CONFLUENT DU RHONE ET DE LARVE
consentit à l'exécution éventuelle de la Faucille, ainsi qu'au raccordement des deux gares de Genève qui est, pour la ville, d un intérêt capital : la dualité des gares de Cornavin et des Eaux- Vives, qui se complique d'un transbordement à Annemasse pour les directions de Savoie, était, en effet, incommode et fâcheuse, et le raccordement a été décidé par le canton en 1912, avec deux stations intermédiaires, à Plainpalais et à Carouge.
Quant au percement de la Faucille, il apparaît plus problématique, bien que le Jura français le réclame également, car il a contre lui l'opposition de l'Ain et de la Savoie qui préconisent un autre tracé. Genève avait espéré un instant jomdre la Faucille à la ligne projetée du mont Blanc, qui en aurait été le prolongement naturel, et qui, par un tunnel sous le géant des Alpes, aurait débouché en Italie : ce projet est abandonné depuis la guerre.
La poste en Suisse. — Lorsqu'on suit la rue du Mont- Blanc, il est un édifice vaste et somptueux qui frappe surtout le passant par l'ampleur de ses proportions et par I élégance de sa façade • c'est l'hôtel des Postes, tel que Paris lui-même n'en possède point un semblable. La poste, avec ses annexes le télégraphe et le téléphone, joue un grand rôle en Suisse : le gouvernement a compris quelle est 1 importance considérable de ce rouage dans la vie du pays, et n a reculé devant aucun sacrifice pour favoriser son développement. Des localités de quinze à vingt mille habitants — comme Coire — ont des hôtels des postes comme il n en existe pas dans les grandes villes de France, — spacieux, luxueux même, en tout cas conformes aux règles de l'hygiène tant pour le public que pour les employés.
La poste suisse jouit à bon droit du renom d administration modèle.
Ce n'est point qu'elle manque de besogne, au contraire. La poste suisse est un Maître Jacques qui, non content d'englober les télégraphe et téléphone, se fait tour à tour banquier, expéditeur de marchandises, entrepreneur de voitures : elle a, en effet, les services des chèques postaux, des colis postaux jusqu à 60 kilos et des diligences publiques. Et tout ce mécanisme marche de façon remarquable, sans heurt, sans secousse.
La cause ? la voici : cette admi-
nistration a un esprit essentiellement commercial. Elle s'efforce de satisfaire sa clientèle, d'améliorer sans cesse se.s services. D abord en abaissant les prix : la Suisse avait depuis longtemps, avant la guerre, la carte postale à un sou (avec toute la correspondance qu on voulait y inscrire), la lettre à deux sous, et à un sou pour le rayon local (dix kilomètres). Pour dix centimes, on pouvait envoyer cinq cents grammes d imprimés ou papiers d'affaires. Les tarifs des mandats sont aussi très réduits.
Après le prix, la commodité. Toutes les communes suisses ont leur bureau de poste, télégraphe et téléphone. Dans les centres un peu importants, les recettes auxiliaires sont multipliées ; les grands hôtels possèdent chacun leur bureau télégraphique. Il y a en Suisse un bureau de poste par onze kilomètres carrés : proportion unique en Europe. En été. l'affluence des étrangers, qui décuple parfois le nombre des correspondances, est mathématiquement prévue, et le personnel augmenté en conséquence; aussi le service se poursuit-il avec régularité, sans à-coups. Seule l'exécution des ordres de réexpédition laisse à désirer, surtout pendant la " haute saison » dans les stations d'étrangers fréquentées. Mais les départs et la distribution des courriers sont toujours effectués avec une ponctualité remarquable.
Tous les mandats sont payables à domicile par des facteurs