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NEF ET ORGUES DE LA CATHEDRALE

Jean, qui fut fondée en 1259 par les hospitaliers de Saint-Jean.

Monuments et souvenirs historiques. Le père Girard. — Beaucoup de monuments attestent 1 antiquité de Fribourg et le rôle joué par la ville et le canton dans l'histoire helvétique.

Au nord , subsistent encore quelques fragments importants des vieux remparts, sur les crêtes rocheuses qui dominent la Sarine et du côté de la voie ferrée.

C est surtout la Renaissance qui a laissé ses traces. Fribourg continue la série, si riche dans la Suisse occidentale, des belles fontaines monumentales de cette époque : fontaines de Saint-Pierre, de Saint- Georges et de Samson dans la ville haute, de Saint-Jean dans la ville basse. L'Hôtel cantonal date également du XVI" siècle : sa façade, avec deux bas-reliefs d'Iguel et un escalier couvert, a de 1 élégance et du cachet; la tour octogonale, construite en style gothique, est un peu plus récente.

Sur la place s'élève un arbre vénérable, le tilleul de Morat, dont 1 énorme tronc creux mesure près de cinq mètres de circonférence, et dont les rameaux, en partie brisés, mais encore verdoyants l'été, sont soutenus par des piliers. D'après la tradition, un jeune Fribourgeois, tenant à la bouche une branche de tilleul pour se rafraîchir l'haleine, aurait couru tout d'une traite, le soir de la bataille de Morat, dans sa hâte d'apprendre la victoire à ses compatriotes, et serait tombé expirant après avoir annoncé la nouvelle; la branche, plantée à l'endroit où il tomba, serait devenue l'arbre actuel. Les historiens ont contesté la véracité de cette belle légende, qui semble inspirée par celle du soldat de Marathon.

Toujours est-il que l'âge du vieil arbre n'est certainement pas inférieur à quatre siècles.

Devant l'église Notre-Dame s élève la statue du père Girard, contemporain de Pestalozzi, et qui fut, avec lui, un des initiateurs du mouvement pédagogique en Suisse. Il n est pas sans intérêt de rappelerque l'instruction primaire, avant le XVI II" siècle, n était guère organisée que dans les villes. Elle se développa ensuite dans les cantons de Bâle et de Zurich, où une loi la réglementa pour la première fois en 1719. Au lendemain de la Révolution française, le mouvement fut général. En 1 808 se fondait la Société suisse d éducation, deux ans plus tard la Société suisse d'utilité publique, qui poursuivait un but analogue. Des deux principaux promoteurs de ce mouvement, I un était protestant, l'autre catholique.

Le père Girard eut des controverses célèbres avec Pestalozzi.

qui voulait baser lenseignement sur le seul raisonnement : il lui

démontra qu'il fallait faire aussi entrer en ligne de compte les vérités sensibles au cœur, suivant le mot de Pascal, et que l'instruction ne pouvait être séparée de l'éducation, surtout morale.

Les écoles organisées à Fribourg par le père Girard eurent un grand succès; on venait les visiter de tous les points de 1 Europe. Cependant, à la suite de polémiques, il dut se retirer à Lucerne. Il avait des idées très ingénieuses, et qui ont été reprises tout récemment, sur le parti qu'on peut tirer de l'enseignement de la langue maternelle, centre de toutes les autres disciplines : c est ce qu il appelait la (( méthode maternelle ». « Il se demanda si le mode d enseignement donné par la nature ne devait pas être suivi, et ildemeura convaincu que l'étude du langage, qui n'est autre que celle de la pensée même, pouvait devenir le plus complet instrument d'éducation, comme elle en était le premier. " (Villemain). L'Académie française lui décerna un prix extraordinaire de six mille francs.

Le musée de Fribourg est moins riche que celui d'autres villes suisses. Il renferme toutefois des objets fort intéressants, notamment la collection Marcello, pseudonyme artistique de la duchesse Adèle Colonna, qui la léguée à sa ville natale; on y remarque, à côté d œuvres sculpturales et picturales de la donatrice, des tableaux de I école romantique française (Delacroix, Regnault, Courbet, etc.), des tapisseries et meubles divers. La galerie archéologique abonde en antiquités lacustres, romaines et médiévales, avec des médailles, des armures, et les trophées de la bataille de Morat, où les bataillons fribourgeois contribuèrent à assurer la victoire.

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