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LA BATAILLE DE MORAT

miniature de la Chronique suisse, écrite par DIEBOLD-SCHILLINC. en I4S7-I507. (Bibl. municip. de Lucerne.)

Communiqué par M. Heinemann. bibliothécaire.

de fer électrique qui emploie le trolley dans les gares principales; sur tout le reste du parcours, le contact est obtenu par un patin qui frotte sur un rail conducteur placé à vingt centimètres au-dessus du sol. Morat est la métropole protestante du canton : la ville adopta la Réforme au XVl' siècle. Toute cette pointe septentrionale est de langue allemande.

Morat est une des vieilles cités les mieux conservées de la Suisse. C'est une véritable évocation médiévale surgie au milieu d'un décor moderne, lorsque du lac on voit apparaître la petite ville bordée de remparts, groupée sur la colline près de son château fort grisâtre et revêche, qui domine les quais blancs et les cottages à l'anglaise, tout neufs, à demi cachés derrière les arbres de la rive. Les murs d'enceinte, étayés de contreforts puissants, se dressent à une grande hauteur sur des escarpements naturels.

Le château, construit à la lin du .\lll' siècle par les ducs de Savoie, marqua 1 extrême limite, en Suisse, de la domination savoyarde qui se heurtait désormais aux Bernois, et qui ne se maintint pas longtemps dans la région. Morat, dont la position stratégique était importante et très forte, lut un enjeu disputé entre les deux puissances rivales et, un peu plus tard, par Charles le Téméraire : c'est près de ces murs que vint se briser la puissance du grand duc d Occident. Dans l'école voisine, un petit musée local

FRIBOURG

LA VILLE DE MORAT ET LE PORT. VUS DU LAt.

contient d'intéressantes antiquités lacustres retrouvées dans le lac de Morat. qui n'était pas moins riche à cet égard que ceux de Neuchâtel et de Bienne.

Mais la curiosité la plus caractéristique peut-être de Morat, celle qui donne à la petite ville un charme tout spécial, c'est sa grande rue, ce sont les lourdes maisons à arcades, campées solidement sur d'énormes piliers pattus, le long de la vieille voie moyenâgeuse, qui rajeunissent et égaient leurs vétustés façades sous une parure de verdure et de fleurs : géraniums, fuchsias, lauriers-roses, liserons arborescents s alignent en pots au rebord des fenêtres, enguirlandent les murs, se massent en plates-bandes touffues et luxuriantes devant les rez-de-chaussée, encadrent les entrées primitives des caves, dont les trappes inclinées font saillie au-devant des perrons. Comme on l'a dit, le bourg guerrier est devenu la ville des fleurs.

La célèbre bataille de Morat, qui acheva en 1476 la déroute de l'armée bourguignonne, défaite par surprise à Grandson. eut lieu à deux kilomètres au sud de Morat, près du lac, là où une colonne commémorative en marbre remplace depuis 1822 I ancien ossuaire. Quinze cents Bernois, sous le commandement de Bubenberg, qui s étaient jetés dans Morat. résistèrent héroiquemînt pendant dix jours aux efforts de Charles le Téméraire, tinrent en échec toute son armée et ses canons, et donnèrent aux troupes confédérées le temps d arriver pour sauver la place. La déroute des Bourguignons fut complète: ils laissèrent quinze mille hommes sur le terrain. Quelque temps après, Charles le Téméraire était tué devant Nancy. En défendant leur indépendance, les Suisses avaient en même temps débarrassé la France d'un ennemi dangereux.

Le lac de Morat.

un peu plus petit et plus arrondi que celui de Bienne, complète la trilogie des lacs qui se groupent sous le Jura central. Ses eaux ont baissé assez sensi-

blement pour former dans les bas-fonds une boue gluante où les poissons ne peuvent vivre. Il est ourlé par endroits de collines gracieuses et verdoyantes et borné au nord par une vaste plaine. Meyriez, au sud, est une coquette localité bien située.

La Broyé, venue du pays de Vaud, traverse le lac pour déverser ensuite ses eaux dans le lac de Neuchâtel par un large bras endigué et canalisé, parcouru par les vapeurs et les bateaux de marchandises. C est un des rares endroits de Suisse où on puisse avoir vraiment la sensation de la plaine, surtout lorsqu'une légère brume, par les fraîches matinées d'été ou les courtes journées d automne, efface les collines et semble reculer l'horizon : sur le bateau qui suit le chenal, entre les rives de roseaux sur lesquels tremblent quelques aunes, on a l'illusion d'un paysage hollandais, de polders infinis perdus dans le brouillard. Mais un coup de soleil suffit à dissiper ce décor trompeur, en faisant ressortir les hauteurs voisines et les montagnes lointaines qui, presque toujours en Suisse, rehaussent 1 horizon et qui manquent tellement à ceux qui ont quitté le pays.

Une cité romaine : Avenches. — Les antiquités romaines de la Suisse sont peu connues. C est un tort : car si l'on n'y trouve point d ensemble comparable à ceux du Forum et de Pompéi, ni

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