LE DOUBS DANS LA BOUCLE SUISSE
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et stalagmites souvent rejointes. On leur a donné des noms suggestifs : les Grandes Quilles, la Robe de bal (qui semble tomber de la voûte en plis naturels rappelant ceux d une étoffe). L'entrée, une fissure étroite, a été jadis élargie pour permettre la visite. Les eaux de suintement de la caverne se déversent dans un petit lac.
Delémont. L'immigration allemande. Laufen. — Revenons à Saint-L'rsanne pour reprendre en sens inverse la ligne de Bellort à Bâie qui, après un long tunnel, débouche à Glovelier, dans la vallée de la Sorne, près d un défilé pittoresque dénommé galerie des PIchoux. Région vallonnée et boisée qui rappelle le versant lorrain des Vosges. A Delémont, la Sorne se jette dans la Birse. affluent du Rhin, qui poursuit sa route vers BâIe le long de la voie ferrée ; là s'embranche la ligne de Bienne, qui met le nord du canton en relations avec Berne. Delémont, comme Porrentruy. a un ancien château des évêquesde BâIe. dont la ville était un des sièges temporaires : il date du XVIir siècle. Très industrielle, avec des faubourgs modernes, elle a pris une grande extension depuis qu elle est desservie par le chemin de fer de Belfort à Bâle qui, avant 1870. passait seulement par Mulhouse. On exploite notamment le minerai de fer en grains. Il y a une colonie importante d'ouvriers de langue allemande.
L immigration allemande dans le Jura bernois est un fait assez récent et d une certaine portée sociale. Lorsque Berne annexa, voici près d un siècle, la région du Jura comprise entre les cantons de Neuchâtel, de Soleure et de Bâle, cette contrée, à l'exception de quelques localités au sud et à lest, était purement romande, et
on n'y parlait que le français. Longtemps le Jura bernois a vécu à l'écart du reste du canton. Mais à la suite du tracé de nombreuses voies de pénétration, un double phénomène s est produit : beaucoup d'indigènes, habitant un pays pauvre et de faible rapport, ont émigré en France, où on parle leur langue, tandis qu'ils ont été remplacés par de nombreux ouvriers industriels et travailleurs ruraux attirés de la Suisse allemande par l'élévation des salaires (due surtout au manque de bras). Les premiers immigrés se sont assimilés assez rapidement, mais aujourd'hui il se forme des colonies allemandes, notamment à Delémont, Saint-lmier. etc., — qui conservent leur langue et qui réclament des écoles primaires spéciales pour leurs enfants.
Au-dessous de Delémont. la vallée se resserre dans des défilés rocheux et boisés, où se cramponnent çà et là d imposantes ruines féodales, les châteaux de Soyhières et de Vorbourg, sur la limite du français et de l'allemand. Au sud. la hauteur du Fringuelet (Fringeli) est célèbre parmi les géologues par la grande quantité de fossiles qu'elle recèle dans ses flancs. Peu à peu les montagnes s abaissent: la vallée, toujours boisée, devient moins étroite.
Voici la petite ville de Laufen. d'où l'on va visiter le vieux château de Thierstein, campé sur un rocher à pic à I entrée d une étroite vallée : la section bâioise du Club alpin suisse l'a acquis récemment. Une énorme tour a été incendiée par 1 armée française en I 798 : tout l'intérieur a été détruit, et il ne reste que l'extrémité des poutres qui sortent des trous de murailles; mais le feu n'a rien pu contre la solidité des énormes murs. De la terrasse, le coup d œil est pittoresque sur les vallonnements, coupés de bois,