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de la tâche immense qui lui était dévolue; mais le temps et les moyens lui manquèrent pour entrer prendre les réformes considérables dont il formait le plan. Son passage au gouvernement helvétique fut néanmoins marqué par certains progrès. Il reconstitua sur des bases plus larges les conseils d'éducation qui existaient dans certains cantons avant la Révolution, en créa là où ils manquaient. Ces conseils devaient élire des inspecteurs de district. Stapfer fit rédiger des manuels scolaires. Il s'occupa également d'apporter des améliorations aux écoles secondaires de Berne, de Lucerne, ainsi qu'au gymnase de Baie. Il eut aussi le mérite de taire adopter un décret portant que dorénavant l'enseignement des hautes écoles serait donné dans Tune des langues nationales; la routine, néanmoins, reprit bientôt le dessus et ce ne fut que trente ans plus tard que les professeurs renoncèrent définitivement à enseigner en latin. Stapfer conçut le projet de fonder une université nationale, dont les professeurs auraient été chargés d'une surveillance générale sur le corps enseignant. Cette idée sourit au Directoire, mais déplut au Grand Conseil helvétique. Stapfer songea alors à développer les académies existantes ; il se proposait de renforcer l'enseignement philosophique à Lausanne et de fonder un séminaire philologique à Zurich; la brièveté de son ministère l'empêcha de donner suite à ces projets.
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Lorsque l'Acte de médiation eut rendu aux autorités cantonales leur pleine autonomie en matière scolaire, celles-ci eurent fort à faire pour se mettre k la hauteur de leur tâche; heureusement que l'initiative privée vint au secours des magistrats. Des pédagogues éminents : Pestalozzi , à Yverdon, Fellenberg et Wehrli, à Hofwyl, le Père Girard, à Fribourg, fondèrent eux-mêmes des écoles où ils attirèrent toutes les classes de la société. Un établissement, sur le modèle de l'école d'agriculture d'Hofwyl, fut fondé à Glaris, grâce à des secours venus de Suisses résidant à Saint-Pétersbourg et à un don considérable de l'empereur de Russie. Elle fut placée sous la direction de Melchior Lutschg. Une institution semblable fut créée à Appenzell par Gaspard Zellweger. A Aarau, un riche particulier, le philanthrope Meyer, contribua par un subside annuel de 80 louis d'or (soit 1884 fr.) à la fondation d'une école cantonale qui plus tard, sous la direction d'Ewers, devint l'une des meilleures de la Suisse. L'école cantonale ou collège de Coire, et celle de Saint -Gall, due à l'initiative de Muller de Friedberg, datent de la même époque. A l'instigation de Georges Muller, frère de l'historien, Schafïhouse améliore ses écoles et relève son gymnase, dont la direction est confiée à un philologue allemand, Christian Bach.
Sous l'Acte de médiation et la restauration,
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l'enseignement supérieur est aussi en progrès à Zurich, à Baie et à Berne. Dans la première de ces villes, une clinique privée de médecine et de chirurgie, transformée en établissement cantonal, devient l'origine de sa faculté de médecine, et un institut politique est ouvert aux jeunes gens qui se destinent aux carrières publiques. Bâle renforce son université en nommant de nouveaux professeurs ; mentionnons entre autres le théologien de Wette, l'historien Kortum * et le philologue Gerlach. Berne réorganise son académie; à l'enseignement philosophique et général font suite des enseignements spéciaux de médecine, de jurisprudence et de théologie. Le canton de Vaud ne montre pas moins de zèle pour le bien public; les magistrats de cette jeune république étaient pleins d'espérance et pénétrés de l'importance de leurs devoirs. Une excellente loi, embrassant l'ensemble de l'enseignement, fut élaborée en 1806; l'ancienne académie de Lausanne, fondée en 1537, n'était guère, comme celle de Berne, qu'un séminaire tliéologique * ; il fut décidé alors d'y enseigner en outre le droit et la médecine, mais la nomination des professeurs de cette dernière faculté fut différée .
* Kortum, originaire de Mecklembourg, avait, avant de professer à Bâle, enseigné à l'institut d'Hoffwyl; il fut appelé à Puniversité de Berne en 1888 et à celle d'Heidelberg en 1840.
* La chaire de droit, illustrée par Barbeyrac, était très accessoire.