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dans les Alpes à plusieurs reprises avec quelques amis et détermine les hauteurs d'environ cent cinquante cimes. A la même époque, le général PfyflFer dresse un relief exact des bords du lac des Quatre -Gantons. Un travail analogue avait été entrepris, en 1788, pour l'ancien gouvernement d'Aigle , par le colonel de Rovéréaz. Mis en goût par ces intéressantes recherches, Meyer résolut de les pousser plus loin et publia, en 1802, un atlas de la Confédération , qui fut pour le temps une œuvre remarquable. Son exemple est suivi : Osterwald et Buchwald donnent des cartes du canton de Neuchâtel et de l'ancien évêché de Bâle, et MuUer d'Engelberg fait un relief embrassant la plus grande partie de la Suisse, qui est déposé en 1813 à la bibliothèque de Zurich.
Les horizons scientifiques s'élargissent bientôt par les travaux de nos naturalistes, desquels plusieurs sont demeurés célèbres. Citons en tout premier Conrad Escher de la Linth et A.-P. de Candolle, dont les fils suivirent dignement les traces. On doit à de CandoUe une Théorie élémentaire de la botanique f parue en 1814, et un Prodrome du règne végétal, publié dix ans plus tard ; le premier de ces ouvrages fut traduit en allemand par Rœmer, de Zurich, qui à son "tour fournit des travaux originaux. Usteri est l'auteur d'un Magasin de ho-lanique: Gaudin, de Nyon, donna une Flore helvé-
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tique ; Hegetschweiler, de Zurich , fit une Enumération critique des plantes de la Suisse ; B. Studer, de Berne, une Monographie des molasses. A la même génération appartiennent Jean de Charpentier, bien connu par ses travaux géologiques sur les Pyrénées et sur les Alpes, comme ses deux amis le botaniste Thomas, de Bex, et le forestier Lardy, qui le premier étudia la structure des Alpes vaudoises.
La Société des sciences naturelles, fondée à Genève en 1815, dans la maison de campagne du Dr Gosse, fournit un centre de ralliement à tant d'hommes méritants et à leurs disciples. Elle se réunit les années suivantes à Berne, Zurich, Lausanne, Saînt-Gall, Bâle, Soleure, Schaffhouse, Aarau, Goire, etc., et se subdivisa en sections cantonales. Elle ne bornait point à la Suisse le champ de ses investigations ; elle recevait de tous côtés des communications, et publiait dans ses Annales des travaux destinés à mettre ses membres au courant des découvertes faites à l'étranger. Entre les savants qui ont le plus concouru à son développement, mentionnons Marc-Aug. Pictet et Horner, connus par leurs observations météorologiques; Venetsch, Kasthofer, Brunner, Rengger qui voyagea dans le Paraguay ; Burckhardt qui visita la Syrie et l'Arabie ; Ustéri , Sprecher, Studer et D.-A. Ghavannes, qui furent ses premiers pré-
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sidents. Les découvertes de leurs successeurs, les Agassiz, les Desor, les Pictet de la Rive , les Auguste de la Rive, les Alphonse Favre, les Oswald Heer, etc., ont pu rejeter à l'arrière-plan leurs travaux ; ceux-ci, toutefois, doivent à leurs devancier^ un reconnaissant souvenir. A côté des Annales , organe officiel de la Société des sciences naturelles, deux autres recueils périodiques, VAlpina et le bulleUn scientifique de la Bibliothèque universelle, à Genève, propagèrent le goût des choses de la nature.
L'étude des sciences, qui donne de la précision au jugement et contribue plus que d'autres au progrès de la civilisation, a parfois l'inconvénient d'exagérer dans l'esprit de celui qui s'y livre l'importance relative de l'époque à laquelle il appartient; les belles-lettres, la philosophie et l'histoire en sont l'utile contrepoids, faisant comprendre la part qu'ont eue les époques antérieures au développement de la pensée, rappelant aussi à l'orgueilleux qui serait tenté de l'oublier que l'humanité est un tout, que le présent et l'avenir ne peuvent se séparer du passé et que si la loi peut faire progresser les mœurs, elle doit chercher en celles-ci son point de départ. Beaucoup de théories ou d'institutions que les gens superficiels envisagent comme nouvelles ne sont que des rééditions, et à ce titre ne sauraient ôtre acceptées que