefois des exceptions ; ainsi le vent très régulier et très fort qui souffle chaque jour en Engadine, se dirige des parties élevées vers les régions plus basses; il en est de même à Davos, à Arosa, à Andeer. Le vent de la, montagne, ou vent du soir, est un courant nocturne, marchant en sens inverse ; il est produit par la chute de l’air froid entourant les cimes, lesquelles se refroidissent par rayonnement plus vite que le fond de la vallée. L’air froid descend parfois avec une grande violence. Si le vent de la vallée est quelquefois fort, il est généralement chaud, et la présence simultanée du soleil le rend supportable et souvent même agréable. En revanche, le vent de la montagne, par sa température froide et par la condensation d’humidité qu’il occasionne dans les couches d’air plus chaudes où il arrive, est pénétrant et dangereux pour les malades, (’/est surtout au moment où il commence à souffler, peu après le coucher du soleil, qu’il est à craindre, car c’est alors qu’il occasionne la précipitation de la vapeur d'eau contenue dans l'air échauffé des régions basses (sereinj. Voilà pourquoi, dans les hautes vallées, les malades doivent i-entrer au coucher du soleil et attendre (pieUpie temps avant de sortir de nouveau. La forme des vallées a une influence très sensible sur ces deux courants : ils a|)paraissent plus tôt dans les vallées étroites que <lans les vallées larges, où le vent de la vallée n’est guère en pleine force avant 10 heures, et le vent du soir avant 0 heures, 'l’antôt c’est le courant du .jour, tantôt celui de la nuit qui
ale plus de force. PMcfois Thiver favorise la prod.udion du vent de la luonlaone; en général, le vent de la \allee
est pins violent en été ({U en hiver. . x,,.
Le f(eUn est l’apanage exclusif des .Vlpes, entre (lenev e et Salzhourg. et sa grande importance climatenque, 1 intérêt uni s'est concentré sur lui, exigent qu on en tasse une étude détaillée. Dans les régions on il se produit recmlièrement. il crée un climat spécial; ainsi, la zone du châtaimiier.' autour du lac des Qiiatre-Cantons, est due a l’influence du fœhn qui souffle dans cette région, car cet arbre ne se trouve nulle part en Suisse a pareille latitude. Le fœhn est un vent du sud ou du sud-esL sec et chaud, (fui souffle d’une façon irrégulière, en général iiyec beaucoup de force, en tombant dans les vallées des Alpes : il a d’autant plus de violence que la vallée se rapproche davantau^e de la direction sud-nord. (,itons les piincipaux endroits OU il se fciit sentir : le \ cdais. de Martigny au la<> Léman ; le fœhn soulèvede grosses vagiiesdevantMontreux, ses dernières effluves arrivent jusqu à Lausanne 5 les vallées de laKanderet de la Lütschine, de TOberhasle, dans rOberland bernois; la vallée de l’xA.a d Engelberg, d on il arrive jusqu’à Mûri en Argovie; celle de la Reiiss, d Andermatt au lac des Quatre-Cantons, ainsi que toute la région avoisinant Schwyz et le Rigi. jusqu à Zou^; la vallée de la Linth, jusqu’à Zurich ; enfin celle du Rhin postérieur et du Rhin proprement dit, jusqu au lac (le Constance. 11 atteint dans les parties élevées et resserrees de ces vallées une force (jne n’égalent jamais le vent du sud-ouest ou la bise; il déracine les arbres, démolit les chalets, soulève les pierres ; plus d'un village a été brûle complètement par les flammes (|u’activait un ouragan de fœhn. La violence de ce vent s'atténue à mesure qu’il s’ap[)roche de la plaine. Très sec et très chaud, le fœhn fond la neige avec plus de rapidité que le soleil le plus ardent ; un jour de fœhn vaut deux semaines de soleil ; « il mange la neige ». Il en fait disparaître en 12 heures une couche de plus de 0.60 m. ; aussi est-ce avec joie que le montagnard salue son arrivée à la lin de l’hiver. 11 active en automne la maturation des raisins que le soleil a déjà dorés. lœ fœhn souffle surtout au printemps, par pfv riodes de 2 1 2 jours en moyenne ; en 7 ans. on a comiité 112 périodes de ce genre (Christ). U’etlslcin donne les chift'res suivants pour la fré(pience du hehn dans la Suisse du nord :
Hiver i’riiili‘ni|is lili- \iit(jiime Afiiiée.
Jours 9.1 17.;> '1.9 9.(i 'iU.9
Le fœhn s’accompagne d’une forte déiu-ession de hi colonne ))arométrique. Pendant qu’il souffle, la température de l’air en hiver peut atteindre la hauteur de celle de l’été. Pendant une longue période de fœhn de 10 jours, au commencement de 1877, l’écart moyen de la température en trop chaud était de 4.3“ à Lugano et à Castasegna, de 3.7“ au St-Bernard (2478 m.); dans les vallées exposées au tVehn, à Altdorf, 11.4“, à Altstaetten (vallée du Rhin) 13.3“, à Zurich encore 6.9“ et à Bâle, 8“ (Hann). L’humidité relative diminue aussi beaucoup : ainsi à Bluden/,, dans le coup de fœhn du 31 janvier au 1“'' févriei 1869, l’écart de la température d’avec la normale fût de 15“ 7. et l’écart de l’humidité relative, — 58 “ 0 (Hann). Le fœhn enfin chasse les nuages ; le ciel est clair, le soleil échauffe encore davantage les plaines balayées par le vent.
Le fœhn élevant beaucoup la température de l’air, celui-ci a une faible humidité relative, mais peut quand même contenir beaucoup de vapeur d’eau. .Vussi, (juand le foehn a fini de souffler et que, suivant les lois des courants cycloniens, le vent passe à l’ouest et au nord-ouest, le refroidissement de l’air et l’ascension de la pression barométrique amènent une chute d’eau considérable. Il y a beaucoup de pluie après les jours de fœhn, et cette abondance d’humidité dans un sol que le vent et le soleil viennent d’échauffer est favorable à la végétation. (Paris a, par exemple, 1680 millim. de pluie, .-Vltdorf 1370. Gersau 1650 par an.
Peu de phénomènes météorologiques ont soulevé autant de discussions que le fœhn. L’ancienne théorie le faisait venir du Sahara, en sa qualité de vent chaud du midi; on pensait qu’il apportait jusque dans les .\lpes l’air brûlant des déserts. L’observation exacte a renversé cette hypothèse, et voici la théorie moderne du fœhn : c’est un vent qui appartient à un système cycl(Dnien tournant autour d’un minimum barométrique situé à l’ouest ou au nord-ouest des Alpes. Le vent, dans son mouvement giratoire, doit escalader les .\lpes; à ce moment 1 air se refroidit, perd une grande quantité d’eau (chute d’eau considéi’able des Alpes, du St-Gothard, du l^t-Hernardin, etc.). Puis, l’air tombant d’une arête élevée de plus de 2000 m. dans les vallées, s’échauffe de 1“ par KW m. (le chute et. par là-même. ac(juiert une humidité relative 1res
ia Cois chand et sec. La to-
faible. Voilà pourquoi il est .. - - .
no<'raphie des vallées explique son plus ou moins de vitesse ^ ses irrégularités, sa violence dans leurs passages resserrés Voici, d'après Hann, un exemple des condition& climatériques de divers lieux, à la même date, sur le ctie-
BelUnzone.
San-Vittore Airolo . . .
St-Oothurd Amlennatt Altdorf . .
AltitlKlC
Tcmiiérat.
Huiuiiiilil
relative
V(Mlt
N (pluie)
S et SW
N et S