‹ La Suisse sous le pacte de 1815Chapitre 18 sur 47 · INTRODUCTION XXXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXVII

liemin,est celui qu'offraient alors Berne et Argovie : rœuvre de Mulinen, « le sévère et profond investigateur », et celle de Zschokke, « le fécond écrivain qui, peu soucieux du passé, peu curieux de recherches approfondies , le regard tourné vers l'avenir, saluait avec confiance et sérénité les jours nouveaux ». De Mulinen avait formé pour son usage et celui de ses amis une belle collection de pièces historiques. Son exemple est suivi ; les archives des cantons et des villes sont mises en ordre et s'ouvrent aux investigations. Le gouvernement d' Argovie avait acheté, en 1803, la précieuse bibliothèque du général Zurlauben ; Schaffhouse acquiert les manuscrits de Jean de Muller. Félix Balthazar lègue à la ville de Lucerne sa collection de manuscrits. Soleure édite dans le Wochenblatt Une série de pièces historiques tirées de ses archives. Weidmann retrace l'histoire de la bibliothèque de l'ancienne abbaye de Saint-Gall. Les archives de Genève avaient été , durant l'occupation française, fort négligées; MM. Grenus et Galiffe les. mettent en ordre et les utilisent à leur manière pour leurs travaux historiques et généalogiques. Neuchâtel publie la chronique du chancelier de MontmoUin. L. Meyer de Knonau et Henue impriment simultanément des manuels d'histoire suisse. D'Orelli raconte la vie héroïque de Juvalta, Hegner celle d'Holbein, Hanhart celle de Conrad Gessner. Zellweger donne une Histoire du peuple

XXXVUI INTRODUCTION

d'Appenzell. En 4835, Eutiche Kopp, dans ses Urkunden zur Geschichle des eidgenœssichen Bundes, ouvrant le long débat auquel devaient donner lieu les origines de la Confédération suisse , démontre le caractère tout légendaire de la « fable de Guillaume Tell ». Le professeur Hisely met le public de langue française au courant des découvertes de Kopp et commente les documents mis au jour par le savant historien lucernois. Juste Olivier écrit avec la chaleur de cœur qui le caractérise un volume intitulé : Le canlon de Vaudy sa vie et son histoire , une biographie de l'infortuné major Davel et un récit de la révolution helvétique; F. de de Chambrier rédige une histoire de Neuchâtel et Valangin jusqu'à l'avènement de la maison de Prusse.

On comprend l'effet que devaient produire ces publications sur les lecteurs de l'époque, qui ne possédaient qu'une imparfaite connaissance des hauts faits accomplis par leurs aïeux et de l'état de la civilisation suisse aux siècles précédents. On peut croire qu'elles contribuèrent puissamment au réveil de l'esprit national, qui s'affirme en recherchant ses origines.

Les problèmes historiques les plus ardus provoquent des études approfondies. Pour les favoriser, de nouvelles associations se forment. Nous constatons à Zurich, en 1833, la fondation de la Société des antiquaires ^ qui, en raison de l'impor-

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