INTRODUCTION XLV
Ait, un rôle influent était réservé à son collègue à l'Université de Bâle, le Dr P.-V.-J. Troxler, que ses opinions avancées avaient obligé à quitter Lucerne, après un professorat de trois ans seulement. Le Dr Troxler (natif de Béromunster, 1780) avait de bonne heure abandonné la médecine pour se vouer à la philosophie et à la politique. Comme penseur, il avait, nous dit M. Charles Secretan (dans la Galerie suisse), des vues, des inclinations, des préférences, il n'avait pas à proprement parler de philosophie. Comme publiciste, il était un fervent adepte de l'extension des droits populaires, et pourtant il craignait l'omnipotence du peuple, dont il s'est plaint en termes amers. C'est lui, dit-on, qui introduisit dans notre dictionnaire politique le mot de radicalisme.
La philologie, science essentiellement allemande, n'a été représentée en Suisse au commencement de ce siècle que par un petit nombre d'hommes vraiment marquants. Quelques noms, cependant, sont dignes de fixer l'attention. C'est en premier lieu, pour suivre l'ordre chronologique, J.-J. Ilottinger, de Zurich, dont les leçons pleines de goût déterminèrent quelques carrières; Bremi, qui savait, dit M. Vulliemin, faire aimer aux écoliers la grammaire elle-même, et Gaspard d'Orelli, furent ses élèves. On doit à Orelli une restiliUion du texte de Cicéron. une collection des inscriptions latines et une édition â^Horace qui eut un grand succès en
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