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de la ville qui les avait appelés et à devenir Suisses de cœur. Tel fut le cas de Guillaume Wackernagel, originaire de Berlin et nommé professeur A Bâle en 1833. « C'était », nous dit M. G. Soldan, dans la Galerie suisse, « un esprit pénétrant, un » travailleur infatigable, doué d'un goût très vif » pour la poésie et les beaux-arts. » Les travaux de Wackernagel embrassèrent la littérature et la langue allemandes, l'histoire des mœurs et celle des arts, l'esthétique, la théologie et môme le droit. Il écrivit un grand nombre d'articles de revues et de monographies, portant sur des points spéciaux touchant de près ou de loin à la vie intellectuelle et même matérielle du moyen Age, et publia plusieurs recueils de poésies. Ses deux ouvrages les plus considérables furent sa Chrestomathie allemande (Deulsches Lesebuch) et son Histoire de la liltérature allemande, « travail de sa- » vaut », nous dit M. Soldan, « mais où l'érudition » n'engendre pas la sécheresse. »
La poésie lyrique et le roman, durant la période qui nous occupe, jouent un rôle important. Si la Suisse, à l'exception de Tôppfer, n'a pas produit dans ce domaine d'écrivain de premier ordre et dont la réputation se soit étendue au-delà de ses
frontières, elle ressentit cependant l'influence du mouvement romantique et vit se développer sur son sol de nombreux talents, qui ont contribué à l'éducation de son peuple. Parmi les romanciers
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et les poètes les plus en vue, citons pour la Suisse allemande: Martin Ustéri, Zschokke, Salis, Frœhlich et Bitzius. Pour la Suisse française : Petit-Senn , Tôppfer, Richard, Blanvalet, Porchat, J. Olivier, Monneron et Durand.
Dans la critique littéraire, trois écrivains ont excellé : Alexandre Vinet, P.-A. Sayous, qui remplaça Tôppfer comme professeur de littérature à l'Académie de Genève, et Adolphe Lèbre, qu'une mort prématurée enlevait à l'âge de 30 ans, au moment où la Revue des Deux-Mondes lui avait ouvert ses colonnes et où un brillant avenir semblait s'annoncer pour lui. A ces noms on pourrait encore ajouter, quoique la France nous le réclame, celui de M^e de Staël, dont le père était genevois, la mère vaudoise , qui fit de longs séjours à Genève, à Lausanne et à Goppet, y comptait beaucoup d'amis et d'admirateurs, et dont le génie primesautier s'explique peut-être précisément par la variété des influences qui s'exercèrent sur elle au cours de sa carrière si mouvementée.
L'intensité de la vie intellectuelle dans la Suisse romande était aussi accrue par les talents de ses artistes. Neuchâtel est fière d'avoir produit un Léopold Robert, un Max de Meuron et un Galame (originaire du Locle, né à Vevey, mort à Genève). De la Rive, Diday, Lugardon, Hornung continuent, avec les sculpteurs Pradier et Ghaponnière, la réputation artistique de Genève, fondée au siècle