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VUE GENERALE DU PALAIS FEDERAL

peu leur vieux costume national ; cependant on voit encore un certain nombre d'entre eux avec des vestes de mi-laine brunes, à pans courts et à gros boutons de cuivre. Le gracieux costume des femmes est mieux consen'é : il est bien connu en France, où la Bernoise est devenue le tjpe de la Suissesse. Ce qui le caractérise surtout, c'est le corsage court en forme de corset, lacé, surmonté d'une guimpe blanche, et appuyant par une pointe, qui descend très bas, sur le tablier de soie noire ; les manches, blanches et bouffantes, s'arrêtent au-dessus du coude ; la coiffe, dont la forme varie suivant les régions, est généralement blanche, gaufrée et évasée.

Le Palais fédéral. Le Gouvernement et la Constitution. La simplicité helvétique. —

Dominant 1 Aar, près de la promenade ombreuse des Petits -Remparts, le Palais fédéral est un vaste bâtiment massif, mais de belle allure, et qui symbolise bien la robustesse helvétique. 11 a été construit de 1894 à 1901 par le professeur Auer. qui s'inspira du stjle de la Renaissance, surtout dans la façade qui regarde la place des Ours, et dans les coupoles quadrangulaires qui surmontent I édifice. Au-dessus de la porte principale, sous le fronton, se détache l'inscription latine : Curia Confœderationis helceticts. L'intérieur est remarquablement décoré : il faut signaler surtout, dans la salle du Conseil national, la belle fresque de Giron représentant le lac des Quatre-Cantons dominé par les Mythen, — " le berceau de la Confédération )■. Sur les vitraux de la coupole qui éclaire I escalier monumental, figurent les écussons et la cathédrale.

les noms des vingt-deux cantons. Le Palais fédéral abrite à la fois le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif; il renferme les salles de séance et de commissions des deux Chambres (le Conseil national et le Conseil des États). La première est élue au sufîfrage universel à raison d'un député par 20 000 habitants. Le Conseil des £tats représente les cantons confédérés, à raison de deux délégués par canton. Les lois doivent être votées par les deux Chambres et soumises en outre à la ratification populaire (référendum) dans certains cas particuliers, ou sur demande de 30 000 électeurs. De même tout projet de loi émanant de l'initiative populaire et appuyé de 50 000 signatures doit être discuté par le Parlement.

Le pouvoir exécutif est exercé par un Conseil des ministres qui se nomme Conseil fédéral. Les conseillers fédéraux sont au nombre de sept : ils sont élus pour trois ans par les deux Chambres.

Avec ce système , il n'y a jamais de crises ministérielles. Les Chambres désignent chaque année le président, qui n'est pas immédiatement rééligible, et qui porte le titre de président de la Confédération : c'est à la fois le président de la République et le président du Conseil. On juge si la charge est particulièrement lourde.

Ce qui frappe le plus dans le gouvernement de la Suisse et dans les sphères officielles, c'est la simplicité. Pas de décorations ni de distinctions honorifiques. Aucune étiquette dans le Palais fédéral.

Le président de la Confédération va , vient et voyage comme un simple bourgeois.

Voici à ce suJ3t une anecdote authentique. Un prédécesseur du président actuel rencontrait un jour sur le

quai de la gare de Lausanne un haut fonctionnaire de ses amis qui allait, comme lui. dans la direction de Brigue. Heureux d'avoir un compagnon de voyage, le président se dirige vers le train avec son ami, qui avise un wagon de première.

— Non. lui dit-il en lentraînant : j ai vu là-bas un petit compartiment de troisième où il n y a personne et où nous serons très bien pour causer tranquillement.

Et le premier magistrat de la République alla s'asseoir sur les démocratiques banquettes de bois.

Les traitements alloués pour les hauts emplois sont très faibles.

UN MARCHE DERRltRE LE PALAIS FEDERAL.

parfois dérisoires, et c'est vraiment par dévouement qu on exerce certaines fonctions publiques. Le président de la Confédération touche 20000 francs par an, et les autres conseillers fédéraux 18000 francs. Les membres de l'Assemblée fédérale sont payés à raison de 20 francs la séance : un député consciencieux peut atteindre à I 500 francs dans son année. Quant aux députés des assemblées cantonales, ils touchent moins encore : à Genève, la séance est tarifée 6 francs pour les conseillers urbains, 7 pour les conseillers ruraux : ce qui fait un total annuel de 240 à 280 francs. Les hauts fonctionnaires sont souvent rétribués en proportion ; aussi lorsque leurs fonctions ne sont pas absorbantes, peuvent-ils les cumuler avec d autres toutes difïérentes. On m a cité le cas, par exemple, dans le canton de Vaud, d un préfet qui est en même temps colonel et cafetier, sans que personne songe à s'en étonner : il faut ajouter que le préfet, dans cette région, est à la tête d'une circonscription à peu près équivalente au canton français. — En revanche, les petits fonctionnaires, les agents des postes et des chemins de fer fédéraux ont des traitements équivalents à ceux de France, parfois même un peu supérieurs.

