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LA PROMENADE DES CHIENS

de ses bois, par la richesse de sa Hore, et par le sévère massif rocheux du mont Blanc, qui hérisse, au-dessus d'un paysage d'idylle,

I enchevêtrement formidable et sévère de ses aiguilles géantes et de ses crêtes aiguës, entaillées parle ravinement millénaire des glaciers.

II est question de relier Orsières à Courmayeur par une voie ferrée. Au delà d Orsières, la route monte vers le Grand-Saint-Bernard

par Liddes et Bourg-Saint-Pierre, modeste village qui évoque cependant les grandes ombres de trois empereurs célèbres : Constantin, Charlemagne et Napoléon. Le premier a laissé une inscription sur une borne milliaire : le second, suivant une tradition peutêtre apocryphe, aurait construit un pont qui est aujourd'hui tombé en ruines. Le souvenir de Bonaparte est plus vivant. On montre encore, dans un hôtel, la chambre où il déjeuna et le fauteuil dans lequel il prit place. Et le touriste peut répéter avec Béranger : Il s'est assis là, grand'mère !

11 s'est assis là!

A proximité est un des plus beaux jardins alpins de Suisse.

Ces villages valaisans, frustes et primitifs, souvent malpropres, présentent un contraste complet avec la joliesse coquette de la Suisse allemande ou vaudoise. Leur pittoresque et leur couleur locale intense les rendent précieux aux artistes. Les fumiers sont parqués dans les rues, devant les maisons auxquelles on accède par des escaliers extérieurs en pierre, rendus nécessaires par les neiges hivernales.

Frais l'été, le climat est très rigoureux dans les autres saisons. Néanmoins le Valaisan émigré peu , contrairement

au Savoyard et au Valdôtain. Voilà pourquoi il a conservé ses anciennes moeurs.

Après les pâturages et les sapinières de Bourg-Saint- Pierre, la contrée devient sauvage, aride, rocheuse. La végétation disparaît, tandis que le mont Vélan, drapé de neige, domine les lointains de la route poudreuse. Au point culminant. 1 hospice du Grand-Saint- Bernard, entre un lac blafard et une gorge revêche, campe la lourde masse de ses bâtiments dans un paysage sinistre, où tout évoque la désolation et la mort. Ici le vallon des Morts, célèbre par ses avalanches meurtrières, là le mont Mort, qui dresse sa silhouette rébarbative; à côté la Morgue, où sont exposées les victimes des catastrophes, l'horrible Morgue où l'air sec des hauteurs décompose, sans les pourrir, les cadavres qui n ont pas été réclamés, — et qui a été murée pour épargner la sensibilité des touristes. Çà et là des croix votives rappellent les sinistres de la montagne. Quelques refuges, munis depuis peu du téléphone avec l'hospice, sont échelonnés aux endroits les plus périlleux.

Le Grand-Saint-Bernard, à 2 472 mètres d'altitude, est la plus

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