LES PENTES DU CHASSERAL EN HIVER
cette rivière pour desservir la petite ville de Saint-Imier, paresseusement allongée sous les futaies ombreuses des pentes voisines. Saint-Imier est un centre très important de la fabrication horlogère. Un funiculaire qui coupe d'une traînée blanche les sombres hêtraies. grimpe au mont Soleil, la plus haute station d'étrangers du Jura (1 290 mètres), oij, à proximité de belles forêts, ont été aménagés de vastes terrains pour jeux et exercices sportifs d'été et d'hiver. En face, au sud de Saint-Imier, se dresse la puissante masse du Chasserai, — le point culminant du Jura septentrional,
— aux pentes coupées de bois et de pâturages. Du sommet, le panorama est très dégagé : par les temps bien clairs on aperçoit d'un côté la forêt Noire, de l'autre le mont Blanc, et en face les cimes neigeuses de la Suisse centrale.
La descente de la Suze est fort accidentée en aval de Sonceboz. Ce sont d'abord les gorges rocheuses et sauvages de Reuchenette, avec les ruines de Rondchâtel, non loin de la vallée latérale d Or\'in dominée par une tour romaine; puis la gorge farouche du Taubenloch, où mugissent les cascades, où les eaux bruyantes plongent dans des trous de rochers pour ressortir au soleil en gerbes étincelantes d'écume : en hiver, les chutes ont un aspect fantastique avec la neige et les pendentifs de glace. Plus on descend vers le sud, plus la faille s'étrangle et se creuse, tandis que des bouquets de verdure se balancent sur les parois.
Au débouché de la gorge, les montagnes s'ouvrent brusquement : les derniers contreforts du Jura tombent dans la plaine, qui fuit à perte de vue jusqu'aux lointains sommets des Alpes, tandis qu'à droite miroite la claire nappe du lac de Bienne, près de la ville active qui lui a donné son nom. Avec le Taubenloch
— comme le nom 1 indique — nous sommes rentrés en pays de langue allemande : tout le versant méridional du Jura bernois a été en effet germanisé, à l'exception de la partie occidentale.