‹ La Suisse balneaire et climateriqueChapitre 7 sur 88 · AS!H · texte numérisé non relu

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On voit bien la température de l’air l)aisser, et celle des l'ayons solaires augmenter, dans la mesure où l’on s’élève davantage. Ce phénomène a lieu en hiver comme en été, peut-être même avec plus d’intensité encore en hiver, parce qu’il y a moins de vapeur d’eau dans l’air qu'en été. D'après Hnnn.^ environ 'ê5 à 30 " „ de la chaleur solaire totale sont absorbés par l’atmosphère des lieux bas: au sommet du Mont-P>lanc (4810 m.), cette absorption n’est plus que de 6 ° o.

Les rayons du soleil échauffent donc le sol des montagnes élevées autant et plus même que celui de la plaine, bien que l’aii- ambiant ait une température plus basse.

Lu même temps que ses effets calorifiques, le soleil en exerce aussi de chimiques, dont l'action sur l’organisme, moins bien connue et plus difficile à déterminer, n’en est pas moins importante; elle augmente aussi avec l’altitude.

L’air des montagnes a une qualité très importante, c'est l'absence de poussières et île permes orga nisès . L'absence de poussières grossières est un des avantages de ces heureuses vallées alpestres dont la sui'face est entièrement couverte de prairies, entre un ruisseau et une forêt. Tl en est aujourd’hui bien peu, hélas ! où l'on n'ait tracé une l'oute dont le blanc sillon, nécessaire et heureux Iraitd’union enti'e ces solitudes et le monde civilisé, ne laisse

trop souvent échapper des nuages de poussière. Mais tout au moins, si l’on s'écarte des l'égions liabitées, si l'on entre dans la forêt, ou trouve immédiatement un air pur, fait importaid pour les malades. En hiver, la neige couvre le sol d’un manteau protecteur.

,\ côté de cette |»oiissièrc grossière, palpable, il en existe

(les millions de

ger-

1IIU* -iiilre invisible, constituée i>Hr — .

mes oro-miisés (ini engendrent les fennentations, les ma \,nes Ti^ \ snftisan e, 1 air

<ies hantes montagnes n'en contient pins. In^iaUmi n’a nas trouvé de microbes on de moisissures daiib ,d)0 litres d'air provenant d'altitudes élevees et inhabitées entre ‘..nOO et :,l-20() m. Dans l’air de lieux eleves, imus habités, il a trouvé fort peu de germes; ainsi ,> meties

cubes d’air du col de St-Théodule contenaient nue bacdei le, un mètre cube d’air du sommet du Niesen en contenait h 1 7 Assurément ce sont là des altitudes qui n entrent nas en li‘me de compte pour un séjour prolonge. Oes &r^ meuvent seulement que l’air devient de p ns en Pbis pn^l mesure qi.'on s’élève. a tr.mive dans

[Vu- du lac de Thoune, par décimètre cube, S bactéries , au voisinage de l’hôtel Belle^me, a Thonne 2n, (hins chambre de cet hôtel 6UÜ, à Pans, rue de Hivoli, ou, 000 <il faut multiplier ces chiffres par 1000 pour les comparer à ceux de Kreiidenreich,. cités plus haut.) ün voit donc que la pureté relative de l’air, au [.oint de vue des microbes, est déjà sensible dans de basses altitudes.

Nous avons déjà exposé, page 7, le régime des rcuts a la montagne. Bornons-nous à dire encore que les hautes vallées offrent en hiver un air plus calnie qu’en ete, parce qu’il est moins échauffé par le soleil, 1 élévation de température du sol faisant défaut. C est un tait capital pour les vallées que la conligiiration de leur sol appelle a devenir des stations hivernales.

Effets physiologiques du climat de la haute montagne. — Lombard les a résumés en ces termes :

(( l.'tine (les pi'canièi'es seiisutions (luô^irouvent ceux (pii quittent la plaine pour la montagne, c’est une sensation d(i luenètre; il semble (pie, malgré la diminution du poids de latinosphère. la respiration devienne plus facile et plus ample, en sorte (lu’on SC sent dans une atmosphère leçjère et (jue 1 on désigne celle des plaines par l’é[)itliète depe.sim/c ou étouffante...

(( Tandis ipie dans la plaine il suflisait d’une promenade de (piehjues minutes pour amener une fatigue excessive, les mêmes personnes, transportées dans l'air viviliant de nos .Upes. peuvent employer impunément [diisieurs heures à les parcourir. Bes sensations si nouvelles (ju’elles éiirouvent alors traduisent par des expressions caractéristhiues cette impulsion donnée aux forces musculaires ; tantôt c’est une cuirasse (pii les sijutient et les enveloppe de toiiti's parts; tantôt c’est une telle lacilité et lég('*reté dans les mouvements (pie les malades se sentent comme

soulevés iuwlessus du sol. Aussi voit-on bien souvent .les êtres South eteux et délicats, .jui dans la vie ordinaire calculent tous leurs pas en vue d éviter une fatigue disproportionnée à leurs lorces, et qui, dés qu ils ont gagné les hauteurs, peuvent impunément gravir les collines les plus escarpées et entreprendre^ de ongues cour.ses, entraînés qu’ils .sont par la jouissance d’avoir

locomotion, par le désir de contempler f quelque tleiir des Alpes dont ils

veulent orner leur album. Un autre trait de l’intluence des hau-

»^«s?^laires, c’est la rapidité avec laquelle elles reparaissent, lorsqu elles semblent anéanties pai- une longue course... ‘

T -r pas croire cependant .lue toutes les personnes dé-

bilitées par la malaciie puissent être aussi facilement restaurées que nous l avons dit plus haut. Ce sont surtout les convalescents, les hommes épuisés par des travaux de cabinet, les femmes hystériques et les hypocondriaques qui éprouvent un aussi prompt et complet retour des forces locomotives ; aussi ne doit-on pas s’attendre à des changements aus.si rapides et aussi radicaux chez les malades épuisés par de longues souftrances, surtout chez ceux dont le système nerveux a ébé profondérnent atteint. Mais ce ne sont pas seulement la respiration, la circulation et les forces musculaires qui sont modifiées par le séjour des liauteurs, ce sont les fonctions digestives qui sont très notablement modifiées; il suffit d’un très court séjour à la montagne pour amener un appétit plus vif et plus régulier; aussi faut-il rapprocher les repas et les rendre plus abondants..!

« Nous pouvons en dire autant du système nerveux dont les fonctions sont profondément modifiées par l’atmosphère des hauteurs. Combien de personnes affaiblies par une vie trop intellectuelle ont retrouvé par ce moyen la faculté de penser et la possibilité de se livrer de nouveau au travail du cabinet ! Combien d’autres, énervées par les soucis et les inquiétudes, ont l'epris le calme et l’équilibre nécessaires pour rentrer dans la vie active ! D autres encore ont vu céder cette grande impressionnabilité et cette excitation cérébrale qui rend la volonté impuissante à modérer le tumulte des pensées. » (Climats de montagne, page 130.)

.\près cette revue générale, il nous reste à étudier l’action du climat d’altitude sur certaines fonctions de l’écononiie animale. Cette action a été étudiée surtout au point àe vwQ àe \?L res2}ivation. L’alisorption de l’oxygène dans le sang dépend Beaucoup de la pression ; or, comme nous l avons vu, page 18, celle-ci décroît à mesure que l’altitude augmente, et il arrive un moment où l’absorption de l’oxygène est insuffisante, et où la respiration ne fournit plus au sang la quantité de ce gaz nécessaire pour entretenir la

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