LA CHUTE DU STAUBBACH
(1) Évaluation établie d'après les statistiques par M. J. Grunzel.
accrue pendant le dernier quart du XI\'' siècle, tendait depuis iorsàdiminuer, tandis que celle des Français et des Italiens allait en augmentant, et que celle des Anglais, qui occupaient le second rang avec nous, restait stationnaire.
Cette prospérité a été arrêtée net par la guerre. L'industrie hôtelière suisse a été frappée par une crise des plus graves, qui a provoqué de nombreuses faillites.
Avec la paix, les étrangers ne sont pas revenus en aussi grand nombre qu'autrefois et la proportion des nationalités n'est plus la même également, à cause du change : Anglais, Américains, Hollandais et Scandinaves sont plus nombreux, tandis que le nombre des Français, et surtout des Allemands et des Italiens, a beaucoup diminué.
Les hôteliers suisses ont une puissante société très bien organisée, qui a beaucoup contribué aux progrès de l'industrie hôtelière par ses enquêtes, par la création d'une école d hôteliers, par les campagnes qu elle a soutenues dans l'intérêt général, par exemple en luttant contre le renchérissement de la vie et 1 élévation exagérée des tarifs douaniers.
L'indutrie hôtelière, en temps normal, tient en Suisse le quatrième rang, par le nombre d employés qu elle occupe, aussitôt après les trois industries les plus prospères, celles de la soie, de la broderie et de I horlogerie; mais elle possède certainement la première place SI, à côté des soixante mille employés d hôteis, on tient compte des nombreuses catégories d habitants qui vivent indirectement de cette industrie dans les stations d'étrangers et aux environs. Avant la guerre, lindustrie hôtelière rapportait chaque année à la Suisse cent cinquante millions de recettes brutes, sans compter cinquante millions que les étrangers consacraient aux emplettes, aux H souvenirs de voyage ». et en dehors des trente millions qui allaient au personnel des hôtels (gages, pourboires, nourriture et logement compris).
Certains Suisses se demandaient si ce développement formidable ne créait pas « un danger d'internationalisation assez semblable à celui que fit courir jadis à la Suisse héroïque le service mercenaire ".
et si (( l'exploitation sans mesure du sol de la patrie par une véritable armée » composée d' « un nombre toujours plus considérable de métèques Il n aurait pas une fâcheuse répercussion sur 1 esprit public (I). Ces craintes n'ont plus d objet aujourd'hui et toute la Suisse regrette la brillante période d avant-guerre, au cours de laquelle I industrie hôtelière avait fait la fortune de régions entières.
LE BREITHORN (3 779