FRIBOURG : CATHEDRALE
églises spéciales. Aussi le professeur Suter, de Lucarne, a-t-il pu dire avec fierté : (( Notre pays n'est pas uni par la langue et la race. Mais le Welsche ( 1 ) vit en paix à côté de son frère allemand, et, en même temps que la langue allemande, les langues française, italienne et romanche peuvent résonner librement. Nous n avons pas de luttes de langues. Rendons-en grâces à Dieu. Rendons-en grâces aussi au patriotisme de notre peuple. En effet, celui-ci n'est point d'avis que la force d'un Etat soit accrue quand tout y est taillé sur le même patron. Il respecte lindividualité des petites unités. Il préfère à la centralisais fi(|ii tion raide un fédéra- •»*J,r lisme souple. Il veut qu un droit égal reste assuré à chaque race et à chaque langue.
Il sait qu'on travaille plus joyeusement au bien de l'ensemble quand on peut se mouvoir à sa guise dans sa propre maison. »
La banlieue de Fribourg. Vallée de la Singine.
— Il y a beaucoup de curiosités à visiter dans la banlieue de Fribourg, trop négligée par les guides et peu connue des étrangers. En amont et en aval, la vallée de la Sarine, que franchit la voie ferrée de Berne sur le viaduc de Granfey, serpente entre des hauteurs tour à tour rocheuses et boisées, fertiles en aspects pittoresques. Sur la rive droite, en face de la ville, se creuse la belle gorge du Gotteron ; sur la hauteur voisine s'échelonnent Bourguillon avec sa vieille porte, une tour isolée et la chapelle de Lorette. En contrebas le couvent de Maigrange possède une belle église du XIII° siècle : de là on se rend au bois et à la scierie de Pérolles en longeant les escarpements accidentés de la Sarine.
Le monument le plus intéressant de la banlieue fribourgeoise est l'ancienne abbaye d'Hauterive, fondée au Xll" siècle par l'ordre cistercien, et transformée aujourd'hui en école normale. Les vitraux ont été transférés à la cathédrale de Fribourg, mais l'édifice a gardé ses stalles sculptées médiévales. Le cloître est bien conservé et plusieurs chapelles sont curieuses, surtout celle de Saint-Nicolas. L'est et le nord du canton de Fribourg — près du tiers du canton — sont de langue allemande. La première région, limitrophe du canton de Berne, est catholique : elle s'étend autour des sources et sur la rive gauche de la Singine (Sensé en allemand). C est une contrée agricole, sans localité importante. Un des bras de la Singine sort du lac Domena (ou lac Noir), dans un joli cadre montagneux, à mille mètres d'altitude ; l'autre bras, la Singine froide, prend sa source dans le canton de Berne, près des eaux sul-