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La vallée de Munster. — De Zer-
nctz, par 1 Olcii-l'ass, la route conduit dans la vallée de Munster, qui est une pointe avancée de la Suisse, enfoncée au cœur du Tyrol, et qui, seule des Alpes helvétiques, envoie ses eaux à l'Adige. En revanche, la vallée italienne de Livigno, qui prolonge le val de Spol, au sud de Zernetz, est tributaire de llnn: tributaire socialement aussi de la Suisse, puisqu'elle ne paie pas de droits de douanes, par suite de traités, datant de 1 époque des ligues grisonnes, qui ont mis 1 économie politique d accord avec la géographie : ses habitants s alimentent et se fournis.sent librement sur le territoire helvétique, et la commune, en revanche, paie au trésor italien une redevance annuelle de sept cents francs.
La descente est rapide après le col de l'Ofen, qui dépasse deux mille mètres. Dans la vallée s'échelonnent quelques villages aux consonances romanches bizarres, Cierfs, Valcava, Lii sur un haut « replat » de montagne, le village le plus élevé de Suisse (1918 mètres) après les agglomérations du val d'Avers.
Santa Maria, au centre de la vallée qui s'élargit, renferme une vieille église gothique. Là se détache la route de l'Umbrail qui conduit à Bormio, dans la \ alteline : près de I ancien point de jonction
des trois frontières de Suisse, d Italie et d Autriche, s'embranche la célèbre route du Stelvio, la plus haute route carrossable d r.urope, qui conduit dans le Tyrol vers Méran par un col de 2 756 mètres d'altitude, sous le splendule niassil neigeux de 1 Orl- 1er. .'\u norci du col, on montre un pic, la K pointe des trois langues )) ( Dreisprachcn spitze), qui se trouve effectivement à la limite commune de 1 allemand, du romanche et de l'italien.
Plus à l'ouest se creu.se le sauvage Val de \ au. qui conduit au lac de Rims, particulièrement riche en truites.
La truite abonde d ailleursdans toute la région.
ENGADINR
Au-dessous de Santa Maria, Munster, avec ses SIX cents habitants, est la localité la plus populeuse de la vallée. Elle porte le nom (I) d un célèbre et antique couvent de bénédictines qui avait été bâti dans un pittoresque cadre de montagnes. Un quartde lieue plus loin, la frontière italo-suisse coupe la vallée qui s élargit face au majestueux fronton de I Œtztal tyrolien marbré de glaciers, en amont du village de Taufers, près duquel, en 1499, les Grisons infligèrent une sanglante défaite à leurs voisins. La Réforme ne fit qu accentuer la rivalité entre le Tyrol, resté catholique, et l'Engadine devenue protestante; la limite des religions vint se superposer à la démarcation des Etatset des langues.
En dépit de son altitude considérable — le point le plus bas, au-dessous de Munster, dépasse encore douze cents mètres — la vallée jouit d un climat tempéré, encaissée
ZUOZ. SCANFS ET LE PIC d'esEN (3130 M
d installer des agglomérations permanentes, qui s'égrènent en chapelet assez lâche le long de la rivière. L'atmosphère est vivifiante, d une sécheresse et d une transparence remarquables. Les perspectives sont larges, ouvertes, vigoureusement aérées entre de vastes horizons, — contrastant ainsi avec les gorges profondément entaillées des Alpes valaisanes et bernoises, et même de la Rasse-Engadine. Ici la vallée est tellement haussée (|ue les montagnes paraissent presque basses et que les glaciers en pentes doucis arrlvf-nl sans .saccades au niveau des eaux courantes.
Au-dessus de la puni Ola, en remont;inl le cours de llnn, on trouve Scanfs, dont la maison d école renferme une curieu.se collection d animaux empaillés, puis Zuoz, (|ui lut jadis la métropole de l'Engadine : dans sa vieille tour, récemment restaurée, on montre encore d antiques instruments de torture à côté d'anciens drapeaux. Ses sources thermales ont rendu au bourg déchu un regain de vitalité.
Ponte, nu croisement de la route de l'Albula, et qui possède de curieuses mai.sons engadinoises très primitives, avait une grande importance, au début du siècle, avant la création du chemin de (ef, lorsque les diligences, pendant toute la belle saison, déver-
MAlSON A ziinz.
qu'elle est entre de hautes montagnes. Des conditions climatériques exceptionnelles permettent aux forêts de s'élever jusqu à 2 30(1 et 2 400 mètres, alors qu elles ne dépassent pas I 900 mètres dans lOberland bernois et 2 ll)U dans le Valais suil-oriental. Les champs de blé atteignent dix neul cents iiu- 1res et à treize cents mûrissenl <lé|.'i de lort beaux Iruits.
La Haute-Engadine. — Mais c'est encore l.i 1 l.uilr I .imadine (jui est ."i la lois la région l.i jjlus caractéristique et la plus paradoxale : vallée qui s'étire en ligne droite sur une longueur de dix lieues, et que llnn arrose en pente douce, sans descendre de deux cents mètres sur ce long parcours.
Ici encore, un climat exceptionnel a surélevé les zones de végétation, en permettant
(1) Munster signifie originairement « monastère C'est le nom allemand de la petite ville qui. t romanche, s'appelle Mustair (même mot et mén origine que le français moùtierU
PO.NTE CAMPOVASTO ET LE PIZ MEZAUN (2 965 M.).