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UN VILLAGE

haute habitation permanente des Alpes. Dans ce couloir où font rage les vents du nord, les intempéries sont terribles. On a calculé que le climat moyen est celui du Spitzberg. C'est à peine si, pendant deux ou trois mois d'été, quelques pâles fleurettes viennent piqueter les plaques d'un rare gazon perdu entre les rochers et les neiges. Même au mois d'août le lac est souvent recouvert le matin d'une mince feuille de glace. L hiver on sort par les fenêtres du premier étage, tant est haute la couche de neige.

C'est là que saint Bernard de Menthon, à la fin du X" siècle, fonda un hospice pour porter secours aux pèlerins et aux voyageurs. Plusieurs fois reconstruit dans le cours des siècles, le couvent, enrichi par les rois et les seigneurs, abrite aujourd'hui une dizaine de chanoines, de l'ordre de Saint-Augustin, qui logent et nourrissent les voyageurs, suivant la règle établie par le fondateur; un hôtel doit lui être adjoint. L'ordre a à sa tête un prévôt, qui porte la crosse et la mitre.

Chaque jour, pendant l'hiver, ou lorsque le temps est mauvais, deux domestiques ou maronniers descendent sur les versants suisse et italien, pour secourir les voyageurs en détresse. Ils sont accompagnés de leurs célèbres chiens, qui sont admirablement dressés pour le sauvetage en montagne : bêtes superbes, joignant le flair à la vigueur et à l'endurance au rude climat de la montagne. La race actuelle est originaire de Leonberg, en Wurtemberg.

L hospice comprend plusieurs corps de bâtiment, dont deux datent du XVI" siècle, et une église du XVII''. Le plus ancien édifice, le couvent, renferme les salles de réception, une bibliothèque assez riche, et une collection de monnaies de tout premier ordre.

Une plaque de marbre, apposée en 1 804 par « la République du Valais reconnaissante », rappelle le passage de Napoléon par son insciiption latine.

Un cénotaphe en marbre, à la mémoire de Desaix, le vainqueur de Marengo, fut élevé en 1806 dans la chapelle.

La frontière coupe le lac. Et la route, achevée seulement il y a quelques années, contourne en lacets le vertigineux entonnoir qui s'approfondit vers les défilés de la vallée d Aoslc et les plaines d'Italie.

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