SW
S (fœhn)
On remarquera la température très élevée d’ Altdorf, à 1700 m. au-dessous du St-Oothard, et les chiflres intéressants de rhumidité relative à Altdorf et à Bellinzone.
Cependant, il est des cas où le minimum qui est le centre du mouvement giratoire, se trouve au sud des Alpes, par exemple sur le golfe de Oènes; ainsi, pendant la péiiode de fœhn du 11 au 18 mai 1890, le minimum barométrique existait au large de Toulon (750, puis 788 mm.), des vents violents soufflaient du sud-ouest à Païenne, du sud a Rome, du sud a Trieste ; il pleuvait dans le Fessin eb le fœhn soufflait fortement au nord des Alpes. Le 18 mai, le mininium barométrique se trouvant sur Cassel, le vent soufflait du nord-ouest suiTes Alpes, qui avaient eu le fœhn
la veille, et la pluie tombait partout. ....
Si le fœhn est un vent dont la température a été élevee, comme nous l’avons dit, par la chute de l’air dans les vallées, il doit exister a priori d’autres fœhn que celui du sud. En elfet, on connaît dans les vallées situées au sud des Alpes, un fœhn qui est un vent du nord chattd; c’est le cas dans la Lévantine, dans le val du Poschiavino, etc.
Le hehn exerce, nous l’avons dit, une intluence énorme sui- la végétation ; on peut délimiter, dans le momie végétal, une zone de fœhn absolument caractéristique. Sur les êtres vivants, il a une action non moins évidente : l’homme est abattu, il soulfre de dépression morale et physique ; les jambes sont lourdes, la fatigue survient rapidement, il y a parfois de l’opjiression. lai circulation est plus active, le pouls plus fort ; il survient quelquefois de la céphalalgie et des épistaxis. I/appétit diminue, le sommeil est agité et troublé par des rêves. La peau, les muqueuses, les cheveux sont secs et une sensation générale de langueur et
Ivî —
de dépord de tout tmvail mental et physique se lait sentir, même chez les plus robustes (Lœlsche7' j . Ajoutons-y une tendance réelle à l’hémoptysie chez les tuberculeux, d’ous ces effets sont dus sans doute pour une bonne part à la dépression rapide et profonde du baromètre qui précède et accompagne le fœhn, ainsi qu’à la soudaine élévation de la température, souvent fort pénible en hiver. On voit que, d’une façon générale, ce vent ne convient pas aux malades. Il n’a d’ailleurs d’importance qu’en automne et au printemps ; il est rare en été.
En général, le vent a une grande influence sur la santé ; il renouvelle et purifie l’air, donne au climat des caractères toniques et vivifiants. Dans les endroits où le vent manque, le climat est mou, il affaiblit: en revanche, les endi’oits dont l’air est toujours agité, surtout quand il est sec, ne conviennent pas à nombre de personnes facilement excitables et énervées. Les vents humides et froids sont désagréables et dangereux, par la grande quantité de calorique qu’ils enlèvent au corps. A la montagne, le vent de la vallée et le vent de la montagne ont une ^œande importance hygiénique, en renouvelant l’air de vallées souvent encaissées où les courants supérieurs de l’atmosphère ne peuvent pénétrer.
Chute d’eau atmosphérique. — Elle est très diversement répartie en Suisse et constitue une des particularités intéressantes de son climat de montagne. En général, il pleut par le vent du sud-ouest, quelquefois par celui de l’ouest et du nord-ouest. Les montagnes ont donc un côté relativement humide et un côté relativement sec. La quantité d’eau augmente avec l’altitude, jusqu’à une certaine hauteur (2000 m. environ dans les Alpes, d’après Hann) à partir de laquelle elle décroît de nouveau. Voici l’exemple que cet auteur donne de l’augmentation^ de la pluie avec l’altitude, en prenant dans les Alpes de l'Arlberg une série de stations qui se suivent de l’ouest à l’est : Bludenz (590 m.) ayant une chute d'eau égale à 1, Klœsterli (1060 m.) • en a l.l5, Stuben (lUO m.) 1.44, St-Gliristophen (1800 m.) 1.52, St-Antoine (1300m.) 0.69, Landeck (800m.) 0.48. Les deux derniers chiffres illustrent bien le fait de 1 existence du côté sec de la montagne, opposé au côté pluvieux. La proximité d’une montagne, dressée comme une barrière sur la route du vent chargé d’humidité, amène déjà une augmentation de la, pluie, même sur la plaine: ainsi, nous trouvons, au bord du lac Léman, en allant de l’ouest a
l’esl et nous approchant des moiita.umes' de l’exiréniité du
lac
846 rnm.
