LA CATHEDRALE ET LE QUARTIER EST
toujours été plus fréquentes avec l'Italie, à laquelle accèdent les trois débouchés naturels des vallées méridionales, — avec l'Allemagne par la trouée du Rhin et le lac de Constance, et même, pour la région orientale, avec le Tyrol. Les Grisons ont en outre un caractère physique commun, la sécheresse du climat, qui se traduit par l'exhaussement des zones de végétation.
Cette situation géographique explique que les Grisons aient vécu, jusqu à une époque voisine de nous, une vie politique à part dans l'histoire de la Suisse. Le réveil démocratique et patriotique s'y manifeste un peu plus tard que dans les Quatre-Cantons. Au début du XV siècle se fondèrent les trois ligues grisonnes, la ligue Caddée (ou la Maison de Dieu, Casa Dei) dans lEngadine, la ligue Grise dans l'Oberland, et la ligue des Dix Droitures (juridictions) à Coire ; les trois ligues conclurent entre elles une union perpétuelle, mais ne fusionnèrent pas : symbole du particularisme local. L une avait pour langue officielle l'allemand, les deux autres chacune un dialecte romanche; les ligues orientales adoptèrent la Réforme, tandis que la ligue Grise resta fidèle au catholicisme.
Alliée à la confédération helvétique, la république des trois ligues fut pendant plusieurs siècles une petite Suisse qui vécut à côté de la sœur aînée. Mais tandis que celleci, après avoir repoussé 1 assaut de Charles le Téméraire, resta généralement en paix avec ses voisines, la position d'avant-garde des Grisons valut aux trois ligues des guerres perpétuelles pour maintenir leur indépendance. Elles résistèrent victorieusement, et, passant à 1 offensive, elles s'annexèrent pendant un temps assez long la Valteline italienne qui leur fournissait leur vin ; l'usage de boire du vin de la Valteline est toujours répandu dans les Grisons.
Jusqu'à l'époque moderne, par suite des luttes soutenues, les habitants des Grisons formèrent une population très guerrière et redoutée de leurs voisins. On ne s en douterait pas aujourd'hui en voyant les