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STATIONS THERMALES

Les eaux minérales sont répandues dans toutes les régions de la Suisse ; on en rencontre dans les hautes vallées, dans la plaine, dans les ravins, dans le lit de rivières : le nombre de celles dont on fait usage dépasse 400 ; plusieurs de ces sources ne sont utilisées que par les habitants du voisinage ; mais, il en est qui ont acquis, à l'étranger même, une grande et légitime réputation.

Tl existe plus de 200 établissements de bains qui tous sont plus ou moins fréquentés.

La constitution variée du sol, la configuration accidentée du pays expliquent la diversité des eaux minérales de la Suisse, au point de vue de leur composition, et de leur therraalité.

Les principaux éléments qui ont servi à distinguer en diverses classes les eaux minérales, se retrouvent, avec toutes leurs nuances, dans les sources de la Suisse, tour â tour ferrugineuses, bi-carbonatées, sulfurées, chlorurées ; plusieurs sont iodées et bromurées. Quant â la température, un bon nombre appartient aux eaux froides, dautres â la température moyenne, dans d'autres, comme â Louesclie, la température dépasse 50 degrés.

La minéralisation et la tbermalité jouent, sans doute, le rôle essentiel dans l'application d'une cure, et les nombreuses stations de l'Europe présentent ces deux éléments â tous les degrés ; mais en Suisse, aux qualités générales, propres aux eaux minérales, viennent se joindre les influences des climats que nous avons décrits dans le chapitre précédent et qui contribuent puissamment aux bons effets de la cure.

Nous ne faisons pas ici un traité de thérapeutique hydro-minérale ; nous pouvons dire cependant que, suivant les conditions des milieux, et aussi de préparation où sont placés les malades, le mode d'administration des eaux pourra recevoir des applications spéciales ; c'est là ce qui explique les procédés employés en Suisse, plus qu'ailleurs, dans la Balnéothérapie particulièrement.

Les stations balnéaires de la Suisse ont presque toutes leur histoire et leur légende ; nous aurons l'occasion de les rappeler pour plusieurs d'entre elles. Certaines stations ayant joui autrefois d'un grand crédit, sont presque abandonnées aujourd'hui; d'autres, dédaignées pendant longtemps, sont devenues les plus réputées et les plus fréquentées. Il importe de se tenir en garde et contre l'oubli, parfois injuste, et contre l'engouement; la tradition, bien comprise, est souvent un auxiliaire du progrès et nous aurons plus d'une fois a faire ressortir la valeur de traditions conservées dans le pays ; les vrais observateurs doivent toujours tenir certain compte des pratiques du passé.

Nous signalerons, dès â présent, la durée prolongée et la haute thermalité des bains, autrefois en usage, près des sources minérales de la Suisse ; nous retrouverons dans plusieurs établissements actuels ces procédés mis encore en pratique avec des résultats très satisfaisants.

Les eaux minérales d'une même région ont généralement beaucoup d'analogie entre elles, quant â leur composition ; aussi, malgré certaines différences, que nous aurons soin de signaler, dans leurs propriétés spéciales, désirant faire apprécier plus facilement les diverses stations, nous les exa-

minerons successivement dans chacune des con • trées de la Suisse, en nous attachant toutefois à ne décrire que les plus importantes.

Les établissements de bains, nous l'avons dit déjà, se trouvent sur tous les points du pays, mais ils sont plus nombreux dans certains cantons : on les rencontre plus particulièrement dans les Grisons, l'Appenzell, Saint-Gall, Argovie, le Valais, Berne et Vaud.

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