LA VALLEE
des pentes assoiffées, el atteignent jusqu à A8 kilomètres de longueur. Chaque bisse a été construit, est entretenu et surveillé par le groupement des propriétaires intéressés, qui a son chef élu. son conseil, son règlement pour la répartition des eaux. Par là s affirme une fois de plus l'esprit d'organisation et de discipline que les Suisses possèdent à un si haut degré.
Les cures de raisin sont en honneur, à I automne, dans la vallée du Rhône. Sion devient même un séjour d hiver fréquenté, et plus encore Sierre. d le Nice du Valais i. qui est le point le plus chaud. Ici l'aspect du pays change : le ciel devient plus lumineux, le sol plus sablonneux, les coteaux plus secs: les prairies font place aux champs de blé et aux pinèdes : c est un aspect déjà méridional. .A côté de ses hôtels et villas modernes, Sierre conserve un ensemble pittoresque de vieilles demeures féodales, ainsi que la localité voisine de Granges. Des séjours d'été sur les hauteurs voisines ramènent à la végétation et à la fraîcheur alpestres : Lens sur Granges, et, au-dessus de Sierre, Montana, desservi par un funiculaire, et qui. par sa situation privilégiée, est une station climatérique hors de pair.
Au delà de Sierre. on entre en pays allemand. La forêt de Finges, où les \ alaisans se défendirent héroïquement en 1 799
contre les armées du Directoire, marque la limite des langues. De Sion à Brigue, la plupart des localités ont un double nom. — français et allemand : Sion-Sitten. Sierre- Siders, \ iège-\ isp. Brigue- Brieg. etc. Les localités se succèdent dans la vallée toujours fertile, ainsi que les ruines féodales : la tour de Salgesch, le château et les courtines de (I Loèche la Forte ". les manoirs de Gampenen. d Argam, de Gampel. les ruines de Rarogne. où I église a remplacé la forteresse. La vallée se resserre, tandis que des perspectives s'ouvrent sur des glaciers lointains. A \ iège, dominé par son clocher, se détache le chemin de fer de Zermatt, tandis qu au nord, descendant en pente douce des Alpes bernoises, la ligne du Lœtschberg va se raccorder à la grande gare de Brigue avant de s engouffrer, avec la ligne venue de Martigny. sous le tunnel commun du Simplon.
;iERRE. Vais d'Hérens et d'An-
niviers ; mceurs primitives. — Tandis que le Rhône, au nord, est serré de près par la muraille des Alpes bernoises, au sud au contraire s ouvrent, presque à angle droit, des vallées profondes qui pénètrent au cœur des Alpes pennines. .Après les trois couloirs qui convergent vers Martigny. levai d Hérens se creuse à la hauteur de Sion, et le val d Anniviers en face de Sierre. Régions pittoresques et primitives, que ne sillonne aucune voie ferrée, où les vieilles mœurs et les vieux costumes se sont conservés jusquà nos jours avec un archaïsme remarquable.
Lorsque Tœpffer. aux environs de 1840, se rendit à Evolène avec ses élèves. Interlaken était déjà une villégiature à la mode, mais on n'avait encore jamais vu de touristes dans le val d'Hérens. Pas la moindre auberge, naturellement. Les notables de I endroit tinrent conseil pour résoudre le grave problème du ravitaillement de leurs hôtes, pour décider chez qui ils devaient loger, et quelle rémunération honnête il fallait leur demander. Plus fard, les étrangers qui allaient dans ces vallées descendaient chez le curé, qui leur prenait un franc de pension par jour, chambre, repas et vin, tout compris! Par contre, le logement était plutôt sommaire.
.Aujourd hui. chaque localité possède un ou plusieurs hôtels, mais ces vallées n'en ont pas moins gardé leur charme fruste. Les