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S P L U C E N : LA PLACE DE LA POSTE

Les habitués de la Suisse n'ont pas oublié les voitures de naguère, spacieuses, largement vitrées, et permettant de regarder tout à loisir le paysage ; les coupés-landaus étaient particulièrement bien aménagés, avec deux places sur le coupé de devant, quatre à 1 intér.eur (découvert à volonté) et deux sur la banquette d arrière. Mais le progrès a réclamé plus de rapidité dans les transports. Aussi les routes de montagne suisses sont-elles desservies par de rapides et confortables autocars.

Le col du Spliigen forme la frontière entre la Suisse et l'Italie. La descente sur lltalie, tout autre, est aussi belle que le parcours sur le versant septentrional : si 1 on quitte les forêts de sapins et les gorges, on a, en revanche, d'immenses panoramas sous une lumière plus chaude, et, entre Monte Spluga et Pianazzo, une vue plongeante sur la vallée qui est peut-être sans rivale.

Au delà du village de Spliigen. une autre route remonte le Rhin, pour s en détacher plus à louest, à Hinterrhein, après la sauvage gorge d Areu : c est celle de San Bernardino qui, par le col du même nom. redescend sur la vallée italienne la plus occidentale des Grisons, le val Mesocco.

Hinterrhein, qui a une église très ancienne, est le dernier village du Rheinwald, au pied du massif neigeux de 1 Adula : futur centre d alpinisme, encore peu développé, dans une situation magnifique. La cabane de Zapport, élevée par le Club alpin suisse, à 2.320 mètres, est un point de départ commode pour les grandes ascensions. Le Rhin inférieur prend sa source non loin de là, et jaillit sous les parois azurées et scintillantes dune grotte de glace naturelle, disloquée, crevassée, aux splendides reflets glauques et verts, au milieu d'un des paysages les plus sauvages de la Suisse.

La vallée et la ligne de l'Albula.

Le développement des chemins de fer rhétiques.

— Revenons à Thusis pour remonter le cours de l'Albula, » la blanche I), comme 1 ont sur-

nommée jadis les populations riveraines, à cause de ses eaux frangées d'écume. La voie ferrée domine d'abord les gorges impressionnantes de Schyn : à travers les sapins clairsemés le long des pentes abruptes, le train suit en corniche les escarpements à pic, et semble suspendu par miracle au-dessus de la gorge Au sortir d'un tunnel, le double pont de Solis, ample arche de pierre ajourée, jetée par la voie ferrée sur le défilé au-dessus de la petite arche massive de la route, se superpose au-dessus des profondeurs de la gorge en une perspective changeante et pittoresque.

L horizon s ouvre, et on remonte entre de riantes prairies jusqu à Filisur, en ayant sans cesse en face de soi le cône, au sommet dénudé, du piz Muchetta, aigu et géométrique, et qui peu à peu s'ouvre et s affaisse pour disparaître finalement derrière les pentes onduleuses des sapinières.

Les villages, avec façades blanchies à la chaux, jettent une note claire sous les forêts sombres : Tiefenkastel, juché sur le bord d'un plateau, avec son campanile rosé, construit à 1 italienne ; Surava, où 1 on fabrique le biscuit pour 1 armée suisse ; Alvaneu et son établissement thermal, à bains d'acide carbonique, de vapeur et de lumière ; et, après deux élégants et hardis viaducs en

LE VAL d'avers ET LE PIZ SURETTA (3025 M.).

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