LIV INTRODUCTION
tobre 1834. Le conseiller d'Etat Neuhaus prononça à cette occasion un discours, traitant de la mission et des écueils des sciences, qui fut très remarqué. Il s'éleva avec chaleur contre l'ostracisme dont les Universités de Zurich et de Berne étaient l'objet de la part des Cabinets allemands, et assigna pour mission à la Suisse d'ouvrir aux études, au milieu de l'Europe asservie, « un asile pur et libre, et » d'opposer à une science rusée une science gé- » néreuse ». Le D»' Troxler parla après lui dans ce même sens. L'avenir de la nouvelle institution qui S'ouvrait ainsi sous ses auspices n'était pas sans inspirer à Neuhaus quelques inquiétudes; pour la créer il avait fallu, comme du reste à Zurich, surmonter l'opposition d'une partie de l'opinion publique, celle-ci redoutant l'influence que l'enseignement universitaire allait exercer sur la jeunesse suisse et les dépenses qu'il entraînerait. Dans la nomination des professeurs, Neuhaus eut la main forcée par les frères Schnell, de Berthoud, alors chefs du parti radical bernois. Pour remplir les cadres de l'Université , il fut obligé d'accepter de confiance leurs protégés et, entre autres, Wilhelm et Ludwig Snell, Siebenpfeiller, etc., que leur qualité de réfugiés allemands (du duché de Nassau) rendait fort compromettants. La plupart des professeurs de l'ancienne Académie furent pourtant confirmés dans leurs fonctions. Le Dr Troxler était au nombre des nouveaux élus. L'année suivante,