TILLEUL DE MORAT
(I) L. Gauchat, dans
phiquc Je la SuisiC (édile
e Dictionnah Neuchâld).
FRIBOURG
Fribourg — fondé jadis pour servir de boulevard à l'influence allemande et qui est aujourd'hui en grande majorité de langue française — est particulièrement caractéristique. D une manière générale, la culture française est très en faveur, et 1 industrie hôtelière contribue à développer l'influence de notre langue ; le français devient de plus en plus le langage du tourisme et de la table d'hôte. Dans le haut Valais, presque tous ' les commerçants des stations d'étrangers sont des Suisses français.
Nous avons noté chemin faisant la limite du français et de l'allemand. Rappelons qu elle coupe au nord le canton de Berne. — en laissant à la langue française presque tout le Jura bernois, — puis le canton de Fribourg, dont une partie, au nord et à l'est, parle allemand; quelle sépare le canton de Vaud de 1 Oberland bernois, et qu'elle divise le Valais en deux parties égales, entre Sierre et le val d'Anniviers à l'ouest Loèche et le val de Tourtemagne à 1 est.
L allemand a la majorité absolue en Suisse : il est parlé par deux millions trois cent mille personnes contre moins d'un million de Latins. Encore ces derniers sont-ils partagés en trois groupes ayant entre eux peu ou point de contact :
français, italien, romanche. Le groupe français, le plus important et le plus influent des trois, est massé dans les cantons de l'ouest où il compte sept cent trente mille confédérés.
De toutes les nations bilingues et trilingues, c'est la Suisse qui a su le mieux résoudre la question des langues (qui a pris tant d'importance à 1 heure actuelle), en sauvegardant là comme ailleurs les droits des minorités, dans la Confédération, dans le canton et dans la commune. L allemand, le français et l'italien sont concurremment les trois langues officielles de la Confédération ; les projets de lois importants sont en outre publiés en romanche. A 1 Assemblée fédérale, 1 emploi des trois langues est autorisé. Au Conseil fédéral, cinq membres sont allemands, deux français (ou italiens). L usage des trois langues est licite dans les rapports avec les autorités et dans les actes de procédure du Tribunal fédéral. L armée active comprenait naguère cinq divisions allemandes, deux françaises, une mixte : aujourd'hui trois divisions allemandes, une française, une française-allemande et une allemande-italienne : officiers et sous-officiers parlent à leurs hommes dans la langue de ceux-ci. Des règles analogues sont suivies dans les cantons mixtes : ainsi à Berne, deux conseillers d'£tat doivent être du Jura bernois. Chaque commune a pour langue officielle celle de la majorité : c est celle-ci qui est enseignée à lécole, prêchée par le curé ou le pasteur. Quand il existe une minorité assez nombreuse parlant une autre langue — comme l'élément français à Bienne, l'élément allemand à Fribourg et Sion — elle peut avoir ses écoles et