LE CHRIST MORT. PAR HOLBEI.N (MUSÉE DE BALE
méritent dêtre retenus. Enfin nulle part mieux qu'à Bâle, on ne peut apprécier dans son ensemble l'école suisse moderne, composée surtout de paysagistes épris des splendeurs et des harmonies alpestres, et d'observateurs qui ont saisi sur le vif les types populaires ; Calame, Koller, Burnand, Anker, Sandreuter, aussi complexe que son maître Bœcklin et qui excelle également dans l'allégorie, le génial Segantini, le plus grand pemtre de la montagne, né dans le Trentin, mais qui se rattache à la Suisse par ses sujets d inspiration empruntés pour la plupart aux Alpes grisonnes.
La sculpture est beaucoup moins riche. Il faut signaler cependant un fort bel antique, VApoUort Steinhauser, et une réplique de VHercule Farnèse. Le musée renferme en outre des collections très complètes d histoire naturelle et d'ethnographie, avec des antiquités mexicaines fort rares. La grande salle d'honneur est décorée par les portraits des savants nés à Bâle : la ville, qui a toujours été réputée pour le caractère sérieux et pondéré de ses habitants, a surtout produit des mathématiciens éminents, à la tête desquels figurent les Bernoulli et Euler.
La Kunsthalle, où se tient l'Exposition permanente de la Société bâloise des beaux-arts, et le musée de sculpture voisin, méritent une visite : là sont exposés des tableaux modernes: ici figure une collection abondante de plâtres antiques. A 1 entrée sont des frises en sgrajftii, et des mascarons sculptés de Bœcklin, représentant des figures grimaçantes, et qui rappellent, par la puissance de leur réalisme, les meilleurs morceaux analogues delà sculpture gothique. L escalier est décoré par une fresque de Stiickelberg, 1 auteur des peintures murales de la chapelle de Guillaume Tell, sur le lac des Quatre-Cantons.
Le musée historique, installé, de façon originale et très heureuse, dans le vieux cadre religieux et gothique de l'ancienne église des Cordeliers, est le plus riche de ce genre en Suisse, après le Musée national de Zurich. Là sont réunies des œuvres d art religieux d une valeur incomparable : les restes de la fameuse Danse des morts de Bâle, qui avait été peinte jadis dans le couvent des frères prêcheurs, sur les murs du cimetière ; des stalles, des autels sculptés des XV' et XVT siècles, et spécialement le superbe retable à volets de Santa-lMaria-Calanca (Grisons) : de vieilles cloches ; le trésor de la cathédrale de Bâle, avec des ostensoirs, reliquaires, croix et ciboires précieux ; des bijoux et coupes des corporations et de I Université, des spécimens admirables d orfèvrerie et de forge d'art anciennes. C'est une profusion de richesses artistiques et historiques. De magnifiques vitraux, provenant du château de Langenstein, ont été placés près des tribunes de la vieille église, il ne faut pas oublier la collection de faïences et de céramique, les armes, les trophées, les uniformes. — avec la cotte de mailles de Charles le Téméraire,
— les vieux costumes et anciens attributs.
— glaives de justice, verges d'huissiers, etc.,
— les meubles, les chambres et salles à manger, qui ont été reconstituées dans les bas côtés, cloisonnés et plafonnés, de la ba-
silique : la salle à manger du conseiller Iselin et la chambre du Spiesshof, l'une et l'autre du début du XVI I" siècle, ont des boiseries et des lambris de toute beauté.
Les quartiers neufs de la rive gauche. La société bâloise. — Autour de la vieille ville, sur la rive gauche, s étalent sur le plateau les quartiers neufs, où habitent la bourgeoisie, les commerçants aisés, les étrangers. Quelques édifices et statues modernes sont à noter: l'église Sainte-Elisabeth, avec une belle flèche, construite en style gothique vers le milieu du XIX' siècle, et I église Saint-Paul, plus récente, bâtie en style roman. Le monument de Saint-Jacques rappelle une sanglante bataille de l'histoire suisse : celui de Strasbourg, près de la gare centrale, dû au ciseau de Bartholdi, évoque, en un groupe de marbre symbolique et touchant, les secours prêtés par les Bâiois lors du siège de Strasbourg en 1870, et l'amitié séculaire des deux villes.
Sur les bords du Birsig, qui entaille le plateau à travers la ville avant d'aller se jeter dans le Rhin, a été aménagé un jardin zoologique des plus pittoresques, touffu et verdoyant, entrecoupé par les parcs d animaux et les ménageries. Plus haut, le jardin Sainte- Marguerite, dans un joli point de vue, domine le panorama de la cité et des environs.
Bâle, comme Genève, a attiré de tout temps de nombreux étrangers dans ses murs : c'est la ville de Suisse qui a compté et compte encore le plus de millionnaires; c'est aussi (avec Genève) une de celles où les impôts sont le moins élevés. Le climat est doux et sain, la vie tranquille, la population réservée, mais accueillante et hospitalière. La société bâloise a toujours été ouverte aux hôtes qui sont venus se fixer dans la ville, et c'est une tradition dans les familles riches de patronner les artistes et surtout les