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BERNE
et le Bureau international de la paix, fondé en 1891 par Èlie Ducommun. et qui est le centre de la propagande pacifiste.
Ces diverses organisations ont donné à la ville de Berne une grande importance morale et internationale.
Les quartiers extérieurs. Le Schaenzli. — La vieille ville de Berne est entourée de vastes quartiers neufs qui ont pris une grande extension.
Au nord, sur la rive droite de l'Aar, s élèvent des pentes assez abruptes, couronnées par la colline boisée dn Schaenzli, qui tire son nom d'une ancienne redoute. De là, le coup d'oeil est des plus pittoresques : au premier plan, la vieille ville, aux toits aigus, sur le plateau qu'entaille profondément la boucle de l'Aar; par derrière, la verdoyante banlieue bernoise, relevée à droite par la hauteur du Gurten, et fuyant jusqu'aux lointains de l'Oberland , que couronne à 1 horizon la silhouette crénelée et neigeuse des Alpes.
Au coucher du soleil, par les ciels clairs, la crête blanche s'allume de touches dorées et roses infiniment délicates. Le Schaenzli est occupé par le Kursaal, au milieu d'un beau parc. C'est le lieu de divertissement préféré de la société élégante, qui se donne rendez vous aux concerts.
Les distractions sportives sont également nombreuses à Berne. Citons une at-
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traction spéciale, la descente de l'Aar en bateaux-pontons, pratiquée très anciennement et qui. tombée plus tard en désuétude, a été remise en honneur depuis quelques années.
Un peu en contre-bas du Kursaal, un très intéressant jardin botanique, qui renferme un musée fioral, est surtout apprécié pour sa collection remarquable de plantes alpestres.
Derrière le Schaenzli, s'étend le vaste et coquet faubourg du Spitalacker, qui renferme tout un quartier militaire, avec des ca- S3rnes, établissements divers, place d exercice et champ de tir.
Le Kirchenfeld. Bibliothèques et musées. — Au sud
de la boucle de 1 Aar, un autre quartier moderne, celui du Kirchenfeld, par-delà le pont du même nom, renferme la Bibliothèque nationale et le Musée historique.
Fondée en 1895 pour collectionner les imprimés, cartes et estampes relatifs à la Suisse, la Bibliothèque nationale helvétique compte déjà 120 000 volumes et s enrichit chaque jour. Les salles de lecture sont très belles et ouvertes au public. — Berne possède aussi la Bibliothèque de la ville et de 1 Université, plus ancienne et plus riche. Fondée au WT siècle, elle est la propriété de la bourgeoisie de Berne. Les bibliothèques de diverses sociétés y sont annexées. On compte environ 200 000 volumes et des manuscrits de grande valeur. L accès est également public, ainsi que le service de prêts. Il existe, en outre, diverses bibliothèques populaires. Il faut remarquer quelles facilités de lecture sont ainsi données à la population, pour encourager la diffusion de 1 instruction.
Le Musée historique, reconstruit récemment dans le st>le gothique bernois, renferme d intéressantes collections archéologiques et ethnographiques : beaucoup d objets préhistoriques proviennent des anciennes habitations lacustres des lacs de Bienne et de Neuchâtel, ainsi que de Miinsingen, où on a trouvé également des
objets gallo-romains. Plusieurs salles renferment de glorieux souvenirs de l'histoire bernoise. Les armures datent en grande partie du XV!"^ siècle. Non loin, l'intéressante « chambre des tireurs ». Une collection des plus précieuses de tapisseries flamandes provient du trésor de 1 évêque de Lausanne et surtout des guerres de Bourgogne : les unes sont armoriées avec les emblèmes de la Toison d Or; d'autres, représentant 1 histoire de César, ont appartenu à Charles le Téméraire; la curieuse série intitulée : (( Histoire des juges intègres », a été faite jadis d après des peintures disparues de Roger van der Weyden à 1 Hôtel de V ille de Bru.xelles.
On a réuni dans le même musée l'ancien trésor de la cathédrale de Berne (avant la Réforme), avec de forts beaux ornements sacerdotaux. Le sous-sol renferme les pittoresques reconstitutions de fermes, chambres et intérieurs bernois anciens, avec le mobilier de l'époque.
Berne possède quelques autres musées qui méritent une visite détaillée. D abord, le musée des Beaux-Arts, non loin de la gare. La collection des anciens tableaux n est pas très nombreuse, mais fort intéressante : on y remarque surtout des toiles provenant de la cathédrale, le Saint Jérôme, de Ribsra, des diptyques de Nicolas Manuel, et le Maître à l'œillet, du peintre bernois Bichler (mort en 1501). Les tableaux modernes occupent six salles : beaucoup représentent des scènes et des paysages de montagne, sujets dans lesquels excelle la jeune école bernoise impressionniste, au coloris clair et vigoureux. Car Berne est en Suisse un centre artistique important, spécialement pour la peinture.
Le musée voisin d'Histoire naturelle est surtout remarquable par ses superbes minéraux et ses squelettes fossiles de grands mammifères. Les collections zoologiques sont très complètes. On y voit également la grande carte géologique de la Suisse, d Escher et Studer, et un relief de l'Oberland bernois.
Il faut signaler aussi le Musée alpin, le Musée des Arts et Métiers et, surtout, le curieux Musée postal, au premier étage de IHôtel des Postes.
Une façade historique transformée en fontaine. —
L'ancien Musée historique, démoli il y a peu de temps, a eu une destinée curieuse. Il faisait partie du Bâtiment universitaire, dont la démolition avait été votée, le 13 mars 1904, par les citoyens de Berne, pour faire place à un casino.
Cet édifice, construit de 1772 à 1778 par Nicolas Spriinglin,
formait l'arrière-plan dune vieille rue pittoresque dans le voisinage de la Tour de l'Horloge : sa façade, en particulier, était considérée comme un joyau de 1 architecture du X\ III'' siècle. Artistes, arcfiéologues, écrivains s'efforcèrent aussitôt de sauver cette œuvre par une campagne de pétitions, d'articles et de réunions. Les autorités de la ville de Berne soumirent au vote populaire, après enquête, un nouveau projet qui conciliait la création du casino avec la conservation de I ancien Musée historique.
Mais cette combinaison fut rejetée le 28 octobre 1908.
La majorité préférait sacrifier cet édifice aux besoins , sans cesse croissants, du trafic de la ville : sa démolition devenait inévitable.
On eut alors recours à un moyen ingénieux pour sauvegarder tout au moins la façade de Spriinglin. Celle-ci, après sa démolition.
— les matériaux ayant été soigneusement repérés au préalable , — fut fidèlement reconstruite, au nord-est de la ville, sur la place de Thoune,
sous forme d une fontaine monumentale dans le genre de la fontaine Médicis de Pans. Les frais de cette opération furent supportés par des particuliers, avec quelques subventions des autorités. L inauguration eut lieu en août 1912.
L'histoire de cette nouvelle fontaine historique, qui vient s'ajouter à toutes celles que possédait déjà la ville de Berne, méritait d être rappelée.
Berne et le percement du Lcetschberg. Le rachat et l'organisation des chemins de fer. — La gare forme la