INTRODUCTION XXV
> qu'aux lieux où un pasteur dévoué avait réussi » à former lui-même un jeune instituteur. »
Il n'existait en Suisse à cette époque aucune école normale. Deux établissements seulement s'occupaient accessoirement de préparer des instituteurs. C'étaient le couvent de Saint-Urbain, à Luceme, et les écoles de charité fondées à Lausanne (en i 726) au moyen de dons volontaires. Celles-ci fournirent des « régents » à plus de cent villages du Pays de Vaud. Comme c'est généralement le cas aujourd'hui encore, les cantons protestants montraient plus de zèle pour l'instruction publique que les cantons catholiques. L'instruction secondaire avait été moins négligée que l'instruction primaire; des collèges existaient dans la plupart des villes de quelque importance. Dans la préfecture du Léman, il y en avait douze, outre celui de Lausanne *. Mais ces écoles avaient hérité des méthodes scolastiques du moyen-age, le latin y jouait un rôle très prépondérant, l'enseignement y était théorique et abstrait.
L'ère nouvelle qui s'ouvre avec la promulgation de la République helvétique impose aux magistrats l'obligation d'instruire les ci-devant sujets, dont la Révolution a fait des citoyens. Lorsque Albert Stapfer fut nommé « ministre des arts et des sciences », il se rendit promptement compte
» Voir LuginbOhl, Vie de Stapfer, p. 74.