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LA BATAILLE DE SEMPACH

iuisse. par DIÉBOLD-SCHILLINC. en 1487-1507. (Bibl. municip. de Lucerne.) Communiqué par M. Heineman, bibliothécaire.

VUE DE GENÈVE AVEC LE RHONE. LIEE JEAN-JACQUES ROUSSEAU ET LE MONT SALÈVE.

Charles \ II à Frédéric III, les Suisses, d abord battus à Saint- Jacques mais ménagés par 1 habileté du futur Louis XI, purent conclure une paix honorable. Aidés par les Alsaciens et les Lorrains, ils ne tardaient pas à infliger à Charles le Téméraire les sanglantes défaites de Grandson, de Morat et de Nancy (1477), où le duc de Bourgogne trouva la mort. Quelques années plus tard, l'empereur Maximilien, vaincu à son tour, dut renoncer à S2S prétentions par le traité de Bâie (1-199). Appelés par Ludovic Sforza, les Suisses descendirent en Italie, conquirent la Lombardie, battirent les Français à Novare. puis, vaincus à leur tour à Marignan (1515). conclurent avec François 1"' la Paix perpétuelle. Depuis le W siècle, les Suisses, très recherchés pour leur bravoure et leurs qualités guerrières, se mirent comme mercenaires à la solde des puissances étrangères : on sait que le roi de France eut des troupes suisses à son ser\ice jusqu en 1 792.

La Confédération helvétique se montra très sage dans ses succès et voulut à peine profiter de ses

victoires. Après la déroute de Charles

le Téméraire, elle refusa les offres de la Franche-Comté qui voulait entrer dans la République, de même quelle ne chercha point à s installer en Lombardie. Elle s'adjoignit seulement cinq nouveaux cantons — Fribourg et Soleure en 1481, puis BâIe , Schaffhouse et Appenzell (1501-1513) — qui portèrent le nombre total à treize, — et annexèrent quelques territoires limitrophes.

La physionomie de la Suisse ancienne, telle qu elle restera jusqu à la Révolution française, est désormais fixée définitivement. Les treize cantons primitifs ont leurs (( pays sujets )) qui ne jouissent d'aucuns droits politiques, mais sont administrés avec justice et équité : l'Argovie, la Thurgovie, cédés par l'empereur, le Tessin donné à la suite de la « Paix perpétuelle », le pays de Vaud conquis en 1536 par les Bernois sur le duc de Savoie. A côté sont les alliés : le Valais, où les patriotes appellent les Suisses contre la maison de Savoie, les villes de Genève, Neuchâtel, Sienne,

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Mulhouse, 1 évêché de BâIe, l'abbaye de Saint-Gall, les ligues grises qui avaient aussi leur pays sujet : la \ alteline.

La Confédération traversa ensuite plusieurs crises dont la première et la plus grave fut celle de la Réforme. La Réforme fut prêchée à Genève par Calvin et dans les cantons par Zwingli. Ce fut le signal d une guerre civile, les quatre cantons primitifs étant restés fidèles au catholicisme, tandis que Zurich, Berne. BâIe et Glaris embrassaient le protestantisme ; Appenzell se scinda. La paix fut enfin conclue, chaque canton restant libre de pratiquer la religion qu'il lui plairait.

La Suisse put traverser sans mutilation la guerre de Trente Ans, dont elle n eut pas trop à souffrir : le traité de \X estphalie fut le premier congrès européen qui proclama I indépendance de la Confédération helvétique. Ilnya plus, jusqu à la Révolution française, qu'une guerre civile à signaler, celle de Toggenburg, au commencement du XVIll' siècle, qui se termina par la victoire des cantons protestants.

Les cantons suisses formaient alors de petites républiques à constitution aristocratique ; tous les sujets n avaient point partout le droit de vote.

L influence de certaines familles était par endroits prépondérante.

Chaque canton avait sa religion d'Ëtat, qui était, en principe, la religion exclusive du pays. Aussi les principes et les événements de la Révolution française devaient -ils avoir une profonde répercussion chez nos voisins.

L inter\ention de la France se produisit en 1 798, à la suite de l'insurrection du pays de \ aud contre les Bernois. Partout les partisans de la démocratie prirent les armes, tandis que les pays sujets se révoltaient. Le Directoire envoya une armée qui s'empara de Berne, et déclara l'ancienne Confédération dissoute, pour la reconstituer sur de nouvelles bases : sous le nom d Helvétie. la Suisse devenait une république démocratique et centralisée, partagée en dix-huit cantons, de superficie à peu près égale, semblables aux départements français. Genève,

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LA SUISSE A VOL D'OISEAU

Neuchâtel, l'évêché de Bâle et Mulhouse étaient annexés à la France. Les deux républiques étaient alliées. L'annéesuivante, l'armée française de Masséna défendit victorieusement la Suisse contre les attaques combinées des Autrichiens et de Souvarov.

