‹ La Suisse sous le pacte de 1815Chapitre 31 sur 47 · INTRODUCTION LVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LVII

A.-F.Cherbuliez, Adolphe Pictet, Ernest Naville,... A Lausanne par ceux de Monnard, Vinet, Herzog, S. Chappuis, Juste Olivier, Mickiewitz, Mélégari, Edouard et Charles Secretan... C'est dans un auditoire de l'Académie de Lausanne que Sainte- Beuve donna, en 1837 et 1838, ses fameuses leçons sur Port-Royal. « L'œuvre de son émancipation » terminée , et après avoir produit dans la géno- » ration précédente tant d'hommes politiques su- » périeurs, le canton de Vaud portait le meilleur » de ses forces du côté des lettres, de la philoso- » phie, de l'art et de la pensée ; on eût dit qu'il » avait à cœur d'honorer devant tous son indé- » pendance naissante par une rare fécondité in- » tellectuelle et un déploiement inattendu de ta- » lents et d'heureux dons. » (Voir la Vie lillérairc à Lausanne avant 1845 , par Eug. Rambert, discours prononcé à Zurich le 22 février 1866.)

La révolution de 1845 à Lausanne, celle de 1846 à Genève, devaient malheureusement arrêter pour un temps cet épanouissement de vie. Les professeurs de Lausanne et de Genève furent pour la plupart congédiés par le régime radical, et plusieurs d'entre eux obligés de s'expatrier.

Une Académie (dès lors momentanément supprimée en 1848) avait été fondée à Neuchâtel en 1839. Grâce à l'illustre Agassiz (d'Orbe) qui fut au nombre de ses premiers professeurs, et à ses amis Desor, Cari Vogt, Gressly, Guyot, Nicolet et

LVni INTRODUCTION

MontmoUin, Neuchâtel devint bientôt à son tour un milieu scientifique incontesté.

Les Académies romandes ne possédaient pas les ressources financières qui leur auraient permis d'appeler du dehors des célébrités européennes ; à quelques exceptions près, elles recrutaient dans le pays naeme leur personnel enseignant; il en résulta, à Lausanne surtout, une trop grande similitude de vues chez les professeurs; les tendances morales de quelques-uns d'entre eux s'y déployaient sans rencontrer la contradiction nécessaire pour mettre l'étudiant à même de choisir sa voie. « On ne saurait être tout à la fois, » dit Rambert, et et Vinet n'était pas un esprit critique. » Même en littérature , il était avant tout homme » de goût, juge délicat, pénétrant moraliste, ha- » bile à faire ressortir les beautés et les vices » d'une œuvre, mais peu soucieux d'en chercher » le sens et la valeur historique. Au moins au- » rait-il fallu en face de lui un homme capable » de représenter avec une autorité suffisante, si- » non avec le môme éclat, le droit de la critique, » lequel n'en exclut aucun, mais ne le cède à )) aucun. »

On a parfois reproché à la Suisse le grand nombre de ses universités et académies; la science, a-t-on dit, aurait tout à gagner à ce que les cantons, renonçant à leurs écoles séculaires, unissent

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