INTRODUCTION LV
les Schnell tentèrent de soumettre les professeurs à une réélection annuelle ; Neuhaus sV opposa avec énergie et réussit à faire écartei- leur proposition par le Grand Conseil. Une fois les professeurs nommés, il fallait trouver des étudiants ; les Allemands sur lesquels on avait compté venant à manquer, on admit un peu n'importe qui, sans exiger de brevets de capacité sérieux, sous prétexte qu'il fallait ouvrir à tous le temple de la science; « ce » qui risquait de compromettre à la fois, » disait Neuhaus , « et la science et le temple ! » Le professorat des deux Snell ne fut pas de longue durée à Berne, les intrigues politiques dans lesquelles ils furent impliqués les ayant obligés à donner leur démission.
Ces débuts difficiles ne devaient pas empêcher les Universités de Zurich et de Berne de se développer et de prendre bientôt un rang très honorable entre les Universités de langue allemande.
Quant à la vieille Université de Bàle, un moment menacée par la séparation de la Ville et de la (^im pagne, elle fut non-seulement sauvée par le patriotisme des Bâlois, mais encore dotée à cette époque de divers perfectionnements, notamment d'une augmentation du nombre de ses chaires.
Les aspirations qui avaient conduit les cantons allemands à développer leur enseignement supérieur travaillaient aussi la Suisse romande. L'influence allemande se fit sentir à Lausanne et à