La réiorme de I 798 avait été trop radicale : les anciens cantons correspondaient à des nécessités historiques et sociales. Bonaparte les rétablit en 1803, ainsi que l'organisation fédérale, par 1 Acte de médiation. Mais ce boulever- S2ment avait eu pour effet de supprimer pour toujours la différence entre les cantons primitifs, les alliés et les pays sujets. Six nouveaux cantons furent ajoutés et admis sur pied d'égalité : les Grisons, Saint-Gall, l'Argovie, la Thurgovie, Vaud et le Tessin. En 1815, trois autres cantons furent créés, ceux de Neuchâtel, de Genève et du Valais, tandis que le canton de Berne s agrandissait du territoire de l'ancien évêché de Bâle (Jura bernois). Une nouvelle constitution, le Pacte fédéral, fut promulguée en 1815.

A l'exception de la Valteline et de Mulhouse qui en ont été disjointes, la Suisse de 1815 a donc la même superficie que celle de 1789. Mais la différence politique et sociale est considérable. A 1 hégémonie des cantons allemands et au lien très lâche entre les pays alliés a succédé un système fédéral plus homogène et plus juste. L admission des cantons romands a transformé 1 ancienne nation purement germanique en une nouvelle Suisse trihngue, carrefour des prmcipales langues et races de 1 Europe centrale.

Mais le parti démocratique n avait généralement pas triomphé. Il reprit l'offensive après la révolution française de 1830, qui fut le signal de nouvelles agitations et discordes intestines: c est de cette époque que date la scission du canton de Bâle en Bâle-ville et Bâle-campagne. Une guerre religieuse se greffa sur les rivalités politiques : à la suite de l'expulsion des ordres religieux votée par la majorité protestante et radicale, sept cantons catholiques (les Quatre-Cantons, Zug, Fribourg et le Valais) formèrent l'union du Sonderbund (1846) et déclarèrent se séparer de la Confédération : mais la nouvelle ligue fut dissoute par l'armée fédérale du général Dufour, qui triompha presque sans effusion de sang. Le parti vainqueur eut la sagesse de ne pas abuser de sa victoire : la nouvelle constitution de \B4& qui proclamait l'égalité de tous devant la loi, 1 admission de tous les citoyens aux emplois publics et 1 abolition définitive des droits seigneuriaux, était une œuvre d'apaisement et de concorde.

Depuis cette époque la Confédération n'a plus connu de discordes intestines, à part les troubles du Tessinde 1891, vite arrêtés par la sage médiation du Conseil fédéral.

Le peuple suisse a pu poursuivre en toute sécurité et confiance son œuvre laborieuse et pacifique, après

11, Wcl.rli.

LE MATTERHORN OU MONT CERVIN (4 505 M.) VU DE LA IIAUTZ VALLÉE DE LA VIÈCE.

une longue période de formation assez agitée. Il recueille aujourd hui les fruitsde son expérience. Ses qualités de tolérance, d ordre, de discipline, de libéralisme, il ne les doit pas à un don inné de la nature, il les a acquises lentement au cours des siècles, en mettant à profit les leçons des guerres extérieures et civiles. En dépit de heurts parfois un peu brusques, les différentes populations de la Suisse ont appris à se connaître et à s'estimer réciproquement; elles ont compris qu elles avaient besoin les unes des autres, et les discordes intérieures, une fois réglées et apaisées, sans laisser m vainqueur ni vaincu, n ont servi, somme toute, qu à former sur des bases solides l'unité morale du pays et à fortifier le patriotisme commun. La dernière Constitution, celle de 1874, a resserré le lien fédéral, qui avait été relâché auparavant par réaction contre la centralisation excessive tentée par le Directoire. Depuis lors, la Suisse s est engagée de plus en plus dans la voie démocratique, et s est toujours efforcée d'entretenir de bons rapports avec ses voisins. En particulier, les relations entre la France et la Suisse, rapprochées par tant d'af-^inités communes, de sympathies et d'intérêts, sont

excellentes, et il est à souhaiter qu'elles se resserrent de plus en plus. Faut-il rappeler l'accueil inoubliable que reçut en 1870 chez nos voisins I armée en déroute de Bourbaki, harcelée par les Allemands et décimée par le froid ?

La Suisse s est mise à la tête des grandes œuvres de solidarité internationale.

C'est elle qui prit l'initiative de la Convention de la Croix-Rouge, assurant la protection des blessés pendant les guerres, et qui provoqua la création des Unions internationales : postes, chemins de fer, propriété littéraire et artistique. L ancienne république guerrière est devenue aujourd hui le trait d'union de l'Europe, ainsi que le rendez-vous des touristes et alpinistes du monde entier.

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