CHATEAU DE THIERSTEIN
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de la campagne environnante; il est beaucoup plus étendu du sommet des Hohe Winde où. au centre du Jura septentrional. Ion peut apercevoir à la fois les Vosges, la Forêt Noire, et la crête lointaine des Alpes par delà les perspectives onduleuses et fuyantes du plateau suisse.
La cluse de Moutier. Saint-Imier et la vallée de la Suze. — Au-delà de Laufen. la Birse quitte le Jura pour entrer dans la campagne bâloise. — toujours longée par la voie de Belfort à Bâle. Revenons à Delémont, pour suivre 1 autre ligne, celle de Sienne, qui remonte la Birse presque jusqu à sa source. Audessus de Delémont. la rivière a tranché transversalement une épaisse chaîne montagneuse par une des failles les plus sauvages de tout le Jura : c'est la cluse de Moutier ou gorge des Roches.
La voie ferrée se faufile, le long des pentes rocheuses, par de longs tunnels qui empêchent de jouir des plus beaux aspects du parcours. 11 faut suivre, à pied ou en voiture, la route, épousant toutes les sinuosités de la Birse qui s'est frayée un passage profondément entaillé, h Où la résistance que les rochers ont opposée à la fureur des flots a été la plus forte. — observe un écrivain local — des parois de roc se dressent à une hauteur vertigineuse; les couches verticales qui ont bravé lesefîorts de 1 eau ont un mètre à peine d'épaisseur et dépassent le sol; on dirait de gigantesques tableaux d'ardoise, brisés par des géants et plantés par eux. pour s'amuser, dans ces débris rocailleux. » A 1 entrée, le village de Choindez possède le seul haut fourneau qui existe en Suisse. Les gorges de Court prolongent celles des Roches, au delà du cirque verdoyant dans lequel s'étale le gros bourg de Moutier.
Moutier. localité industrielle, est appelée à devenir un centre
de transit important grâce au percement de plusieurs voies ferrées. Là s'embranche, depuis un certain temps, une ligne directe pour Soleure qui passe en tunnel sous 1 épais massif du \X eissenslein. Bien plus importante est la percée exécutée depuis la guerre, le Moutier-Granges. qui a été effectuée à la suite de la convention de Berne de 1909 : cet accord décida, en etïet. avec 1 amélioration de la ligne du Simplon. la rectification de la voie ferrée de Belforl à Berne, jusque-là si incommode par suite d un tracé capricieux à travers les vallées du Jura. Désormais, par un long tunnel sous le Graitery. au départ de .Moutier. la nouvelle ligne évite les longs lacets de Sonceboz et Bienne. en attendant que par Biiren elle s'oriente directement sur Berne. La ligne de Belfort à Berne, qui fut longtemps desservie, dans la traversée du Jura, par des trains lents, très espacés, et de vieilles locomotives poussives, deviendra une grande voie internationale, sillonnée de rapides et de nombreux convois de marchandises.
De Moutier à Bienne, le chemin de fer — curieux anachronisme — suit presque exactement le tracé d'une ancienne voie romaine. Il quitte la Birse près de Tavannes. et coupe par une galerie souterraine une longue ride montagneuse, pour atteindre la vallée de la Suze, tandis que la route, au-dessus, franchit le défilé escarpé du col sous une curieuse porte de rochers naturelle, la Pierre- Pertuis, agrandie par les Romains lors de 1 établissement de la première voie dallée. La porte avait été fortifiée, et une inscription de l'époque impériale atteste les travaux effectués.
Dans un cadre de prairies qu'entourent des ballons tapissés de sapinières, le village de Sonceboz commande une nouvelle bifurcation. Tandis que la ligne de Bienne descend la Suze jusqu à son embouchure dans le lac, celle de La Chaux-de- Fonds remonte
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JURA ET NEUCHATEL