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CHAPITRE IX

Le Tessin.

Le canton du Tessin a un climat spécial et fort intéressant ; il constitue, au pied sud des Alpes, une zone intermédiaire entre les climats du nord et celui des bords de la Méditerranée, et beaucoup plus chaude que les plaines voisines de la Lombarde. Le Tes.sin est un pays montagneux, dont les seules plaines sont la vallée du Tessin et certaines régions prés de Lugano et de Mendrisio. Ti’és large à sa frontière nord, au sommet des Alpes, ce pays va sans cesse en diminuant de largeur, si bien qu’à son extrémité sud, qui s’enfonce comme un coin en terre italienne, il n’a plus que 10 km. d’une frontière à l’auti'e. Au nord, le pays est composé d’un grand nombre de vallées, celles du Tessin, la plus importante, et de ses affluents le Brenno, la Moesa, etc., celles de la Vei’zasca, de la Maggia; toutes ces vallées courent à peu près du nord au sud. Plus au sud, le lac Majeur et celui de Lugano baignent une région capricieusement tourmentée par des chaînes de montagnes assez élevées. Quel contraste entre ces rivages enchanteurs et les rochers, les neiges éternelles de la région alpine ! On remarquera que les rives de ces lacs sont les régions les plus basses de toute la Suisse; leur altitude est encore inférieure à celle de la contrée comprise entre Rheinfelden et Bâle, la plus basse région au nord des Alpes.

D’une façon générale, le climat du Tessin. est le plus chaud de toute la Suisse ; Bellinzone et Locarno ont pour moyenne annuelle 11.9®, Lugano 11. 7°. Les hautes montagnes arrêtent le vent du nord-est ou atténuent sa force. Le ciel est clair, le soleil ardent. La région des àïtQ in$ubrierine, a un caractère tout particulier, qui la distingue aussi bien du climat de la Suisse que de celui de l’Italie proprement dite. Le climat tient à la fois du nord une certaine variabilité de la tempérarature et du temps, et du midi une haute température, un grand nombre de jours de soleil et des chutes d^eau qui ont une périodicité caractéristique et différente des régions septentrionales. La douceur du climat est due à l’absence des vents du nord et au fait que les lacs agissent comme régulateurs thermiques. Le sol est cependant plus humide que dans certaines régions plus méridionales. Toutes ces conditions, jointes

à la présence d’un soleil brûlant, favorisent le développement d’une végétation magnifique. Par dessus tout, le ciel clair et brillant, un ciel d’Italie, répand sur tout le pays, montagnes, lacs, villages épars ça et là, une lumière chaude et bienfaisante. Le climat de la région insubrienne conserve sa douceur jusque dans les montagnes. C’est bien à celles-ci et aux lacs qu’il doit ses qualités, car la Lombardie, plus au sud, a une végétation bien moins riche; les plantes du Midi n’y prospèrent pas. Elle est d’ailleurs beaucoup plus froide en hiver, balayée par les vents et souvent couverte de brouillards.

Le régime de la pluie est tout pai-ticulier : l’hiver est presque dépourvu de chute d’eau, tandis qu’elle se répartit à peu près également entre les trois autres saisons. La pluie totale étant égale à 100, l’hiver en a 9, le printemps 26, l’été 32, l'automne 31. Le total moyen peut être évalué à plus de 1500 millimètres : Lugano 1646, Mendrisio 1670, Bellinzone 1800, la vallée de Mesocco (Grisons) plus de 2000. La pluie tombe en masse à la fois, puis fait place au soleil aussi rapidement qu’elle est venue. Cette chute d’eau, si abondante, est due au fait que les vents venant du sud ou sud-ouest chargés d’humidité s’en débarrassent en escaladant la barrière des Alpes. Ayant peu de pluie, les hivers sont clairs et ont une insolation prolongée. « Les avantages et les beautés de ces contrées éloignées et diverses, dit Christ, se fondent dans cette nature en une harmonieuse unité que l’on retrouverait difficilement ailleurs sur le continent Le secret de cette beauté gît pi’écisément dans ce con-

cours intime d’un soleil méridional, d’un ciel transparent et d’une abondante humidité. »

Le Tessin compte prés de 127000 habitants, ou 44 au km. caxTé ; ils émigrent en grand nombre à l’étranger pendant une partie de l’année. La population est plus agricole qu’industrielle ; dans la région méridionale et dans la vallée du Tessin, on cultive la vigne. Le Tessin est la seule région de la Suisse où les affections paludéennes aient une réelle importance ; dans la partie nord du canton, elles suivent le cours des rivières, remontant jusqu’à Airolo. La fièvi'e intermittente existe dans les districts de Bellinzone, Locarno, à l’ouest de Lugano, et dans quelques localités du district de Mendrisio. Les inondations de 1868 avaient fait cesser ces fièvres, mais elles^ont reparu à la suite des terrassements du chemin de fer du St-Gothard {Lombard). 'P OMT \?l phtisie pulmonaire, le Tessin a un rang très favorable parmi les Etats de la Suisse, étant bien au-dessous de la moyenne, avec 76 décès phtisiques sur 1000 décès totaux. On voit le gfoi/re à Locarno, Bellinzone, dans les vallées do la Maggia et du Tessin.

