SCÈNES DE LA VIE CHAMPÊTRE EN
en mangent fort peu. Les mulets sont en petit nombre, et les ânes sont assez rares.
Les cultures sont surtout cantonnées sur les versants inférieurs des Alpes et du Jura et dans la grande plaine vallonnée qui va du lac de Genève au lac de Constance. Les basses vallées, toutes d'alluvions. sont très fertiles, et les Suisses ont su admirablement mettre leur sol en valeur.
Nous avons vu que la vigne prospère dans de nombreuses régions. Les cultures des fruits, des légumes et notamment des pommes de terre, sont particulièrement florissantes. Au contraire les céréales et le blé, dont le rendement est faible, ont beaucoup diminué depuis un siècle et fournissent seulement le cinquième de la 1 onsommation indigène : le paysan les a abandonnés surtout au profit de
I élevage, beaucoup plus rémunérateur. En revanche la culture maraîi hère et l'industrie des conserves, son rorollaire, se sont développées dans les régions basses, au climat doux,
< 1. Djiisjuni,. comme le Seeland et le Bas-\ alais.
II faut citer aussi l'apiculture, qui pourrait prospérer bien davantage encore dans les montagnes, vg l'excellence du miel suisse; la culture du tabac, assez en faveur dans la vallée de la Broyé, et celle de la betterave à sucre, qui commence à s'implanter dans le Seeland.
Dans un pays démocratique depuis de longs siècles, la propriété est nécessairement très morcelée : seuls les forêts et les alpages sont en majeure partie la propriété de l'Etat, de la paroisse ou d une communauté d habitants. Cette division a eu d'heureux résultats : elle a attaché le paysan au sol et a provoqué la mise en valeur du maximum de terrains. Elle pouvait, par contre, à notre époque, faire obstacle au développement du machinisme et de la chimie agricoles : mais les Suisses, qui ont toujours pratiqué l'esprit d association, ont obvié à ce danger par la formation de nombreuses et puissantes sociétés, syndicats et coopératives agricoles, qui sont encouragés et subventionnés par la Confédération et les cantons. En dépit de l'essor industriel, commercial et touristique, la Suisse est restée avant tout un pays agricole. Ce sont les paysans qui ont la majorité à 1 Assemblée fédérale et dans presque tous les cantons. On l'a bien vu pour la politique douanière quand leurs intérêts ont été en opposition avec ceux des consommateurs, des commerçants, des hôteliers : c'est surtout l'Union des paysans qui a fait préparer et adopter le tarif protecteur de 1902, qui édictait des
droits élevés, et fut voté au référendum. Mais la majorité n'a pas abusé de sa victoire, et la protection de l'agriculture comme de 1 industrie a contribué, somme toute, à la prospérité générale.
Une nouvelle revision du tarif général des douanes fut préparée ultérieurement, en raison des traités de commerce qui arrivaient à expiration à la fin de 191 7. Il ne s'agissait plus cette fois de changer le tarif précédent, mais de limiter les modifications au strict nécessaire. Comme précédemment, une enquête fut faite auprèt des Sociétés et Associations intéressées par les soins du Département fédéral de l'Industrie, de l'AgrlculsuissE. ture et du Commerce.
PLAINE DU RHIN