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LA ROL'TE DU SIMPLON. PRES DE BF.RISAL

longée parle funiculaire du Gornergrat: puis, à 1 ouest. Martigny-Orsières et Monthey-Champér>', en attendant la mise à exécution d autres projets.

Parallèlement aux voies ferrées, l'industrie hôtelière, qui fut longtemps en retard dans la région, sest développée très rapidement, et. avec elle, le mouvement des étrangers. Pour une seule période de cinq années — 1905 à 1910 — laccroissement des hôtels appartenant à la Société suisse des hôteliers a été de 40 pour 100.

Des hôtels ont été construits à proximité ou au milieu des neiges éternelles, pour permettre aux touristes de faire des cures d'air aux grandes altitudes et dadmirer de plus près, à loisir, les paysages glaciaires. Dans le voisinage du glacier du Rhône, au milieu d un pays désert et inhabité, des hôtels ont été installés, qui, avec leurs annexes, forment à eux seuls de petits villages, à Gletsch. à la Furka. créant sur place leurs moyens d approvisionnement, avec leurs animaux délevage, leur boucherie, boulangerie, leurs ouvriers et leurs guides.

Les hôtels les plus élevés de Suisse sont dans le Valais (1 ), à la

(I) A l'exception de celui du Jungfraujoch. dans lOberland bernois, qui détient le record d'altitude (3 460 mètresl.

l'hôtel du lac noir (2589 m.) et le mont rose.

première cabane du Cervin (3 300 mètres) et au Gornergrat. à 3 1 36 mètres d altitude; plusieurs autres, notamment aux environs de Zermatt. dépassent 2 400 mètres.

Le développement de Zermatt est particulièrement caractéristique. Le premier hôtel, fondé en 1839 par le docteur Lauber, hébergeait dix à douze voyageurs par an. En 1855. Alexandre Seiler 1 achète, installe 35 lits et héberge 500 touristes: en 1869. il a trois hôtels. 1 76 lits. 4 500 voyageurs; en 1884, cinq hôtels, 530 lits, 12 440clients. L'organe, une fois de plus, a créé la lonction.

il n est pas moins intéressant de voir comment le mouvement touristique suit le rail. En 1889, Zermatt hébergeait environ 15 000 touristes par an. Le chemin de fer, ouvert 1 année suivante jusqu à Saint-Nicolas, en amène à lui seul 1 7 962 ; il est terminé en 1897. et. la même année, le nombre des voyageurs s élève à 40 081. En 1898, s'ouvre la ligne de Zermatt au Gornergrat; résultat ; 50 050 étrangers se '^'■^^'^'"'' rendent à Zermatt par voie ferrée. Une fois

mise en mouvement, la vitesse du développement touristique s'accroît automatiquement : 68 029 hôtes en 1903, 96 395 en 1907. Aujourd'hui le chifïre de 100 000 est dépassé.

Histoire. — Par suite de son isolement, le \ alais a vécu jusqu'au siècle dernier une vie à part : ce canton est entré un des derniers dans la Confédération helvétique. Le fait le plus caractéristique, au moyen âge. fut la conquête et la colonisation du Haut- \ alais par les Alamans. venus de l'Oberland bernois par la route du Grimsel. Les envahisseurs fondèrent à Sion une colonie germanique qui subsiste encore, et. pendant plusieurs siècles, la lutte se poursuivit entre les Hauts et les Bas-V'alaisans, entre l'évêque et les nobles, entre les communes et la maison de Savoie, longtemps suzeraine de la région.

Le Valais s'allia à la Confédération suisse dès le XV' siècle, et, après la tourmente de la Révolution et du premier Empire, demanda son incorporation, qui eut lieu en 1814. Les guerres contre 1 étranger avaient cimenté 1 unité nationale, et les différences de race sont depuis longtemps effacées, bien que le canton soit partagé au point de vue des langues en deux parties bien nettes : à l'ouest on parle le français et les patois romands, jusqu à Sierre et au val d'.-\nnivier5: à lest, c'est l'allemand, à partir de Loèche

et de Tourtemagne. Et le dicton va-

laisan déclare : « Moitié velches.

moitié germains; mais notre cœur tout

entier est suisse. »

Du lac de Genève à Saint- Maurice. — En remontant le Rhône, du lac de Genève jusqu au-dessous de la dent de Mordes, le canton du Valais est limité à la rive gauche, occupant une bande de terrain assez étroite qui s'allonge sur la pente des montagnes entre le fleuve et la crête des cimes.

Le Valais a deux localités baignées par le Léman, qui se mirent dans les eaux au-dessous des Alpes savoyardes, Saint-Gingolph, qu une rivière coupe par le milieu — le pont constitue la frontière franco-suisse — et le Bouveret, qui est à la fois le point terminus des vapeurs partis de Genève, et une gare internationale importante ; les voyageurs venus de France quittent là le réseau du P.-L.-M. pour prendre la voie ferrée qui. en remontant la rive gauche du Rhône, va rejoindre à Saint-Maurice la grande ligne du Simplon. Dominé par le massif pittoresque des Cornettes de

VALAIS

Bise, le Bouveret est une riante station estivale à laquelle ses ombrages et son exposition au nord assurent une fraîcheur fort goûtée pendant la canicule. On y remarque le Fort de la porte du Sex, construit à la fin du XVr siècle et qui gardait le défilé : son architecture massive évoque encore sa destination belliqueuse.

Les localités se succèdent, blotties sous les montagnes dans des nids de verdure. C'est Vouvry, qui garda jusqu'au siècle dernier le souvenir du passage de Charlemagne. commémoré par un bal qui avait lieu chaque hiver le jour de la fête de l'empereur.

C'est Miex, plus haut, entre les cerisiers, d où l'on monte au lac de Tanay, délicieux coin romantique où un seul hôtel semble égaré entre les sapins et les cimes des deux Jumelles. Non loin, Vionnaz, village de pâtres auquel les philologues doivent un souvenir reconnaissant :

c'est là que le maître actuel de la dialectologie française, M. Gilliéron, vint s'installer jadis pendant plusieurs mois au milieu des paysans pour étudier leur rude langage : et l'obscur patois de Vionnaz eut 1 honneur d'être le premier parler populaire de la Gaule romane qui fût l'objet d'une étude scientifique. Les modestes bouviers du pays se soucient d'ailleurs fort peu de la gloire toute spéciale que la linguistique a fait rejaillir sur leur village.

Monthey, bourg industriel, est situé dans une région parsemée d'énormes blocs erratiques : à l'époque quaternaire, le glacier du Rhône, qui atteignait des dimensions formidables, couvrait en effet toute la vallée sillonnée aujourd'hui par la rivière, bien au delà du lac de Genève ; et le fleuve de glace a laissé, sur le bord des montagnes qu'il corrodait, des témoins de ses moraines disparues. Un peu plus haut, au sud, Choex, agréable séjour d'été, possède dans son voisinage un monument mégalithique, avec un souterrain, récemment découvert. Beaucoup d'instruments préhistoriques ont été mis à jour dans les environs.

La région est couverte d'opulentes châtaigneraies.

A Monthey s ouvre le val d'illiez. desservi par une voie ferrée qui, par Trois- Torrents, amène à Champéry, face à la majestueuse Dent du Midi. Non loin, la petite station thermale de Morgins possède une » eau rouge " aux propriétés ferrugineuses très actives.

Champér>' est une villégiature d été fréquentée, d'où l'on peut faire de nombreuses ascensions et passer en Savoie par divers cols.

Mais ce qui a fait la renommée du pays, ce sont les costumes des paysannes qui ne portent pas la culotte

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