Les voies de pénétration dans le ’lessin sont constituées, avant tout, par le chemin de fer du St-Oothard, qui débouche à Airolo, parcourt le canton dans toute sa longueur, en détachant un embranch ornent sur Locarno et un sur Luino, et va .se souder à Chiasso au réseau italien. 2« Une route pénètre dans le

Tessin par le Lukmanier; elle relie Dissenlis, dans la vallée du Rhin antérieur, à Biasca. 3» I^a route du San Berna?'dino se détache à Splügenàe la route Coire-Chiavenna, et vient aboutir à Bellimone. 4° Enfin, de l’ouest, on arrive aisément dans le Tessin par le Simplon et les bateaux à vapeur du lac Majeur. Ces steamers, ainsi que ceux du lac de Lugano, sont un agréable mo5'’en de transport pour les voyageurs venant du Midi. L’ouverture de la ligne du St-Gothard (188'2) a été pour le Tessin un événement capital; le flot des touristes et des malades qui utilisent cette ligne va sans cesse en augmentant. Sans doute, d’ici à peu d’années, un grand nombre de stations nouvelles surgiront dans ces belles contrées. Pour le moment, on y compte deux stations d’hiver, Locarno et Luga,no, deux stations d’altitude, Piora et Monte Generoso, et deux stations balnéaires, Acquarossa et Stabio.

Le col du St-Golhard à 2094 m. (Télépli.), possède un hôtel où l’on peut séjourner en été, bien que la région soit peu abritée et le climat rude.

djVolo, H45 m. (T.), est la première station du chemin de fer du St-Gothard sur territoire tessinois. Séjour d’été dans une belle situation.

Hôtel Piora, 1859 m. Station d’altitude. Saison ; juin à fin septembre.

iTiNÉRAinE.— ne la station à’Airolo, chemin de mulets pittoresque, mais pénible (2 h. 1/2). Un chemin plus aisé, mais plus long (3 h. 1/2 a 4 h.), part de Sla-Maria, dans les Grisons, sur la route de Dissentis au col du Lukmanier.

Depuis Airolo, l’on s’élève sur le liane nord de la vallée du Tessin, et l’on pénétre dans la vallée de Piora par un étroit vallon latéral où passe le torrent le Foss, écoulement du lac Ritom. Le val Piora, une tranquille solitude alpestre, s’éteml de l’ouest à l’est; son extrémité orientale, prés du col du Lukmanier, s’infléchit du sud-ouest au nord-est. Le lac Ritom, de 2 km. de longueur, occupe le fond de la vallée; on peut s’y baigner, l’eau n’étant pas trop froide. Le flanc sud de la vallée est tapissé de mélèzes et d’arolles, non pas en nombre suffisant pour former une épaisse forêt, mais donnant cependant une ombre agréable. La limite de la neige éternelle est haute dans cette région, 2800 m.; elle se trouve à une certaine distance du val Piora. Excellent climat de haute montagne ; le vent est rare ; il n’v a jamais de vent du nord, peu de vent d’est; on sent, en revanche, celui du sud-ouest. Le brouillard est nul en juin et juillet, fréquent en revanche en août, lorsque le vent du sudouest souffle. En général, il ne se montre que le matin, et dure peu de temps. La température est douce, convient aux sujets délicats ; ses excur.sions diurnes sont peu étendues, ce qui est dû au calme de l’air et à l’absence de glaciers dans le voisinage. Voici approximativement la température moyenne de l’été : juin 11.0, juillet 13.5, août 12.3, septembre 7.9. Prés de San Carlo, à l’est du lac, jaillit une eau sulfatée saline, faiblement minéralisée. 11 existe des promenades à plat le long du lac. Baader classe Piora parmi les meilleures stations d’altitude. Le pays paraît cependant triste à certaines personnes, à cause de I absence d’arbres et de la teinte du lac, aux eaux foncées et

absolument tranquilles. Piora convient comme station «l’altitude aux malades qui craignent les changements brusques de température et le vent froid.

Bibliographie. — Bander, Corr. Bl. f. Sdiw. .Aerzte, 1881.

Faido, 724 ni. (T.), station de la ligne du St-Gothard. Séjour d'été. Son climat doux a déjii un caractère inéridionai. Le cliàlaignier arrive jusqu’à celte altitude. Environs agn-ables, promenades.

Acquarossa, 350 m. (T. à Dongio.)£’at4 sulfatée calcique, ferrugineuse, arsenicale et lithinée.

Itinéraire. — Station de Bmcndela iigne du St-Gothard. De là, diligence (1 h. 1/2, 2 fr. 05 c.). On peut y arriver aussi par le col du Lutamnier -, diligence depuis Dissentis en 7 h. 1/2 (H fr. 20).

