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HOTEL CANTONAL ET PLACE

Sur les limites du français et de l'allemand. La question des langues en Suisse. —

Fribourg, nous 1 avons dit, est situé juste aux confins de l'allemand et du français, qui se partagent la ville comme le canton et la Suisse entière. C'est le moment d'examiner la situation respective de ces deux langues dans la Confédération.

L'Helvétie avait été entièrement latinisée par les Romains. A la suite des grandes invasions, elle fut occupée par trois groupes de Germains, aux forces numériques respectivement très inégales : les Francs, qui s'installèrent dans le Jura bernois et neuchâtelois, les Burgondes dans le pays de i^^^^i n^^^m Vaud et la Gruyère, et les É v^cSBi^^^^Bl^^^^l Alamans dans toute la T f^^^V'P^^P^^I^^^I ë'<'ri rhénane. Mais tandis que les deux premiers peu- ^^^^^^^ pies se romanisaient rapide-

♦ .^B^^^^l ment en fusionnant avec les

]^BV^^H populations gallo-romaines, '"U'^^^Pt^H^^I Alamans, au contraire,

t^^^^MBÉHiÉH^^H conservèrent non seulement leur langue originaire, mais germanisèrent peu à peu tout le nord et le centre de la Suisse.

M. Gauchat. le distingué professeur de l'université de Zurich, a reconstitué plusieurs poussées successives. La première, au V" siècle, rendit les Alamans maîtres de tout le territoire compris entre Constance, Bâle, Soleure, I Aar jusqu à Meiringen, les montagnes d'Uri, de Glaris et d Appenzell. La bataille de Tolbiac et la constitution des royaumes mérovingiens arrêtèrent leur expansion. Une seconde poussée eut lieu au Vlll" siècle lors de la décadence mérovingienne : les Alamans germanisèrent alors les contrées comprises entre Soleure et le Jura, le reste du Mittelland et de l'Oberland bernois (sauf la vallée du Gessenay), et à l'est, le sud du lac de Constance, une partie du canton de Saint-Gall et Appenzell. Arrêtée à nouveau par la fondation du royaume de Bourgogne transjurane (888), la germanisation reprend, après la dislocation de ce royaume, aux Xf et XIT siècles : à l'ouest, la maison de Zaehringen s installe dans le Seeland et à Fribourg, à l'est la germanisation se poursuit jusqu'à l'entrée des Grisons. (( La fin duXIlF siècle, avec l'établissement de la domination savoyarde dans la Suisse française, amène un retour de suprématie romande )i : mais au XV siècle « les guerres de Bourgogne, l'entrée de Fribourg dans la Confédération, la conquête du haut pays de Vaud par Berne, du Bas-Valais par les Hauts-Valaisans, le morcellement d une partie de l'ancien évêché de Bâle, renforcent le courant contraire » (1). A l'est, Uri achevait de se germaniser et la langue allemande pénétrait dans les Grisons.

Depuis le XVI'' siècle, la limite des deux langues n a pas varié beaucoup : on remarque seulement, à l'époque contemporaine, une pénétration allemande assez sensible dans les régions rurales du Jura bernois et du Seeland. Au contraire le français progresse dans tous les centres urbains : 1 exemple de

FRIBOURG

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