LE BOIS SACRÉ, PAR BŒCKLIN (MUSÉE DE BALE
savants étrangers. Le Bàlois n'est pas bruyant et ne vit pas dans la rue :
ici les affaires ne se traitent pas dehors, mais dans les cercles, qui sont particulièrement nombreux et jouent un rôle considérable, que ce soient des sociétés savantes, de bienfaisance, artistiques ou sportives.
Grand travailleur, le commerçant, l'industriel ou le banquier, après les fatigues de la journée, va se délasser le soir à son cercle : les salons des familles aisées sont également très fréquentés par une société de choix. Les jeux de hasard et la danse n ont guère d adeptes :
le Bàlois aime surtout la conversation sérieuse et
la musique, pour laquelle il a un goijt très vif (la ville compte 80 cercles ou sociétés de musique). Les sports sont aussi en honneur : Bâle s'intéresse depuis longtemps au cheval, et a été choisi pour siège de la Société hippique suisse; la ville s enorgueillit de posséder les cavaliers les plus élégants et les équipages les plus soignés de la Confédération.
Malgré son caractère sérieux, le peuple bàlois sait à l'occasion se divertir. Voici comment un auteur local décrit les réjouissances du carnaval, qui sont particulièrement typiques et mériteraient d être mieux connues en France :
Il Les fêtes du carnaval sont très animées, toutes pleines de drôleries, et ont un grand rapport avec celles de Rome et de Cologne.
(I Pendant deux ou trois jours, du lundi au mercredi qui suivent le mercredi des cendres, il souffle sur notre ville un vent de folie. Les habitants abandonnent leur physionomie calme et réfléchie et leurs vêtements de travail pour endosser les costumes les plus drolatiques, il est d'usage de promener dans les rues de grands corps en toile peinte et transparente. Ces corps prennent les formes les plus comiques et les plusgrotesques. Ce sont les ^ Lanternes >. Der-
rière elles marchent les membres des différentes corporations qui distribuent des feuilles imprimées sur lesquel es se trouvent, en vers humoristiques, I explication des Lanternes. La musique elle-même, traitée en temps ordinaire avec tant d égard et de sérieux , abandonne ses sages principes pour n'exprimer plus que des idées folles, inspiratrices de la gaieté et de la joie. Disons cependant, à la très grande louange du peuple bàlois, que toutes ces plaisanteries et toutes ces folies ne dépassent jamais les limites du respect que chacun doit à tous. L art du tambour, qui, comme on le sait, a été de tout temps cultivé à Bâle avec beaucoup de soin, d'originalité et de bonheur, triomphe en ces jours de fête. Pour clore toute cette aimable folie, nous avons les bals masqués du Casino, SI brillants, si pleins d entrain et de gaieté qu'ils attirent non seulement les gens des villes environnantes, mais qu'on y vient encore du grand duché de Bade et de 1 Alsace. Ces bals exercent sur les Bâlois une si grande attraction que ceux qui n aiment pas en général le turbulent carnaval le tolèrent et l'excusent en songeant à la soirée qui en sera le clou final. "
Le Petit Bâle. L'industrie, le commerce, les banques. — La partie de la ville située sur la rive droite du Rhin — le Petit Bâle — étale, dans une vaste plaine, ses quartiers ouvriers et affairés, où se sont multipliées les fabriques. C'est la ville industrielle, commerçante aussi, groupée autour de la gare badoise, à laquelle aboutissent trois grandes voies ferrées, et qui entretient un trafic actif avec 1 .Allemagne. Il n'y a guère à signaler dans ce quartier, comme curiosité, que le parc des aunes (Erlenpark), avec de vastes enclos pour les animaux sauvages, cerfs, zèbres, etc.