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UNE REVUE A LA FIN DES MANŒUVRES

Tout cela lui est fourni par l'autorité militaire, mais il l'a chez lui, à portée de sa main, à charge pour lui, — c'est un devoir dont il s'acquitte scrupuleusement, — de l'entretenir en bon état de service. Vienne alors l'ordre d'appel : il endosse sa tenue, prend son arme et se rend à la caserne, où il reçoit ses munitions. Le voici prêt à partir.

(( Pour les chevaux aussi, qu'il faut chez nous réquisitionner, harnacher, affecter à un cavalier, un système très simple permet aux troupes montées de les réunir rapidement. Les montures et attelages nécessaires à ces troupes sont, en temps de paix, confiés à leurs cavaliers éventuels, à leurs futurs conducteurs, et ceux-ci les amènent en rejoignant leurs corps respectifs, d

Ce système, fort bien adapté à la Suisse, — à la configuration du pays comme à l'esprit civique et à la sagesse du peuple, — serait difficilement applicable à d'autres nations.

Ce qui fait surtout la force de l'armée suisse, c'est l'importance qu'elle accorde au tir. L'état-major helvétique a compris le rôle considérable du tir dans la guerre moderne, et surtout dans un pays de montagnes où la défense consisterait principalement en une lutte de guérillas, d escarmouches, d embuscades. Les Suisses sont toujours restés les premiers tireurs de l'Europe depuis 1 époque de Guillaume Tell. Chaque village a sa société, ses fêtes de tir : tous les dimanches, jeunes et vieux vont s'exercer à la cible.

Les champions, sélectionnés par les concours locaux, vont rivaliser, tous les trois ou quatre ans, aux grandes fêtes du Tir fédéral — le plus grand event à la fois sportif et patriotique aux yeux des Suisses.

Auparavant ont lieu, dans chaque commune, une infinité (( d'éliminatoires » très pittoresques. Toute la population mâle et adulte du village est là : rudes gars de la montagne en vestes brunes ou en blouses, aux figures bronzées, aux corps musclés et trapus, chacun apportant son fusil en bandoulière.

11 faut voir la gravité sérieuse de ces paysans qui passent leur après-midi du dimanche à tirer à la cible... Une cantine en plein air, avec des rafraîchissements, est installée par un aubergiste du pays, qui, lui aussi, fait quelques cartons, entre les tournées de bière versées à ses compatriotes.

Ce ne sont pas les enjeux matériels du Tir fédéral qui sollicitent les convoitises. Le grand prix, généralement,

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