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PARTIE OUEST DU PANORAMA DU MONTE GENEROSO

reste aussi fraîche et luxuriante qu au mois de mai. L eau produit ce miracle : car le pays est arrosé à merveille par les innombrables ruisselets et cours d'eau qui descendent des Alpes, et qui sont utilisés par une irrigation intelligente. Les cultures sont variées. Des prés, coupés de bosquets, que Ion fauche trois ou quatre fois par an, alternent avec des champs de maïs, des mûriers, des vignes qui étendent leurs grands bras le long de hauts treillis.

L industrie de la soie est très développée, comme dans toute la région des lacs : les filatures sont nombreuses. Des tramways ruraux attestent 1 activité du pays.

La contrebande se pratique sur une vaste échelle de Suisse en Italie, surtout pour le café, le sucre, et plus encore le tabac, dont le prix est en général plus élevé dans le royaume voisin. La configuration du pays, boisé et accidenté, s'y prête particulièrement, et rend, ainsi que les caprices des limites politiques, la surveillance très difficile.

Les contrebandiers se servent surtout de chiens. Ceux-ci sont élevés dans les localités les plus voisines de la frontière, sur le territoire italien : ils sont choyés, bien nourris, caressés. Lorsque l'animal est adulte, on l'emmène en Suisse dans le village le plus proche. Mais là, la scène change : un homme, costumé en douanier italien, frappe le chien et ne lui donne qu une maigre pitance. Au bout d une semaine de ce régime, il ne reste plus qu à amarrer sur le dos de lanimal une bonne charge de tabac, et le chien, aussitôt lâché, s'empresse de quitter cette demeure inhospitalière pour courir, avec toute la sûreté de son flair, vers la maison où il était si heureux. En passant à la frontière, aperçoit-il un douanier italien, il se hâte de l'éviter et de prendre le large : la vue du costume suffit à lui rappeler les coups qu'il a reçus.

Dans les bois, les autorités italiennes ont disposé un treillis continu, de près de deux mètres de haut, et assujetti par des poteaux de fer : les chiens ne peuvent sauter cette barrière. Mais pour les nécessités de la circulation, il

avec un fusil sur lépaule et un trousseau de clefs à la ceinture : on ferme, en effet, les portes à clef la nuit, ou lorsqu un convoi de contrebandiers est signalé.

Chaque porte est munie d'une clochette qui tinte quand le battant s'ouvre. Dès qu'ils entendent cette sonnette, les factionnaires ont pour consigne, après une première sommation restée sans réponse, de tirer à balle, au jugé ou au visé, sur quiconque a passé, homme ou bête. Aussi, nombreux sont les chiens qui tombent sous les balles des douaniers italiens : rien qu aux environs de Stabio, on en tue deux ou trois cents par an. Mais on estime qu'il en passe dix fois plus. Ce sont presque toujours les novices qui sont atteints : un chien, dès qu'il a échappé au danger, se laisse rarement prendre par la suite, mettant en œuvre des ruses d apache pour échapper à son ennemi.

Fidèles à leurs traditions d'hospitalité, les douaniers suisses ne s'inquiètent pas des préparatifs que font les contrebandiers — tous italiens — sur leur territoire, et ils suivent d'un œil amusé les

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