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LES DEUX PONTS

pierre, aux arches sveltes, finement élancées, le clocher aigu de Filisur, coquet village qui serpente dans les prés, au-dessous de la gare où bifurque une ligne pour Davos.

La vallée de l'Albula, avec son prolongement naturel, le Domleschg, de Thusis à Reichenau, est lartère centrale des Grisons, l'axe de symétrie économique du canton, autour duquel ont convergé les grands mouvements ethniques, linguistiques ou religieux,— où sembranchent les voies de communication maîtresses, routes jadis, aujourd hui chemins de fer. Au-dessous de Filisur se réunissent les routes engadmoises de la Fluëla. par Davos, et de l'Albula, qui, prolongées, conduisent en Autriche et en Italie: à Tiefenkastel, se croise la route de Coire au Julier et en Italie par la Maloja ; à Thusis débouchent les routes italiennes conjointes du Bernardino et du Splugen ; à Reichenau, celle du Gothard par rOberalp, sur laquelle se greffe plus haut celle du Lucicmanier.

TIEIENKASTEL ET LA VALLEE UE LALBLLA.

Et tous ces courants d'activité, réunis en un seul, se dirigent par Coire vers Zurich ou le lac de Constance.

C est par la trouée inférieure du Rhin que le rail a pénétré dans les Grisons. A Coire s'arrêtent les chemins de fer fédéraux, à voie normale. Pendant longtemps ce court tronçon fut la seule voie ferrée du canton : on reculait devant les travaux d art énormes, nécessités par les gorges étroites et la grande déclivité des vallées ; on craignait aussi un faible rendement dans une région montagneuse peu commerçante, moins industrielle encore, et habitée par une population clairsemée. Le développementdutourisme fit tomber la seconde objection, et, par un juste retour, la création du chemin de fer a accru le mouvement des étrangers dans des proportions considérables.

Le réseau des chemins de fer rhétiques, qui dessert aujourd'hui la plus grande partie des Grisons, est à voie étroite, — ce qui a permis de diminuer les frais d'établissement, — et en même temps à adhérence sur toutes les lignes, sans intercalation de tronçons à crémaillère, afin d'obtenir des vitesses supérieures. La première ligne, au départ de Landquart, fut ouverte en 1890 pour desservir Davos par le Praetigau. La seconde doubla la voie normale de Landquart à Coire, et fut prolongée de Coire à Thusis en 1896. La ligne de rOberland grison fut amorcée à son tour, en 1903, par le tronçon Reichenau-llanz, prolongé en 1912 jusqu'à Disentis où il va se raccorder au chemin de fer de la Furka. En même temps on s'était occupé de desservir I Engadine : en 1903, la locomotive allait de Thusis à Celerina, par Filisur et le tunnel de l'Albula : l'année suivante à Saint-Moritz, en 1908 à Pontresina, en 1913 à Schuls-Tarasp à 1 extrémité de la Basse-Engadine. En 1909. le raccordement Filisur-Davos était établi. Le réseau qui avait été ainsi constitué en vingt ans et comptait près de deux cents kilomètres de développement, a été construit tant par les capitaux privés qu à I aide de subventions fédérales, cantonales et communales : certaines communes pauvres ont donné leur coopération en nature, sous forme de bois de construction.

C est un nouvel exemple intéressant de solidarité. Les dépenses ont été élevées, parsuite des travaux d art : sur la ligne de I Albula le prix de revient est ressorti à 403 000 francs le kilomètre.

Au-dessus de Filisur, un tunnel en spirale permet au chemin de fer de s'élever pour prendre de flanc le Bergiinerstein, dans un défilé boisé qui rappelle un peu la gorge de Schyn. Le gros bourg de Bergiin, massé dans une cuvette de prairies, qui s'ctage entre deux ravins superposés, est un des plus caractéristiques de la région. Là on peut

GRISONS

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