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LA VILLE DE BERNE VUE DU BELVEDERE DU SCH/ENZLI

BERNE

PHYSIONOMIE GENERALE. — ■ LA BOUCLE DE L AAR. LES PONTS. LES OURS. — LA VIEILLE VILLE. — LES FONTAINES. LA TOUR DE l'hORLOGE. — LA CATHÉDRALE. — LES MARCHÉS. — LE PALAIS FÉDÉRAL. LE GOUVERNEMENT ET LA CONSTITUTION. — LA TERRASSE DE l'aAR. LES BUREAUX INTERNATIONAUX. — LES QUARTIERS EXTÉRIEURS. LE SCH.'ENZLI. — LES MUSÉES. — LE PERCEMENT DU LŒTSCHBERG. — LA FORMA- TION DU CANTON. — LA BANLIEUE ET LE MITTELLAND. LE GURTEN. GURNIGEL. — LE CHALET BERNOIS.

Physionomie générale. — L étranger qui, à la descente de 1 express, pénètre pour la première fois dans la capitale de la Confédération, choisie pour première étape de son voyage, esl bientôt séduit par l'aspect pittoresque de la vieille ville, par la physionomie complexe, à la fois antique et très moderne, de la cité.

Berne est une des villes les plus caractéristiques de la Suisse : elle est par excellence la ville des traditions, gardienne des gloires communes et du pacte fédéral, la vivante évocation du passé, dont les ruines et les pierres elles-mêmes ont un langage et une histoire. Dans un pays qui est entré si résolument dans la voie du progrès et des translormalions sociales, nulle part la rénovation moderne n'a été moins brutale, n'a eu moins de pri.sc sur l'antiquité. On s'est contenté de transformer en promenades paci(î()ues les vieux remparts qui dominaient l'Aar, mais on a laissé intact le coeur de la cité, dont les rues moyenâgeuses, pavées à 1 ancienne mode et arrosées de ruisseaux d'eau courante, restent ornées de leurs fontaines historiques, surmontées de lans-

quenets et de reitres, entre les rangées irrégulières de maisons à arcades que coifïent les toits plats en saillie, tirés très avant sur leur front.

Mais Berne ne s'est pas cristallisée dans une contemplation stérile du passé. Le sang d'un peuple actif et vigoureux circule dans ses vieilles artères, toujours jeunes, tandis que de vastes quartiers neufs, pourvus de toutes les commodités modernes^ ont essaimé sur les deux rives du fleuve. Le commerce et 1 industrie sont prospères. Berne est un entrepôt très important des produits agricoles de tout le canton, si riche par la culture, la fromagerie, 1 élevage. Les forces hydrauliques dont elle dispose ont permis de créer de nombreuses usines. Par sa position géographique, elle est le centre du transit entre les grandes métropoles de la Suisse allemande, Bâle et Zurich, et de la Suisse française, Genève et Lausanne, tandis que le percement du Lœlschberg va la placer sur une grande ligne internationale.

Allemande par sa langue, mais chef-lieu d un canton mixte, Berne est neutre par le rôle que lui assigne la Constitution et que .symbolise la présence du Palais fédéral : c est la ville de la Suisse allemande où l'on parle le plus le français. Centre de la vie politi(|uc et nationale de la Sui.s.sc. elle avait été, jusqu à ces dernières années, a.ssez peu touchée par le tourisme, comme si les étrangers avaient craint de .se sentir dépaysés dans le foyer du patriotisme helvétique. Presque à leiitrce de l'Oberlaiid bernois, qui attire

BL-RNE

LE PONT DU KinCHENFELD ET LE MUSEE HISTORIQUE.

chaque année une foule considérable de touristes, Berne ne pouvait cependant manquer, à la longue, de piquer la curiosité de beaucoup d'entre eux : ceux qui l'ont vue y retournent, et le nombre des étrangers qui la visitent est aujourd'hui fort élevé; on l'évalue à 160 000 par an.

Quoique capitale de la Confédération. Berne n'est pas la ville la plus peuplée de la Suisse : elle est distancée par Zurich, Baie et Genève. Mais sa population s'accroît rapidement et a presque triplé en l'espace d un demi-siècle : de 30 000 âmes en 1860, elle s est élevée à 85 000 en 1910. Ces simples chiffres attestent sa prospérité.

Pour se rende compte de la situation de Berne, il faut aller sur la rive droite du fleuve, de préférence au belvédère du Schaenzli. La vieille ville a été construite sur le plateau d'une presqu île facile à fortifier et à défendre, protégé qu il était de trois côtés par la boucle du fleuve ; seul 1 ouest était ouvert, mais de solides remparts avaient été élevés de ce côté. La ville moderne s'est étendue à 1 occident et a débordé également sur la rive droite de l'Aar.

La boucle de l'Aar.

Les ponts. Les ours et leur symbole. — Suivons la boucle de l'Aar, qui entaille profondément le plateau verdoyant et boisé sur lequel s étale la capitale de la Suisse, coupée de nombreux parcs et jardins. Des bords du fleuve aux eaux vertes, la vieille ville apparaît très pittoresque avec sa silhouette dentelée de toits et de clochers, qui se découpe sur le ciel.

Six ponts franchissent

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