INTRODUCTION XXIII
reste entre nations, et si les cantons reçurent beaiicoup, ils envoyèrent aussi au dehoris des hommes distingués qui y firent de brillantes carrières ou de grandes réputations; tel fut le cas, dans des genres divers, de l'amiral Lefort, du grand Haller^ de Rousseau, de Jean de MuUer, de César Laharpe, de Benjamin Constant, du général Jomini, d'Adolphe Monod et d'Agassiz.
« Déjà la Suisse, » dit Thislorien VuUiemin, € exerçait une influence au moins égale h celle » qu'elle avait subie, y) *
La révolution française porta un coup funeste aux lettres et fut un temps peu propice aux recherches scientifiques ; les écoles se vidaient ; la guerre laissait des plaies béantes et c'est à les bander que devaient s'employer les plus nobles cœurs.
Les classes supérieures de la société avaient seules bénéficié du mouvement intellectuel du XVIIIe siècle ; l'éducation populaire avait été fort négligée. On se fait aujourd'hui difficilement une idée de ce qu'étaient alors les écoles primaires et même secondaires. Les gouvernements s'en occupaient peu et en abandonnaient le soin aux communes. Dans les cantons catholiques, c'était génémlement le prêtre qui remplissait les fonctions
1 Voir un article intitulé : « Les gens de lettres en Suisse » , dans la Bibliothèque universelle de septembre 1858.