Acquarossa est situé au nord de Biasca, dans le val Blenio, sur la route de Bellinzone à Dissentis par le col du Lukmanier. De hautes montagnes l’entourent : à l’est, le Biniano (2583 m.), grande pyramide couverte de forêts de sapins et de bouleaux, plus bas, de châtaigniers et de noisetiers; à l’ouest, la chaîne du Monte Sobrio, 2420 m., du Pizzo di Molare, 2583 m., au pied desquels se trouvent de nombreux villages, avec une belle végétation. Les eaux d’Âcquarossa, subthermales, ont une température de 25<>. Il existe plusieurs soxcrces, dont la principale fournit 43 litres à la minute. Analyse de Kœrner, pour 1 litre d’eau ;

Bicarbonate de fer 0.034

Bicarbonate de manganf^se. 0.019 Bicarbonate de chaux ... 0.659 Arséniate de chaux .... 0.00024 Borate de magnésie .... 0.0025

Sulfate de chaux 1.151

Sulfate de potasse 0.041

Sulfate de soude 0.088

Sulfate de magnésie .... 0.508 Chlorure de lithium .... 0.0046 Chlorure de magnésium . . 0.001

Aluminium 0.004

Silice 0.035

Total . . 2.546

Acide carbonique iibre ... 186 cent, cubes

Azote 5

üxygfme

En outre, la source dépose des boues qui contiennent, par kgr. (10 kgr. ?) 2.04 gr. d’arsenic et 1.90 de manganèse, c’est-àdire une quantité extraordinairement forte d’arsenic. Ces boues se forment par précipitation spontanée à l’air libre; c’est un limon de couleur rouille, moelleux, onctueux, composé en majeure partie par un saprophyte qui tient dans ses mailles presque tout le dépôt rougeâtre de l’eau. La composition de l’eau d’ Acquarossa est donc remarquable en ce sens qu’elle contient du fer en quantité notable (34 mgr.), de Varséniate de chaux (0.24 mgr.), 5 mgr. environ de chlorure de lithium et 2.5 mgr .de borate de magnésie. Les eaux d’ Acquarossa sont indiquées dans les affections de la peau, la scrofule, l'anémie. Conjointement avec le climat, elles exercent une action favorable sur les convalescents de maladies graves; elles ont des propriétés fondantes sur les engorgements glandulaires, scrofuleux, syphilitiques, etc. Les boues, recueillies avec soin pendant l’année et chauffées au moment de l’emploi, sont employées en applications dans les maladies de la peau, où elles se montrent fort efficaces dans les formes chronujues, rebelles aux méthodes de la balnéation simple.

Pour le climat d’Acquarossa on peut prendre, faute d’observations faites à la station elle-même, celles de Lottigna, à 2 km. au nord d’Acquarossa. Les inoyennes mensuelles sont les suivantes ; avril 9.0, mai 13.4, juin 16.8, juillet 19.1, août 19.1, septembre 14.7, octobre 10.0. Lottigna étant à 130 m. plus' haut qu’Acquarossa, ces valeurs sont trop faibles de 0.6°.

Bibliographie. — Berloni, Eaux theriu. d’A. 1884. îioffiantini, le acque terni, di A. 1889. , .

LOCARNO, 210 m. (T.). Station chmateriqiie d hiver.

Itinéraire. — Locarno est station d’un railwayqui se détache à Giubiasco de la ligne du St-Gothard. . ,, , x j

Locarno est de toutes les stations suisses celle dont 1 altitude est la plus faible, 210 m. (Lugano 27.5 m., Rheinfelden 270 m.). C’est une petite ville située sur la rive occidentale d’un golfe, à l’extrémité nord du lac Majeur, tout près de l’embouchure de la Maggia. D’une façon générale, Locarno est protégée contre les vents du nord et exposée aux vents de l’ouest. La ville s’étend sur le delta de la Maggia et sur les dernières pentes des montagnes. Au nord se dresse le Pizzo di Trosa, 1300 m., à l’ouest le SaZwone, 1558 m., et d’autres sommités d’altitude à peu près égale, entre lesquelles l’ouverture du val Centovalli permet au vent d’ouest de souffler sur la ville. Le groupe des sommités du Monte Cehere, du Tamaro, du Gambarogno, sur la rive gauche du lac, arrête les vents d’est et du sud-est. Au-dessus de la ville se trouvent des collines boisées avec de beaux points de vue. La végétation a un caractère méridional, les plantes des bords de la Méditerranée prospèrent dans les jardins. La position de Locarno le fait ressembler à un grand espalier abrité du côté du nord et exposé sans défense aux rayons de soleil. 11 est peu d’endroits sur le lac Majeur qui ait autant de promenades agréables dans les environs.

Le de Locarno est doux, modérément humide; l’air

est calme. La température est fortement influencée par la masse régulatrice des eaux du lac Majeur, qui sont en hiver à 6.8°, et par la réflexion des rayons solaires sur sa surface. Les éléments moyens de la climatologie de Locarno sont résumés dans le tableau suivant, d’après iV/ariant (moyennes de 11 années) :

Mois

Tern[)érature moyenne

Chute

(l’eau

Jours

mois

min.

ma\.

pluv.

clairs

couv.

Octohrc. . .

Novembre .

Décembre .

Janvier . . .

Février . . .

.Mars ....

