WEESEN. LES CHURFIRSTEN ET LE LAC DE VI A L LE N S T A DT
payer par les étrangers des travaux de voirie, d'éclairage, d adduction d'eau, etc., qui devraient être imputés sur le budget ordinaire?
Néanmoins touristes et malades n'ont pas protesté. 11 faut dire qu'en Suisse cette taxe est très modique, là où elle est appliquée. car beaucoup de stations d'étrangers ne l'ont pas admise. De plus son organisation offre le maximum de garantie pour la clientèle. En effet son produit rentre dans les caisses de sociétés de développement et non pas dans celles des communes. Elle est affectée, en premier lieu, à payer les orchestres engagés pour égayer les étrangers, ainsi que les frais d entretien des installations faites exclusivement pour les hôtes.
Voici quelques types de tarifs : à Montreux, Saint-Moritz, Davos, etc., chaque voyageur qui reste plus d une semaine est soumis à une taxe hebdomadaire, variant de un à trois francs, suivant la localité, et que chaque hôtelier, sous sa responsabilité personnelle, doit recouvrer sur ses clients en la portant sur la note : en revanche — combinaison ingénieuse — le touriste reçoit généralement en échange, comme à Montreux, sa carte d'entrée gratuite au casino. A Ragaz, Pontresina, etc., le voyageur paye à la journée. Le tarif de Ragaz.
qui est affiché au bureau de poste, est de cinquante centimes par jour et par personne, pour tout séjour de trois jours au moins; les médecins et leur famille sont exemptés.
Sargans. Le lac de Wallenstadt. —
Sargans, 1 ancienne métropole de la région, est aujourd'hui une bien petite localité à côté de Ragaz. Seul, le vieux château qui la domine.
perché sur un roc, atteste son ancienne importance. C était, en effet, une position stratégique de premier ordre, au flanc de la vallée du Rhin, commandant la trouée qui s'ouvre vers le lac de Wallenstadt et Zurich, et par laquelle passait le fleuve dans les temps anciens. C'est encore aujourd'hui une gare importante, à la jonction des trois grandes lignes de Zurich, des Grisons et de l'Arlberg.
Emprisonné dans létau de montagnes rocheuses et abruptes qui le serrent au sud et au nord, le lac de Wallenstadt s'allonge comme un large fleuve — un à deux kilomètres de large sur seize de long — entre des rives âpres et sauvages.
Le paysage a une farouche grandeur, surtout sur la côte septentrionale, où le massif aride et raboteux des Churlirsten, aux cimes aiguës, tombe à pic dans les eaux profondes. C'est à peine si de loin en loin un village trouve la place nécessaire pour blottir ses maisons et ses scieries au bord d une crique entre un bouquet de noyers. Ces localités ont cependant quelques hôtels, où les amoureux de la solitude et de la pêche en barque peuvent venir s'isoler et muser tout à loisir. Le train ourle étroitement la rive de son ruban d'acier, en faufilant la montagne à travers les tunnels répétés.
Aux deux extrémités ont pu s'étaler plus à l'aise deux petits bourgs coquets. Wallenstadt et Weesen, centres d'excursions intéressantes dans la montagne et sur le lac. Le lac n a pas de bateaux à vapeur. Ses eaux se déversent dans le lac de Zurich par un chenal régularisé, qui porte le nom de canal de la Linth. Il est poissonneux et très profond pour sa largeur (1), par suite de sa situation encaissée. D'après un dicton assez répandu en Suisse, la profondeur d'un lac serait égale à la hauteur des montagnes qui le
bordent : une telle affirmation , fort exagérée, est évidemment erronée; il faut en retenir seulement que la cuvette des lacs se creuse davantage dans les régions plus tourmentées.
Le nom du lac de Wallenstadt signifiait jadis lac des Welsches.
Une langue issue du latin, qui devait être apparentée au romanche des Grisons, fut donc parlée longtemps dans cette région, préservée de l'immigration alamane par son isolement.
Encore un fait qui prouve que la germanisation de la Suisse orientale n'est relativement pas très ancienne.
SARGANS ET LE CONZEN (1833 M.l.
(I) Profondeur maxima 131 mètres.
SUISSE ORIENTALE
CLARIS ET LE VORDER-GL.'ERNISCH (2331
Le canton de Glaris. — ' A
son extrémité occidentale, le lac de Wallenstadt reçoit la Linth, dont la vallée, orientée du sud au nord, forme le canton de Glaris. A Ziegelbriicke se détache de la ligne de Zurich la petite voie ferrée qui remonte la rivière jusqu à Linthal en passant par le chef-lieu.
Le canton de Glaris, plus voisin que les précédents du berceau de I indépendance helvétique, entra beaucoup plus tôt dans la Confédération. Au moyen âge, il dépendit d'abord de labbaye de femmes de Seckingen, puis de la maison de Habsbourg. Mais dès le XIV" siècle il se rendait indépendant et, en I 352, il devenait le septième canton confédéré. Au XVI' siècle il embrassa en majorité la Réforme.
