HOTEL DU CHAUMONT, AU-DESSUS DE NEUCHATEL
Suisse peut être prise comme modèle. Le principe qui la domine est celui de la propagande collective qui, grâce à une solidarité bien conçue, produit le maximum d effet pour le mmimum de dépenses. Les organisations de transport (chemins de fer d'Etat et Compagnies), la Société des fiôteliers et les Sociétés de développement locales qui sont fédérées, contribuent les unes et les autres, et souvent par ententes communes, à lorganisation d'une vaste publicité qui se fait à la fois par I affiche dans le monde entier, et par des brochures illustrées, souvent fort artistiques et toujours très pratiquement conçues, tirées en plusieurs langues à des milliers d'exemplaires, et distribuées gratuitement dans les bureaux de renseignements, les gares, les hôtels, sur les bateaux, en Suisse et à l'étranger. Beaucoup d hôtels ont, de leur côté, leurs prospectus illustrés, qu ils échangent entre eux pour la propagande réciproque, tandis qu une synthèse générale est offerte aux voyageurs par une brochure d ensemble sur la Suisse (éditée par les Sociétés de développement), par le Livret-guide des hôtels, et par des publications élégantes des Chemins de fer fédéraux, éditées chaque année, comme les précédentes, en quatre langues. Les Chemins de fer fédéraux ont également institué, d accord avec les autres sociétés, des agences à Paris (1), Berlin, Londres et New-^ ork, où tous les renseignements sont donnés gratuitement aux touristes et où ceux-ci peuvent se faire délivrer leurs billets.
Les Suisses ont cherché à faciliter les voyages chez eux : chemins de fer et bateaux sont confortables, marchent avec régularité — aussi bien ceux de 1 Etat que des compagnies privées — , et ont un personnel très complaisant. Le contrôle étant fait dans les wagons, l'entrée et la sortie des gares sont complètement libres. Des systèmes variés et commodes de billets sont à la disposition des voya-
{]) L agence de Pans est installée 37, boulevard des Capucines.
geurs : certains billets, sur les chemins de fer de montagne, comprennent le prix du dîner et parfois de la chambre à l'hôtel du sommet. On peut expédier son bagage par la poste pour un tarif très modique.
Dans chaque localité, les agréments de séjour sont multipliés. Les plus petits villages sont tenus de façon irréprochable, à de rares exceptions près, avec une bonne voirie, une eau excellente, l'éclairage électrique, la poste, le télégraphe et le téléphone. Beaucoup d'installations sportives, de bons orchestres jouant dans les parcs ou aux terrasses d'hôtels, des casinos dans les stations élégantes.
On a même dit parfois que la Suisse était allée trop loin dans cette voie et, en multipliant les chemins de fer et les hôtels, avait trop mis en valeur ses curiosités naturelles et k truqué ji ses montagnes. C est là un reproche puéril, et il y a bien peu de cas où lindustrie des étrangers ait gâté la nature : dans 1 immensité sauvage des Alpes, les ouvrages de l'homme sont si petits qu'ils disparaissent vite du regard comme des fétus dans la forêt. D ailleurs, au retour d une longue course à travers les solitudes glaciaires et dans la seule compagnie des aiguilles et des séracs, l'alpiniste, même le plus épris de nature sauvage, est heureux de trouver à la nuit tombante une bonne table et un bon lit, de prendre un bain, de lire un journal et de reprendre un instant contact avec le monde civilisé. Il faut avoir vécu quelque temps dans des pays primitifs comme I Espagne, où hors des grandes villes on ne trouve que des gîtes malpropres et une nourriture exécrable, sans parler de la défiance d'une population hostile, pour apprécier à sa valeur le confort de la Suisse, 1 utilité de ses hôtels et l'excellence de l'hospitalité helvétique.
Les hôtels suisses, du petit au grand, sont gais, clairs, pimpants, bien aérés et d'une propreté méticuleuse. Si le confort et le luxe