La moyenne des 6 mois d’hiver est donc 5.5°; celle de l’année entière, 11.2o. D’autres estimations donnent pour ce dernier chiffre 11. 9«, c’est-à-dire le maximum de toutes les stations suisses. Les indications hygrométriques manquent mal-

heurer.sement. La chute d’eau est répartie entre le printemps, l’été et l’automne ; l’hiver a peu de [)luie. En automne, la pluie tombe ])ar grandes quantités à la fois, sans que le nombre des jours pluvieux soit fort considérable. Ace moment, il n’est pas rare de voir le lac Majeur monter d’une façon notable et inonder ses rives. Les vents sont peu fréquents, puisque la moyenne de 5 ans d’observations donne 94 o/o de calmes et 6 o/o de vents seulement. Les vents les plus communs sont ceux de l’ouest et du sud-ouest (59 Vo de toutes les directions), puis ceux de l’est et du nord-est (33 o/o)- H existe des courants réguliers enti’e lac et montagnes descendant la nuit, c’est-à-dire venant du nord (tramontana) , montant le jour (vent du lac, vent du sud, inferna). En automne et en hiver, il y a parfois du brouillard, qui est rare dans les autres périodes de l’année. La neige ne se voit pas fréquemment, 2 à 3 jours en moyenne en janvier, et d’une façon irrégulière dans les autres mois d’hiver.

En général, l’hiver a peu de pluie, le ciel est clair, un brouillard durant toute la journée est chose excepüonnelle. La température pendant les 3 mois d’hiver proprement dit vajrie, à 8 h. matin, de -|-5o à — 6o, au milieu du jour de 3.7 à 15<>. La période de mi-novembre à la fin de mars a peu de pluie. Il faut donc se rendre tard à Locarno pour éviter les grandes chutes d’eau de l’ arrière-automne. Dans l’hiver 1887 à 1888, il n’y a pas eu de neige ni de pluie pendant 54 jours consécutifs et rarement des nuages (Odermatl).

Locarno est une station à conseiller dans les affections des voies respiratoires, les bronchites chroniques suspectes, la tuberculose, l’infiltration pulmonaire. Le climat, sédatif et doux, conviendra aux sujets nerveux et ëréthiques. Les goutteux et les rhumatisants se trouveront bien aussi du climat qui en hiver leur permet la station ou la marche en plein air. La faiblesse générale, la convalescence d'affections pulmonaires aiguës, pourront bénéficier d’un séjour à Locarno. Cette ville peut aussi servir, au commencement de l’hiver et au printemps, de station intermédiaire pour les malades qui vont au Midi ou en reviennent. Cure de raisins.

J3IBLIOGRAPHIE. — Odermalt, Corr. Bl. f. Scliw. Aerztc. 1889.

Bignasco, 434 m. (T.). Séjour d’élé dans le val Maggia, au nord-ouest de Locarno (voiture postale 3 h. 1/2, 3 fr. 15).

LUGANO, 375 m. (T.). Station climatérique d’hiver, de printemps et d’automne.

Itinéraire. — Lugano est station de la ligne Lucerne-Milan, par le St- Gothard. On y parvient aussi par ies bateaux à vapeur du lac ne Lugano, qui sont en correspondance par des chemins de fer avec les bateaux des lacs de Côme ou Majeur. , , . m • / i ^ -onn

Lugano, la ville la plus importante du Tessin (plus de lUOU

habitants), est admirablement située sur le beau lac de ce nom, à l’embouchure de la rivière Cassarate. La ville s’étage en amphithéâtre à l’ouest d’un golfe, à l’endroit on le bras oriental du lac s’inlléchit vers le sud. Un large quai, arrondi en courbe gracieuse, sert do promenade au bord d’un lac aux aspects

toujours variés et nouveaux. A l’ouest, la ville est adossée à une chaîne de collines de 100 à 150 m. de hauteur, dirigée du nord-nord-est au sud-sud-ouest à peu près. Au nord et au sud de la ville, ces collines s’élèvent et se soudent aux montagnes, savoir au nord au 6’. Bernardo, 701 m., au sud, au S. Salvatore, 909 m., sorte de pyramide allongée, baignée de 3 côtés par les eaux du lac, d’où l’on a une vue splendide (chemin de fer funiculaire). A l’est, Lugano est abrité par le Monte Brè, 786 m., le Monte Boglia 1512 m., et sur l’autre rive du lac, par le Monte Caprino, 1100-1300 m. En revanche, du côté du nordest, la ville est exposée aux vents qui descendent par la vallée du Cassarate ; celle-ci se dirige d’abord au nord, puis au nordest, pour se terminer en cuvette à environ 12 km. de la ville. Les ramifications du Monte Camoghè (2236 m.), quoique éloignées, atténuent dans une certaine mesure la force des vents du nord-est. Toutes ces montagnes, ces vallons et ce lac forment un ensemble enchanteur qu’il faut contempler le matin des hauteurs qui dominent Cassarago, à midi, des flancs nordouest du San-Salvatore, le soir, de l’église élevée de Breganzona ; on verra ainsi le pays sous ses divers aspects et avec tous les jeux de lumière de la nature \isl\QnnQ(Schnyder).

Lugano est situé sur un terrain en pente du côté du lac ; les eaux, qui tombent parfois en masse considérable, trouvent donc facilement leur écoulement. Le sol est perméable, formé d’un mélange de débris schisteux et de moraines. Il est très fertile et nourrit en abondance la vigne et les arbres fruitiers. De nombreux végétaux des pays chauds ornent les parcs et les jardins. Lugano a pris une grande importance comme station d’hiver depuis Louverture du chemin de fer du St-Gothard.