Ce pays fort intéressant, et qui mériterait d être mieux connu des étrangers, présente, sur un espace restreint, comme un raccourci de la Suisse. Il offre presque toutes les zones d altitude et de végétation, qui s échelonnent depuis le lac de Wallenstadt jusqu aux glaciers du Tœdi; il a des lacs, des cascades, des gorges, des montagnes très rocheuses et des pentes boisées de hêtres et de sapins dont 1 aspect rappelle, par endroits, les Vosges. Contrée d agriculteurs et de pâtres, d'industriels aussi : les fabriques sont nombreuses dans la vallée, sans jamais enlever aux villages et aux bourgs leur caractère rustique.
Le canton de Glaris s est spécialisé dans l'industrie du coton. Le coton arrive brut d Amérique : il est filé, tissé, et les cotonnades sont ornées de dessins dans des imprimeries sur étoffes. La France figure en première ligne parmi les clients; certaines maisons travaillent spécialement pour les colonies françaises, notamment Madagascar et rindo-Chine, et fabriquent, à cet effet, les tissus lustrés.
aux couleurs voyantes et aux dessins orientaux, affectionnés par les indigènes de ces régions.
Les rapports avec la France sont nombreux, et les sympathies particulièrement vives pour notre pays. C'est sans doute pour cette raison que 1 usage du français est plus répandu qu on ne pourrait s'y attendre dans ce canton de la Suisse orientale.
Physiquement les Glaronais ne ressemblent pas aux Bernois et aux Zurichois. Ils sont généralement bruns, avec un type celtolatin, voire méridional, souvent très accusé.
Il vient encore peu de touristes dans le canton de Glaris : ce sont surtout des Suisses. Zurichois ou Saint-Gallois. Aussi les localités n'ont-elles pas changé d aspect depuis un demi-siècle. Par contre les anciens costumes, surtout des hommes, ont à peu près disparu. L instruction est très développée.
La ville de Glaris. Le KIcental. — La voie ferrée dessert Naefels, centre de la région où est groupée la minorité catholique du canton. C est là que le 9 avril 1388 les Suisses remportèrent sur les troupes autrichiennes une victoire décisive qui assura définitivement l'indépendance helvétique. Cet anniversaire est encore fêté chaque année par une grande procession. Un monument commémoratif, dû à Romany, a été édifié près du champ de bataille. On remarque dans la petite ville le palais Freuler, de la Renaissance et de style italien. De Naefels un chemin monte à l'Obersee, petit lac aux rives encadrées de saules et de forêts de pins, et que dominent des cimes escarpées et rocheuses.
Au centre de la vallée de la Linth, la ville de Glaris est située dans un cirque montagneux au pied du Glaernisch, qui dresse sur la ville son énorme pyramide isolée, presque régulière en dépit de ses rugosités et de ses bosselures, auxquelles, près du sommet, s accrochent en été les dernières plaques de neige. C est une petite ville coquette et disposée en damier, aux rues larges, aux maisons élégantes, et qui semble toute neuve. Elle a été rééditiée, en effet, en majeure partie, à la suite d'un terrible incendie qui la consuma
presque en entier en lool :
construites en bois, les maisons flambèrent avec une rapidité inouïe. Toute la Suisse s'émut de ce désastre et contribua à le réparer :
des souscriptions furent ouvertes partout, et on a pu dire à juste titre que h la ville actuelle est un monument éclatant de l'amour fraternel suisse ». (J. Heer.)
Presque tous les monuments de Claris, par suite de ce désastre, sont de construction récente. L'église, où se donnent l'été des concerts gratuits, a d'excellentes orgues. Sa sonnerie de huit cloches en la bémol majeur est réputée en Suisse. Dans le trésor on remarque le calice de Zwingli. le fondateur du protestantisme dans la Suisse allemande. Le Palais de justice s'enorgueillit de posséder la bannière de la bataille de Naefels. Il renferme en outre une collection de bons tableaux modernes réunis par la Société glaronaise des beaux arts. Ces initiatives locales sont très intéressantes : elles montrent que les goûts artistiques sont développés sur tous les points de la Suisse et que, pour les satisfaire, on ne fait pas appel à la providence de l'Etat. La bibliothèque cantonale a des manuscrits et des incunables de grande valeur.
Une des curiosités de Claris, c'est la place de la Landsgemeinde. L assemblée des électeurs s'y réunit tous les ans. Un amphithéâtre avec des bancs y est alors disposé pour contenir cinq mille électeurs. Au centre est la tribune pour le landammann, le chancelier et les orateurs.
Claris a un beau parc public avec jardin alpin.
La mode des jardins alpins s'est répandue en Suisse depuis plusieurs années. Leur création à des altitudes basses — même dans le voisinage des montagnes — soulève des difficultés, mais dont on est parvenu à triompher. Il faut d'abord des rochers, puis des filets d eau fraîche et souterraine. Enfin chaque plante exigeant une terre spéciale doit, en principe, rester en pot :
en général on enfouit ce pot dans le sol. Pour transporter les plantes, on a imaginé des malles très aérées, à claire-voie, quelon peut arroser pendant le trajet. On préfère souvent recourir aux semis ; mais les graines des plantes alpestres sont capricieuses : elles lèvent difficilement, et beaucoup d'entre elles ne veulent germer que sous la neige. A défaut de neige, on se sert d'appareils frigorifiques. On voit