INTRODUCTION XXXV
phes * , « eut le mérite incontestable d'avoir fait » beaucoup pour améliorer l'état social et moral » des campagnards. » Une influence qui n'est pas sans analogie avec celle de Zschokke est à la même époque exercée dans le canton de Vaud par le doyen Bridel. Ce spirituel causeur avait durant sa jeunesse frayé avec la société cultivée de Lausanne, avec Gibbon, Tissot, Mmes Necker, de Montolieu et de Charrière; il avait connu Jean de MuUer et de Bonstetten; plus tard, comme membre de la Société helvétique, il se mit en rapport avec les notabilités de la Suisse allemande. Il avait le sentiment de ce que le canton de Vaud devait à la Suisse et travailla dans ses nombreux écrits à opérer un rapprochement entre romands et allemands. Par ses Poésies , ses Etrennes helvétiennes , son Conservateur suisse , il développa chez ses contemporains le sentiment de la belle nature et l'amour de la patrie.
Le goût des recherches historiques se propageant, plusieurs points spéciaux sont abordés. Le publiciste Charles-Louis de Haller expose les effets et les conséquences de la campagne des Autrichiens en Suisse pendant la révolution ; Gœldlin de Tieffenau écrit une histoire de la Suisse durant la seconde moitié du XVe siècle et la première moitié du XVIe ; un prêtre de Stanz , Basinger,
^ Voir la notice de M. Eiig. Secretan dans la Galerie suisse.
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raconte l'histoire des Waldstaetten ; Stadlin celle de Zoug ; von Arx celle de Saint-Gall ; les matériaux de l'histoire de la Thurgovie sont réunis par Puppikoffer; le landammann Monod publie ses souvenirs sur la révolution du Pays de Vaud ; Ildefonse Fuchs raconte les campagnes des Suisses dans le Milanais; Sismondi, après avoir débuté par des essais d'économie politique, met le sceau à sa réputation par sa grande histoire des républiques italiennes et son histoire des Français.
Comme les pédagogues, comme les naturalistes, les amis de l'histoire nationale sentent le besoin de se rapprocher. En 1841 , F. de Mulinen fonde la Société suisse des recherches historiques^ à laquelle il donne pour organe V Investigateur (Der schweize-' rische Geschichtsforscher). L'approbation de la censure bernoise, qui figurait en tête de cette publication, obligeait ses auteurs à ne s'occuper ni de l'histoire moderne, ni des questions du jour. Les tendances de Mulinen et de ses collaborateurs les portaient d'ailleurs naturellement vers l'étude du moyen âge ; ils rendirent de grands services à la science en publiant nombre de chartes et en donnant des recensions d'ouvrages sur la Suisse, ainsi que des notices généalogiques et des éclaircissements sur les anciens dynastes. Ce fut sous les auspices de cette société que E. Stierling et J.-R. Wyss firent paraître la chronique bernoise de Justinger. Un contraste frappant, remarque M. Vul-