Climat. Cornils résume comme suit les caractères généraux du climat de Lugano : température moyenne annuelle assez élevée pour sa latitude; protection contre les vents assez bonne; absence totale de stagnation de l’air; quantité considérable de pluie, en même temps que petit nombre de jours avec chute d’eau; grand nombre de jours de soleil ; humidité relative moyenne, forte insolation; lumière ne fatiguant pas les yeux, grâce aux montagnes environnantes et à la végétation abondante. Voici les éléments du climat d’hiver de Lugano, d’après les observations météorologiques de 1876 à 1887 (tous les chiffres sont des moyennes) :

.Mois

Ternpé

rature moyenne

Hum. rel.

Jours

mois

j min. ^

ce

chute]

d’eauj

clairs j

couv.

Octobre. . . .

Novembre . .

Décembre . .

Janvier. . . .

Février. . . .

Mars

La température moyenne de l’année est de 11. 8«. La pression barométrique moyenne, 737.1. On remarquera que les excursions journalières du thermomètre ne sont pas très prononcées, en moyenne 5 à 6» de 7 h. à 1 h., ou de 1 à 9 h. du soir. L’humidité relative au milieu du jour est moyenne et plutôt faible, en février et en mars surtout; pour ce dernier mois, elle est très faible (79 et 75 matin et soir). Cornils indique une moyenne générale de 71.3 pour l’année, hiver 75, printemps 66.1, automne 75.8. Le nombre des jours clairs est grand en hiver, celui des jours avec brouillard très faible. Christ a comparé la nébulosité de Lugano avec celle de Bàle, dans le tableau suivant ;

Déc. Janv. Fév. Mars Avril Mai

Lugano 4-8 4.6 4.6 5.4 4.4 5.0

Bâle 7.0 6.9 7.0 6.9 5.7 5.7

Juin Juillet Août Sept. Oct. Nov.

Lugano 4.8 4.8 3.9 4.1 4.3 5.5

Bâle 5.6 4.8 5.2 4.5 6.8 7.7

Lugano dépasse donc de beaucoup la clarté du ciel de Bâle même en été, sauf en juillet. Pour l’année, Lugano a 4.7, Bâle 6.1 de nébulosité moyenne. Depuis peu, on note à Lugano les heures d’mso tonton journalière; voici les moyennes par jour, en heures et minutes, pour 3 ans, 1886-88 ; octobre 5.20, novembre 2.50, décembre 3.50, janvier 4.15, février 4.40, mars 5.50.

’ Les saisons ont à Lugano des caractères assez différents : l’hiver a beaucoup de jours clairs, peu de vent ; il tombe un peu de neige, mais elle fond promptement. Le printemps est assez incertain, et, à l’approche de l’été, compte de nombreux jours de pluie, qui tombe en grande quantité à la fois. En ete, la chaleur est supportable, grâce à la proximité des lacs, des monta<ïnes et à la construction des maisons. L automne est fort beau, la chaleur diminue graduellement ; le mois d’octobre a, il est vrai, une chute d’eau considérable, mais l’arrière-automne, en novembre, est de nouveau très agréable.

La pluie constitue un total de 1646 milim. (moyenne de -A) années), dont la cinquième partie seulement tombe de décembre en mars. La pluie, une fois tombée en masse, fait place au soleil. Il semble que dans cette région se trouve résolu ce problème difficile, beaucoup de pluie et cependant beaucoup de jours clairs et de soleil. Tandis qu’il y a dans le bassin du Tessin en juin 35 millim. de pluie de plus que dans celui du Rhin, en juillet 49.1, et qu’en août les deux régions ont le même chiffre, on constate comme clarté du ciel un énoime avantage en faveur du Tessin, comme le démontre le tableau

ci-dessus (Christ). j i.

Vents. On sent à Lugano les vents du nord-est qui descendent par la vallée. du Cassarate. ^

pas s’exagérer leur fréquence, car, pendant les mois d octobre à mars, on a noté en moyenne, sur 100 observations, 8-, fois le calme et 18 fois le vent. Sur 100 vents, celui du noid a été

noté 'i9 fois, du nord-est 30 fois, du sud 8 fois, du sud-est 6 fois, etc. D’après Trechsel, le vent du nord-est est quelquefois assez fort pour que, malgré le soleil, on ait froid en sortant et que la station en plein air ne soit pas possible. 11 j-- a parfois des variations brusques de la température, le matin et le soir sont froids. Les montagnes du côté du nord-est ne sont pas assez rapprochées pour briser complètement ces courants froids. Les courants du lac aux montagnes (hreva), et des montagnes au lac (tramontana), existent ici comme sur le lac Majeur. Un avantage de Lugano, c’est la grande variété de ses promenades en plaine et sur les collines, sans compter les courses sur les montagnes et le canotage sur le lac, qui est un des plus beaux et des plus pittoresques de la Suisse.

