‹ La Suisse sous le pacte de 1815Chapitre 9 sur 47 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

Glaris surgir en la personne de Egide Tschudi, le premier historien vraiment digne de ce nom qu'ait connu la Suisse.

Au siècle suivant, les guerres de religion et les intrigues diplomatiques absorbent tous les esprits, et la situation des savants devient précaire.

Avec le XVIIIe siècle , les discordes intestines cessant, la paix engendre une nouvelle renaissance intellectuelle. Les lettrés suisses sont en contact fréquent avec la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Angleterre. Les idées nouvelles, parties de France, où elles sont comprimées par le pouvoir absolu, trouvent dans nos cantons un terrain propice et se répandent promptement dans les classes cultivées. C'est la Suisse romande qui reçoit les premières impulsions; les presses de Genève, de Lausanne, d'Yverdon , rivalisant avec celles de Hollande, publient des ouvrages interdits en France, auxquels viennent se joindre ceux de quelques auteurs

nationaux. Voltaire, Rousseau, Gibbon séjournent dans nos contrées et attirent sur elles les regards de l'Europe. Genève s'illustre par les travaux des Saussure, des Turrettini, des Pictet, desTrembley, des Abauzit, des Bonnet, des Bourlamaqui, des Tronchin et des Mallet. A Lausanne, le jurisconsulte Barbeyrac, l'historien Ruchat, le philosophe de Crousaz, l'astronome Loys de Cheseaux, le Dr Tissot, obtiennent de légitimes succès. A Yverdon, de FéUce publie ses encyclopédies. Vers la fin du

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siècle, M^ne Necker et Benjamin Constant passent leurs premières années à Lausanne ; Mme de Staël y fait quelque séjour ; Mn^e de Montolieu y écrit des romans, qu'éclipsent bientôt ceux de Mme de Gharrière. Cette dernière, d'origine hollandaise, habitait la principauté de Neuchâtel , où elle contribua, avec le spirituel Chaillet, à éveiller le goût des lettres. A cette société cosmopolite se mêlaient quelques baillis bernois fort cultivés, les de Bonstetten, les de Sinner, les de Lerber. La Suisse allemande ne demeure pas en arrière du mouvement intellectuel. Berne et Bâle donnent le jour à quelques savants de premier ordre, le grand Haller, les Bernouilli, les Euler, les Wetstein, les Iselin. Zurich a aussi ses familles de savants et d'artistes, les Hottinger, les Fussli, les Meister, les Sulzer, les Hirzel , les Gessner, les Lavater, les Breitinger, les Bodmer. Le groupe littéraire zurichois reçoit des encouragements des poètes allemands; Klopstock etWieland fréquentent les bords de la Limmat et y renouvellent les sources de leur inspiration.

Nous ne rappelons que pour mémoire tant de noms bien connus, qui attestent l'intensité de la vie intellectuelle en Suisse au siècle dernier. Plusieurs de ces hommes de mérite étaient originaires de l'étranger et récompensaient la Suisse de l'asile qu'elle avait constamment accordé aux proscrits de tous pays. Des échanges se faisaient du

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