(lenève Lausanne Montreux
et de l’autre côté des montagnes :
LeSépev 1129 m. 1064 mm.
.4.igle 420 817
Puis vient, au delà de Bex, la vaUée du Rhône qui est une des parties les plus sèches de la Suisse.
La carte de répartition des pluies dans ce pays montre une la quantité moyenne (900 à 1000 mm.) tombe sur le lîlateau, entre le lac Léman et le lac de Constance. Sur les hauteurs, on recueille de 1200 à 1800 mm. Un maximum important se trouve sur la partie méridionale du Jura, un autre sur le St-Gothard, un troisième sur le San Rernardino (dans ces trois régions on note de 2 à 2.50 m. d eau). En revanche, signalons comme régions sèches : U le Valais de Martigny à Brigue (les montagnes avoisinantes ont également peu de pluie: Græchen, 1632 m., dans la vallée^ de Zermatt, a le minimum de toute la Suisse, 540 mm. ; Louèche, 1415 m., 765 mm.); 2° la région centrale des Grisons, Davos ; 8° l’Engadine (la Basse-Engadme
surtout). , , ^ ■ A
S’il est facile de mesurer l eau tombée, il 1 est moins de
savoir ce que l’on entend par un jour dp. pluie. Au point de vue météorologique, ([ue nous avons suivi dans ce Manuel, on entend par ces mots tonte journée ou il y a une chute d’eau atmosphérique, et non point celle ou il a plu toute la journée. D’ailleurs, pour le médecin, la pluie totale n’a pas la même signification que pour le savant : d’une part, il tombe de la pluie pendant la nuit, alors que les malades sont dans leur chambre; d’autre part, malgré un total d’eau considérable, il peut y avoir beaucoup d’heures de soleil, si la chute d’eau a lieu en masse (exemple, le J'essinj; enfin, si la température est très élevée, l’air peut être relativement sec malgré l’abondance de 1* pluie. ^
.\u point de vue hygiénique, la pluie a l’avantage de rafraîchir l’air et de le purifier eu abattant les poussières et les germes de tout genre; si le sol sèche vite après la pluie, elle est en délinitive avantageuse aux malades. lyi neige possède à un haut degré ce rôle purilicateur, mais
•en outre, elle couvre le sol et empêche la poussière de s’élever de nouveau. En s’échauffant peu aux rayons du soleil, elle diminue l’intensité du vent de la vallée. Sa surface réfléchit une notable quantité de lumière et de chaleur solaires, aussi a-t-elle une prande importance poulies stations hivernales d’altitude.
La distribution de la pluie suivant les saisons varie beaucoup avec les différentes régions de la Suisse. En prenant le total annuel égal à 100, on trouve, d’après Mïaier, la répartition suivante :
Montagnes des (Irisons . .
Bassin de la Reuss . . . .
Rigikulm
Engelberg
Bassin intérieur de l’Aare .
Lac Léman
Bassin du Rhône
Lugano
Bellinzone
Bassin de l’Inn
Hiver
Printemps
Eté
.(utoiime
On peut donc distinguer : 1° une zone de pluies d’été surtout, savoir le pays au nord des Alpes, de Neuchâtel au lac (le Constance ; 2” une zone de pluies d’automne, le lac Léman et le Valais ; 3° une zone de pluies d’gutomne et d’été, avec maximum en été, la Suisse méridionale. On remarquera dans le tableau ci-dessus l’abondance des pluies d’été au Rigi et à Engelberg, lepeudepluiesd’hiver dans le Tessin et au Rigi.
Ozone. — Cette revue climatologique serait incomplète si elle ne mentionnait pas l’ozone qui a, jusqu’à présent, à vrai dire, une importance plus théorique que pratiqiie. Il est regrettable qu’on ne puisse le mesurer d’une façon précise. On a constaté sa présence en forte proportion dans les forêts, dans les montagnes, comme aussi au bord de la mer, et l’on a revendiqué pour lui l’action salutaire du climat des altitudes. Pour le moment, il semble démontré que sa présence indique que l’air ne contient pas de substances organiques en décomposition. La grande quantité d’ozone de l’air des montagnes est une preuve de plus de son extrême pureté (voir plus loin, poussières et germes organisés).
— If) —