Indications (d’après Cornils). Le climat de Lugano a un effet légèrement excitant sur les fonctions végétatives, et sédatif sur le système nerveux. Cette dernière action est due à l’absence relative de vents et d’une lumière trop vive, à l’humidité moyenne, au spectacle d’une nature splendide, au calme de la vie. Aux facteurs climatériques déjà décrits, s’ajoutent les cures de lait et de raisins, les bains du lac. La topographie des environs permet aussi de pratiquer \%mél\ode d’Oertel. Indications spéciales. 1® Enfants délicats, sci'ofiileuæ, menacés de tuberculose. 2° Bronchite chronique et emphysèine, pneumonie chronique. Lugano est en pareil cas soit une station d’hiver pour les malades encore vigoureux, soit une station intermediaire le nord et le midi (automne et printemps). 3° Affections cardiaques. 4<> Affections de l’estomac, dyspepsie. Affections du système nei'veux, névroses, hypocondrie, neurasthénie, convalescence des maladies graves,

6o Anémie et ses suites, si un climat moyennement humide semble indiqué. 7° Affections des yeux. Lugano leur convient, vu sa végétation et ses montagnes, qui empêchent la lumière d’être trop éblouissante. En résumé, Lugano tient le milieu entre Méran et Montreux, moins sec et excitant que le premier, mais pourtant moins sédatif que le second. D’une façon générale, dit Trechsel, Lugano n’est pas une station d’hiver poulies phtisiques, mais bien pour les personnes maladives, faibles et les convalescents.

Biblioghaphie. — Coniih, Lug:>no, 1882. Schnyder, Corr. Bl. f. Schw Aerztc, 1881. Zbinden, ibifl., 18S^. Trechsel, ibid., 1889.

Sorayno, 380 m., flans la vallée du Cassarate, à 1 h. au nord-est de Lugano (route carrossable), est un village bien situé au pied du Monte Boglia, sur ses dernières pentes occidentales. Les conditions climatériques sont celles de Lugano, cependant l’endroit est plus éloigné du lac que la ville et plus abrité contre les vents du nord-est.

A l’est de Lugano s’étend une contrée qui n’appartient lias entièrement à la Suisse, mais qui est fort intéressante au point de vue du climat; c’est la rive nord du bras oriental du lac de Lugano, entre cette ville et Porlezza, Cette région est formée par de hautes montagnes boisées qui descendent dans le Tac, sans former de rivage plat, mais qui suppriment complètement les vents du nord et du nord-est. A Castagnola déjà, à 1/2 b. à l’est de Lugano, sur les pentes sud-ouest de la montagne, on sent moins le vent qu’à Lugano. On annonce la création j)rochaine à Fulmignano, au-dessus de Castagnola et sur les pentes sud du .Monte lire, à 150 m. au-dessus du lac, d’un

établissement relié au lac par un chemin de fer funiculaire {station d’hiver, hydrothérapie). Au delà vers l’est, aussi loin que s’étend le territoire suisse, le rivage est si escarpé que i’oii ne peut guère y séjourner; quelques rares villages, collés à la montagne, communiquent entre eux |)ar bateau. Plus loin, sur territoire italien, il y aurait, d’après Trechsel, un lieu favorable pour une station d’hiver à S. Mamelte, à l’embouchure d’un torrent, le Solda, qui sort par une gorge étroite d’une vallée en fer à cheval, cernée de tous côtés par les montagnes. S. Mamette a une certaine étendue de terrain horizontal formé par les dépôts du Soldo: il est bien protégé par la montagne qui avance jusqu’au lac du côté de l’est. Cet endroit conviendrait comme station d’hiver ; l’insolation est bonne, môme en cette saison {Trechsel, Corr. Bi. f. Schw. Aerzte, 1889).

Rovio, 497 m. (Téléph.) Village au-dessus du bras sud-est du lac de Lugano (station de railway de .Maroggia), dans une position très abritée, au nied du Monte Generoso, sur des pentes regardant le sud-ouest Belle vue, forêts à proximité. Une source ferrugineuse jaillit à Rovio (contiendrait 0.0-5 de carbonate de fer par litre). De Rovio, un sentier raide conduit en l h. 1/2 au Monte Generoso.

Monte Generoso, 1209 m. (hôtel) (T.). Saison : l«r mai au 15 octobre.

Itinéraire. — Station de Capolago de la ligne du St-Gothard. De là, chemin de fer à crémaillère jusqu’à Bellavista, a quelques- min. de l’hôtel, en 50 min. (jusqu’au sommet 1665 m., 1 h. 1/4). On peut aussi monter depuis Mendrisio par un chemin de muiets, en 2 h. 1/2.

Le Monte Generoso est le Rigi de la Suisse italienne, près de nombreux lacs, dont 3 grands et plusieurs petits, avec une vue splendide sur toutes les montagnes environnantes et la chaîne des Alpes, du Viso à l’Ortler. C'est un séjour d’été très apprécié; l’hôtel, à456 m. plus bas que le sommet, est abrité contre les vents du nord par la montagne, à peu de distance de bois dans lesquels on a tracé nombre de jolis sentiers. Beaux points de vue, belvédère circulaire suspendu pour ainsi dire au-dessus du lac de Lugano, avec un panorama splendide. L’air est pur, le ciel est en général très clair et la température agréable. Voici, d’après Ferri, les températures mensuelles moyennes (4 années d’observations) ; mai 9.8, juin 13.5, juillet 16.3, août 15.8, septembre 12.5, octobre 6.7. Le Monte Generoso a une flore intéressante pour le botaniste. C’est un séjour d'été agréable, vu la proximité des bois et le renouvellement incessant de l’air par les courants ascendants et descendants entre

plaine et montagne. ...

