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MONUMENT DE STRASBOURG

BALE

L'industrie bâloise est prospère. Si les arts graphiques et l'imprimerie ont perdu la prépondérance qu'ils avaient au début du XVI' siècle, en revanche les industries textiles, importées un peu plus tard par les réfugiés français et italiens, ont pris uns grande extension, notamment la fabrication des rubans, le tissage de laine et de soie, et, plus récemment, l'impression des cachemires.

La plupart des riches fabricants bâlois ont des noms italiens ou français qui attestent leur origine et qui montrent que les fortunes acquises par le travail, loin d'être gaspillées, se sont transmises et accrues à travers les générations. Pour

les rubans de soie, Bâie vient aussitôt après Saint-Etienne; les filatures bâioises travaillent surtout pour la Westphalie (Crefeld). L'industrie des couleurs est également très importante, malgré la concurrence allemande, spécialement celle des couleurs extraites du goudron et à base d'aniline. Il faut mentionner aussi la construction de machines, les brasseries et les tanneries.

Mais c'est surtout le commerce, plus encore que 1 industrie, qui fait la richesse de Bâle. Située au coude du Rhin et à la jonction de trois grands pays, la ville se trouve en outre au croisement de voies ferrées internationales, venant de Paris, de Calais, de Westphalie et de Hollande, de Munich, de Vienne, de Milan. C'est avec Francfort-sur-le-Mein le plus fort marché de la plaine rhénane. Ajoutons que la région environnante est très riche, produisant en abondance du vin, des céréales, des fruits, des légumes. du bois. Bâle, un des centres les plus importants du réseau ferré de l'Europe centrale, est une place d'affaires de premier ordre et le plus grand entrepôt de la Suisse. L'amélioration de la navigation du Rhin, ou plutôt la création d'un canal latéral jusqu à Strasbourg, qui mettra la ville en relations directes avec la mer par la voie fluviale, augmentera encore sa prospérité.

Bâle est devenu notamment un grand marché d'alimentation : ses Halles Centrales, très vastes, sont organisées avec tous les perfectionnements modernes, et non sans certains raffinements comme un salon de rafraîchissements au premier étage. Bâle est aujourd'hui, pour les produits de la mer, l'entrepôt et le centre d'approvisionnement, non seulement de toute la Suisse, mais d'une grande partie de l'Europe centrale : le poisson expédié de Boulogne atteint, à lui seul, environ deux cent mille kilos par an. Ces résultats ont pu être obtenus grâce au développement de l'industrie du froid. Les premières caves frigorifiques furent installées à Bâle en 1896, par une grande maison de comestibles; l'usage s'en est généralisé aujoud'hui dans toute la Suisse.

Bâle est en outre la ville de Suisse où les banques ont pris le plus de développement. Pendant longtemps les affaires de banque furent entre les mains de particuliers qui généralement exerçaient en même temps un autre commerce. La première banque par actions fut créée en 1844; la Bourse date de 1876; le mouvement des affaires atteint aujourd'hui sept cents millions par an. Depuis 1907, la Banque nationale suisse, fondée deux ans auparavant, a seule le droit d'émission: les billets de banque ont dû être retirés de la circulation en 1910. Les banques suisses sont renommées par la sagesse de leur gestion, qui

ELEPHANT DU JARDIN ZOOLOClQUE.

S allie a un sens très pratique des affaires. Si elles ont en dépôt beaucoup de capitaux français, en revanche elles ont prêté leur appui à maintes entreprises de France, notamment en Savoie et dans la région du Sud-Est. Les affaires industrielles sérieuses trouvent plus facilement des capitaux en Suisse qu'en France, où les banques font preuve à cet égard d'une prudence timorée. En revanche les entreprises suisses, tant qu'elles n ont pas atteint une prospérité assurée, sont extrêmement économes pour les frais généraux, et ne gaspillent pas inutilement I argent des actionnaires en location d immeubles somptueux , ni en émoluments considérables attribués aux directeurs ou répartis entre un personnel trop nombreux : c'est une des causes de leur succès.

Les environs de Bâle. La vallée du Birsig. Saint- Jacques. Les vieux châteaux de la Birse. — Bâle a des environs charmants. La ville n est-elle pas à proximité de lAlsace et de la forêt Noire? Mais, sans quitter la Suisse, les coins pittoresques abondent dans la banlieue, accidentée et verdoyante, où de vieux burgs médiévaux s accrochent çà et là sur les collines.

Au sud-ouest se déroule la jolie vallée du Birsig, riche en monuments curieux, qui serpente le long de la frontière d Alsace et que dessert une petite ligne électrique. C est d'abord le château de Bottmingen, un but de promenade favori des Bâlois, qui mire ses vieux murs et sa tourelle à bulbe dans un étang bordé de roseaux et d'arbres ombreux. Voici les sources ferrugineuses d'Ettingen et de Fliih ; de là, on va visiter les ruines pittoresques de Landskron, sur le territoire alsacien. Un peu plus haut, l'ancien couvent de bénédictins de Mariastein. jadis lieu de pèlerinage célèbre, domine sur un plateau une paroi de rochers à pic. où une chapelle souterraine, taillée dans le roc, reçoit sa faible lumière par des trous percés dans la montagne. Non loin, le vieux château de Burg érige sa silhouette sévère sur une hauteur escarpée, entre un fouillis d arbres et un vallonnement de montagnes boisées, de faible altitude. Ce sont les premières ramifications des Blauenberge — les (1 montagnes bleues h. qui élèvent au sud leurs croupes sombres, —

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