LE MONTE SAN SALVATORE (1703 M
sommet, la vue sur les lacs est fort belle : on détaille nettement le mont Rose, dont li rosoie au soleil levant.
laire : malheureusement le premier gâte un peu le paysage, en écorchant d'une traînée d'ocre toute une pente verdoyante de la montagne.
Le San Salvatore est peut-être la plus intéressante des deux cimes. C'est un jeu pour les bons marcheurs de gravir ses pentes rocailleuses et boisées. Il fait bon l'été partir au petit jour, avant le lever du soleil qui sortira tout à l'heure sur un ciel clair derrière la silhouette bleutéedu Monte Generoso. A ce moment la fraîcheur des prés et des bois est délicieuse, et on peut cueillir en août le cyclamen odorant, tout humide de rosée. Au par les temps clairs, ; diadème de glaciers
LES MONTS BOCLIA {1512 M.) ET BRÈ
Le lac de Lugano. — La principale séduction de Lugano, c'est encore son lac, qu'on peut longer à pied ou en voiture, parcourir en vapeur, en barque, en canot automobile.
On a dit parfois que c'est un lac suisse sous un ciel italien. Rien n'est plus exact. Déchiqueté, découpé, tordu comme le lac des Quatre-Cantons. il paraît sans cesse finir, et recommence derrière un tournant de montagne. Très encaissé en général entre des pentes plus ou moins abruptes, il ne s étale complaisamment que dans le golfe du Lugano, vaste comme une belle conque marine. Les montagnes voisines sont généralement boisées, mais d'un aspect tout autre que dans I Oberland ou le pays d'Uri : ni sapins, ni pins, mais une forêt courte et touffue de chênes, de trembles, de charmes, d'arbrisseaux trapus et épineux, telle que de loin la montagne semble couverte d une toison verte, épaisse et égale, d'une chevelure crépue coupée aux ciseaux.
Lugano est situé dans la région centrale du lac, dont les deux extrémités, à l'est et au sud-ouest — plus la petite enclave de Campione — appartiennent à 1 Italie. La partie orientale est largement ouverte, entre des montagnes hautes et escarpées. La route conduit de Lugano à Castagnola, banlieue parsemée de villas de plaisance qui remontent peu à peu les flancs du Monte Brè telle coupe des parois rocheuses et contourne un cap d'où elle domine le lac par une superbe corniche. Jadis elle était prolongée par un ravissant sentier de chèvres — transformé depuis peu en chemin carrossable — surplombant tour à tour et longeant la rive au ras de 1 eau, enjambant les rocs en forme de tours, passant sous des berceaux de vigne, traversant les broussailles où frétillent les lézards, pour aboutir à Gandria, petit village de pêcheurs aux toits rouges, serré et étage audessus du lac, le long de la
SUISSE ITALIENNE