Au-dessous du gouvernement fédéral, chaque canton forme, en Suisse, une petite république autonome et souveraine, sous certaines réserves, par exemple 1 obligation de la forme républicaine, la liberté de conscience et de culte, 1 obligation de 1 instruction primaire, etc. Le pouvoir fédéral est seul chargé des relations avec l'étranger: il a la haute main sur I armée et les chemins de fer : il dispose d'un budget spécial alimenté par les impôts indirects (douanes et monopoles) ; les douanes intérieures sont interdites. Sous ces restrictions et quelques autres encore, chaque canton est libre de légiférer et de s organiser comme il lui plaît. Les uns. les plus nombreux, ont un régime parlementaire analogue à celui de la Confédération ; d'autres (Appenzell. Claris. Schwyz, Uri,

Unterwald) ont le gouvernement direct, le pouvoir législatif étant exercé par I assemblée des citoyens qui se réunit chaque année.

Depuis 1848. les pouvoirs des cantons ont diminué peu à peu au pro.'ît du pouvoir fédéral : la constitution de 1848 a aboli les péages et les douanes intérieures; la loi de 1872 a fédéralisé les chemins de fer; la constitution de 1874 a rendu fédérale, en grande partie, la réglementation du travail; un Code civil, unifiant les anciennes législations locales, a été promulgué en 1909. Mais il semble aujourd'hui que ce mouvement centralisateur ait atteint son terme, car les Suisses tiennent beaucoup à

1 autonomie cantonale.

Il faut enfin signaler l'éligibilité de nom breuses fonctions. Non seulement les députés, fédéraux et cantonaux, et les conseillers municipaux sont élus par le peuple, mais encore la plupart des magistrats, des agents d exécution, et très souvent les ministres du culte (tout au moins protestant). Les Suisses appliquent les principes démocratiques jusque dans leurs extrêmes conséquences. Ce sont eux qui ont eu les premiers I idée de la représentation des minorités. La représentation proportionnelle est aujourd hui adoptée par la plupart des cantons à régime parlementaire; elle a été rejetée pour les élections au Conseil national, par |fc Jil^^Kfl ^^^H ^'^ ^°'^ populaire.

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internationaux à Berne. — Derrière le Palais fédéral, la belle terrasse de I Aar, à laquelle accède un funiculaire, se prolonge par le jardin public des Petits Remparts, d où 1 on jouit d une fort belle vue. Là s élève le monument de 1 Union postale universelle, oeuvre du sculpteur français René de Saint- Marceaux. dune conception originale et hardie : au-dessus d un bloc de rocher attenant à une pièce d eau. et sur lequel est asssise une femme symbolique, se dresse la sphère terrestre entourée par cinq figures allégoriques — les cinq parties du monde — qui font une ronde autour du globe en se donnant la main. Le sujet avait été mis au concours, et le monument fut érigé en 1909. L emplacement était tout indiqué à Berne, puisque cette ville est le siège du Bureau international de l'Union postale.

C'est la Suisse qui possède le plus grand nombre de Bureaux internationaux : elle en a six. dont cinq sont installés à Berne (I). Ce sont le Bureau international des administrations télégraphiques, fondé en 1868; le Bureau international de l'L'nlon postale universelle (1874); les deu\ Bureaux pour la protection de la propriété industrielle et des ceuvres artistiques et littéraires (1892); 1 Office central des transports Internationaux de marchandises par chemins de fer (1893). La neutralité de la Suisse a contribué à faire choisir comme siège la capitale de la Confédération. Ces Bureaux sont subventionnés par les Etats signataires des diverses conventions qui les ont créés et auxquelles ont adhéré presque toutes les nations civilisées.

Deux autres Bureaux internationaux, mais sans caractère officiel, se trouvent aussi à Berne : le Bureau permanent de la Conférence Interparlementaire, longtemps dirigé par le D' Gobât — et qui compte des membres de nombreux Parlements de tous les pays —

(I) Le slxlcme, l'O^cc inlcrnalional du tracail. crée en 1901, a son siège Bàlc.

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