Stabio, 369 m. (T.). Eau sulfureuse. Saison ; juin a sep-

Itinéraire. — Station de Mendrisio du chemin de fer du St-Gothard , de là, voiture postaie (40 min., 80 c.). . , j lo

Stabio est un village situé au sud-est de Mendrisio, dans la plaine qui s’étend à l’ouest des dernières pentes du Monte Generoso. Les environs sont très agréables et présentent une grande variété de promenades, notamment sur des collines, tant à l’est qu’au sud. L’air de Stabio est sain, son ciel pur, son climat tempéré (mais chaud en été), son sol bien cultivé. On V trouve plusieurs établissements de bains : Maderna (^o baignoires), Ginella (18 baignoires). Nota (14 baignoires), b>ociale (12 baignoires). La plupart des sources sont fort ancienn on en a découvert une en 1852. Leur eau froide (l ,.o ) est d composition identique. Analyse de Ferrario, pour un litre .

Sulfure de potassium .

Carbonate de chaux . .

Chlorure de sodium . .

Chlorure de magnésium Chlorure de calcium . .

Sulfate de soude ....

Sulfate de magnésie 0.154

Mat. extractives 0.055

Silice 0.035

Protoxyde de fer combiné à des matières organiques. . 0.020

• Total . . 1.147

Hydrogène sulfuré 38 cent, cubes.

Acide carbonique 18

Ce serait donc une eau très fortement sulfurée ; elle'contient aussi du sulfate de chaux, dont la quantité n’est pas indiquée. On boit l’eau de bonne heure à la source, à jeun, par verrées, pure ou additionnée d’eau, de lait, d’infusions diverses. Les bains durent 1 à 2 h. Il se produit parfois un embarras gastrique que l’on traite par la suspension de la boisson de l’eau et par les pm-gatifs. Indications : Affections de la peau, rhumatisme, scrofule, cystite chronique, ulcères de jambe.

Dans l’établissement Ginella se trouve, à 2.50 m. environ de profondeur, une source ferrugineuse froide, 12®. Voici sa composition, pour un litre : sulfates de potasse 1 mgr., de soude 110, chlorure de sodium 90, carbonates de soude 30, de chaux 210, de magnésie 90, de fer 9, silice 4. Total 544 mgr. Acide carbonique libre ou mi-combiné 2.212 gr. Cette eau faiblement ferrugineuse est agréable au goût et utile dans \anemie et la faiblesse générale. Elle est bien supportée par l’estomac ; à forte dose, elle est légèrement purgative.

APPKNDICE

Diïonne, Thonon, Evian.

Divonne-les-Bains, 475 m. (T.) Etablissement hydrothérapique. Owvevi toute l’année.

Itinéraire. — Station de Cuppcl de la ligne Genève-Lausanne {de là, en été omnibus de rétablissement, 35 min.) ou de iVÿon (de là, voiture postale 1 h., 1 fr. 30). Ces localités sont aussi desservies par les bateau.x à vapeur du iac Léman. „ . , , . , . ^ \ x n

Divonne est un village français (departement de 1 Ain), a 2 km. environ de la frontière suisse et au sud-ouest de Nyon, auquel il est relié par une belle route (10 km.). Il est placé dans une plaine, sorte de premier gradin entre le lac et le Jura. L’établissement est entouré d’un vaste parc orné des plus beaux arbres. Fondé en 1848 par le D'' Vidart père et entièrement remis à neuf et agrandi en 1884, il compte parmi les meilleurs établissements de la région. Il offre toutes les ressources de l’hydrothérapie moderne. Bouches et bains de tout genre, bains locaux, étuves, piscines froides, alimentées par une eau incessamment renouvelée, piscine à eau tempéree. Enveloppements, maillots. Bains de vapeur, russes, etc. Bains électriques. Electricité; massage, gymnastique suédoise.

Au sud-ouest de Divonne s’élève une petite montagne, le mont Mussy, dont les flancs boisés offrent de nombreux sentiers et une belle vue sur le lac. Nombreuses promenades dans toutes les directions. Le climat est celui que nous avons décrit à proiios de la région voisine du lac Léman (voir introduction au chap. I®'). I^a température moyenne, de mai à octobre, est de 18 à 14®, les maxiina en juillet atteignent '28 à 30®. Le voisinage du Jura donne toujours de la fraicheui aux inatinées et aux soirées. La chaleur est tempérée aussi par les arbres et par le voisinage du torrent. , „

On utilise pour les douches l’eau de la Divonne, cours d sau qui sort de terre à peu de distance, et celle de 4 sources jaillissant dans le parc même de l’établissement, et donnant ensemble environ 85 m. cubes par minute. L’eau est très “’aiche, b.u à 7® en toute saison, et d’une grande pureté (environ 29 cgr. de substances solides au litre). On l’emploie aussi en boisson dans la qravelle urique, et comme adjuvant du traitement n>aiothérapique pour les goutteux, les arthritiques et certains dys-

^^Pour^les indications et contre-indications de l’hydrothérapie, voir la 11® section de l’introduction et les notices consacrées aux établissements qui y sont énuniéiés.

