ANCIEN CHATEAU DES ÉVEQUES DE BALE. PRÈS DE NEUVEVILLE
pays allemand, puis de la vallée de Moutier et du pays de Vaud (de langue française), où elle avait été appelée pour libérer le pays de la domination des ducs de Savoie. Entre temps elle adoptait la Réforme et l'imposait à ses sujets. En 1 798, ceux-ci se révoltèrent; 1 armée française les appuya et, après une vive résistance, entra à Berne où la dissolution de la Confédération fut proclamée.
Mais en 1815 le canton fut reconstitué sur de nouvelles bases, et s il ne recouvra pas le pays de Vaud et l'Argovie, il reçut, outre la vallée de Moutier, les anciens domaines de l'évêché de Bâie sécularisé, qui formèrent le Jura bsrnois.
Cette région, catholique et de langue française, fut placée sur un pied d'égalité avec les autres parties du canton. Berne devint désormais un canton bilingue et reconnut deux cultes. L'acquisition de ce nouveau territoire contribua à développer la prospérité de la ville, en favorisant la pénétration réciproque du français et de 1 allemand et les échanges économiques entre les deux contrées.
Chaque canton helvétique a conservé son individualité et son caractère propres : c'est ainsi que le Valais est la Savoie de la Suisse et que le pays de Vaud en est la Bourgogne. Les Bernois, eux, sont surnommés par leurs compatriotes les Prussiens de la Suisse, et cela sans aucune idée péjorative, mais au contraire pour rendre hommage à leurs qualités de discipline, d'organisation, de ténacité. Ces qualités, ils les ont mises aujourd'hui au service du développement économique de leur pays pour le percement des voies ferrées, les perfectionnements agricoles et industriels, l'éducation du peuple, l'organisation rationnelle et méthodique de l'industrie hôtelière et du tourisme, spécialement dans l'Oberland. Jadis, ils avaient fait preuve de courage et de discipline dans les combats, comme de ténacité et de sagesse dans la politique : c'est l'inter-
(1) Le reste de l'Argovie fut cédé aux cantons de Lucerne et de Zurich.