— as7 —

HinuoGRAPHiE. — Vidarl, D.-les-Hains, 1888. Boltey, l’Iiydrotti. à D. 1890.

Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), 430 m. (T.) Eau bicarbonatée calcique. Saison : 1er juin au 30 septembre.

iTtNÉHAiBE. — Station du chemin de fer et des bateaux A vapeur du lac Léman. Clicmin de fer funiculaire entre le déljarcadère des bateaux et la ville.

Thonon, sous-préfecture du département de la Haute-Savoie, est une ville de plus de 5000 habitants, située sur un plateau élevé de 60 m. environ au-dessus du lac Léman. La ville est placée au fond d’un golfe qui se creuse à l’ouest du large promontoire de la Üranse, l’aftluent le plus important du lac après le Rhône. Thonon a une belle position et une vue étendue sur le lac (qui a ici, entre cette ville et Rolle, 13.5 km. de largeur); autour de la ville, on peut faire de nombreuses promenades.

Les eaux minérales proviennent des 3 sources de la Versoie, qui se trouve à 2 km. au-dessus de Thonon, au jhed d’une colline. L’eau a été soigneusement captée et amenée à Thonon même. Analyse (O. Henry), pour un litre : bicarbonate de chaux 296 mgr., de magnésie 120, de soude 30, de potasse, traces, chlorure alcalin 10, sulfates de soude et de chaux 22, phosphate terreux 16, silice, alumine, sesquioxyde de fer, manganèse 54, matières m'ganiques de l’humus, matière un peu résineuse, traces, total 580 Acide carbonique libre, 16 cent, cubes. G est donc une eau faiblement minéralisée, principalement par le bicarbonate de chaux (30 cgr.). Les substances organiques et résineuses sont empruntées par les eaux soit à des marécages dont elles proviennent, avant de filtrer à travers la colline des Alhnges, soit à des substances résineuses fossiles (ambre) que le grès de cette colline contient.

Indications. Goutte, gravelle, affections catairnhales du sysxemQ urinaire, 'utérin, intestinal, biliaire (voir E'oian). — Ltabhssement de bains nouvellement construit; bains, appareils hydrothérapiques de tout genre.

de Ta vme ferrugineuse à la Marclaz, à 3 km. à l’ouest

EVIAN-LES-BAINS (Haute-Savoie), 377 m. (T.) Eau bicarbonatée calcique et sodique faible. Saison : 1er mai au 15 octobre.

bateau.x'A'4''|)eur Bellegarde-Bouveret et des

Evian, petite ville de ;35Ô0 habitants environ, sur la rive mé-

Evian). Sa position est charbîfrïf chainiiêtres et verts, sont des plus agréa-

beaux châtaigniers. La vue est bien différente Hblpin côte suisse; d’une part, les lignes du

G^n’S hÎ,« ] ® lumière n’est plus la même,

réflérvfil c li 1 d’Ouchy ou de Montreux,

Tti m if ®t/^^isuant narfois par son scintillement. A

a'^ù?él’rlMlop f ferrière je speclateur éclaire la surface

fer In r ve sans que la réllexion de ses rayons vienne réchauffer la me. Un beau quai, planté d’arbres, et des avenues

au bord du lac invitent à la promenade et au far niente. De nombreux bateaux à vapeur, sillonnant le plus beau de tous les lacs, transportent sans fatigue le voyageur dans toutes les directions. La ville d’Evian est bâtie tout dubord sur une surface plane voisine du lac, puis sur des pentes escarpées; la gare se trouve au-dessus de la ville.

La réputation des eaux d’Evian date de la ün du siècle dernier; on a bâti le premier établissement de bains en 182L Depuis quelques années, Evian, relié au réseau du P.-L.-M., est de plus en plus fréquenté, et devient une station balnéaire recherchée aussi bien qu’un séjour d’été du high life. Voici le résumé d’une note obligeamment écrite pour ce Manuel par le

Dr Dumur, d’Evian.

Climat. Il est moins chaud en été que celui de la cote suisse, l’exposition au nord, le voisinage du lac, les brises du lac ou morget, la bise, la végétation et les cours d’eau des environs, tout concourt à rafraîchir la température. Il n’y a pas de i*efroidissement brusque le soir, pas de rosée. Pour la pluie, le légirne des vents, voir l’introduction au chapitre Ier, Région dw hic Léman. Il faut noter cependant que si Evian est exposé a la bise (ou vent du nord-est), il est à l’abri du vent du sud-ouest et de la vaudaire ou fœhn ; c’est dire que l’air y est plus calme que sur la rive opposée. En hiver, le climat est plus doux que

celui de la rive suisse, la bise étant moins froide.

Sources. Evian possède plusieurs sources froides qui jaillissent dans la ville non loin du lac, au pied d’une moraine glaciaire, sources Cachai, Vignier, Bonnevie, Montmasson, etc. Six d’entre elles ont ensemble un débit de 2 lO litres a, la minute. Leur température varie, suivant la source, de 9o a n.8<>. L’eau est limpide, inodore, fraîche et d’une saveur agréable. Elles ont une composition qu’on peut qualiher d identique, tant leurs différences sont minimes; aussi donnons-nous seulement l’analyse d’une seule d’entre elles, la source Cacluit, qui peut être prise comme type (analyse de Brun, pour un litie) .

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